et bien non je n’écris plus, vous l’aviez remarqué ?

untitled-2-1315251254Alors un jour je me suis regardée dans l’écran noir de mon ordi, je me suis vue pathétique pseudo blogueuse, me suis laissée envahir par une vague houleuse d’aquoibonisme, laissée embrasser par le syndrome de la ptôse brassière, me suis acceptée avec dégoût médiocrement ordinaire. Alors ce jour, sans doute un lundi cela ne peut être qu’un lundi, j’ai laissé choir ma plume de paon entachée de vanité, j’ai abandonné mon égo en rade aux abonnés absents. Ce jour assurément une nuit engluée dans un magma de silence et de solitude j’ai tourné le dos à mes rêves calligraphiques

Ce jour cette nuit d’hiver, cela ne peut qu’être une nuit d’un lundi hivernal, j’ai dressé l’inventaire nauséeux de celle qui trop longtemps avait caressé le poil enkysté de l’inconsciente autocensure, qui trop longtemps s’est soumise urbi et orbi à son devoir de réserve, qui à trop avaler de couleuvres et de serpents à sornettes s’en laissait empoisonner.

Et puis un jour un soir j’ai passé la tête par la fenêtre, me suis accrochée au chambranle pour ne point basculer, respiré un grand coup poussé un grand cri, déversé ma colère, colère cri étouffés par la musique avoisinante. Lasse, vide, avec peine mes mains se sont décrochées de l’huisserie fatiguée, les paumes hérissées de minuscules échardes.

Je me suis soignée, longuement lentement patiemment, j’ai crié encore mais dans un murmure God save the cons et moi d’abord, et m’en suis venue taper taper fort sur mon clavier, taper taper vite et vous retrouver, voir si encore vous y étiez

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Et bien non je n’écris plus, vous l’aviez remarqué ?

untitled-2-1315251254 Alors un jour je me suis regardée dans l’écran noir de mon ordi, je me suis vue pathétique pseudo blogueuse, me suis laissée envahir par une vague houleuse d’aquoibondisme, laissée embrasser par le syndrome de la ptôse brassière, me suis acceptée avec dégoût médiocrement ordinaire. Alors ce jour, sans doute un lundi cela ne peut être qu’un lundi, j’ai laissé choir ma plume de paon entachée de vanité, j’ai abandonné mon égo en rade aux abonnés absents. Ce jour assurément une nuit engluée dans un magma de silence et de solitude j’ai tourné le dos à mes rêves calligraphiques

Ce jour cette nuit d’hiver, cela ne peut qu’être une nuit d’un lundi hivernal, j’ai dressé l’inventaire nauséeux de celle qui trop longtemps avait caressé le poil enkysté de l’inconsciente autocensure, qui trop longtemps s’est soumise urbi et orbi à son devoir de réserve, qui à trop avaler de couleuvres et de serpents à sornettes s’en laissait empoisonner.

Et puis un jour un soir j’ai passé la tête par la fenêtre, me suis accrochée au chambranle pour ne point basculer, respiré un grand coup poussé un grand cri, déversé ma colère, colère cri étouffés par la musique avoisinante. Lasse, vide, avec peine mes mains se sont décrochées de l’huisserie fatiguée, les paumes hérissées de minuscules échardes.

Je me suis soignée, longuement lentement patiemment, j’ai crié encore mais dans un murmure God save the cons et moi d’abord, et m’en suis venue taper taper fort sur mon clavier, taper taper vite et vous retrouver, voir si encore vous y étiez

Je ne suis pas blogueuse, je nourris un blog, nuance !

Parfois ON te demande à toi ma sœur mon double mon alter ego, ce que tu fais de ton temps libre, tu sais le temps dont tu jouis hors du confinement dans ton bocal à poissons rouges à filer droit tout en tournant un rond, à tenter de résoudre le problème de la quadrature du cercle contre rémunération. Passée la stupéfaction, ravalés les points d’exclamation tu égraines à ON une liste à géométrie variable adaptée au ON inquisiteur ( car il existe à notre grand regret un nombre non négligeable de catégories de ON), liste qu’ostensiblement tu termines en un inaudible murmure. Hein dit le ON. Pchsss prout tu répondes. ON insiste, ON se fait insistant, tu résistes. ON ose tout ON comprend rien ON est têtu tu cédes, avoues que tu écrives …

Et quoi, dit ON, la liste des courses ? Et de pouffer. ON est drôle, ON devrait un o lance en guise de conclusion de bouquet final,ne man show, avec un one man public, ON est si bon public, faudrait pas gâcher …

Piquée au vif par la si fine mouche, tu répliques « un blog » ! Et paf dans tes chicots pauvre ON ! ON est coi … quelques secondes. Et un ON coi c’est jouissif mais pas beau à voir. Mais ON se reprend, ON est prompt au rétablissement même pas mal. ON ne craint rien ni personne ni dégun, et ON lance  » et tu (parce que vous l’aurez remarqué ON tutoie) écris sur quoi, ton vernis à ongles, tes ragnanas, ton dernier orgasme ?

Là, un conseil : tu croises les jambes pour ne pas faire valser ses valseuses, enfonces profondément tes poings serrés dans tes poches parce qu’il est interdit d’arracher des yeux avec les ongles. Avec les dents aussi. Bien dans le cas présent, en présence de la victime sus-citée, la cause est plaidable, tu peux t’en sortir avec félicitations du jury, mais bon la vie n’est déjà pas simple, elle risquerait de se compliquer durant un certain temps, et donc adieu temps libre, adieu ton blog chéri.

Alors souviens toi, toi qui es une fille intelligente et pondérée, qui collerait bien un pondéré bien senti dans la gueule de qui vous savez, toi qui sur la toile étales tes tripes et ton âme, tes rires et tes larmes, toi tu expliques, la mâchoire risquant l’ankylose et le naseau fumant avec tact et délicatesse, que toi tu écris sur ton humeur … ta mauvaise humeur !!!

Là bien sûr sans surprise (car ON est si prévisible que s’en est affligeant), ON yeux et bouche en culs de poule te sort « ça sert à quoi ? ». La question est une question de ON, les chiens ne font pas des chats, les huîtres font des perles, et les questions de ON ne sont pas toujours cons

Parce que oui au fait, ça sert à quoi d’écrire, écrire et publier à compte de blogueuse, ça sert à quoi à qui ? Et là je ne parle même pas de la postérité, au-delà de la date limite de publication ton billet est déjà périmé, et puis ce n’est pas comme si tu étais populaire ou même lue. A la limite si tu étais Chinoise, Afghane, ou Nord Coréenne, tu serais subversive, dangereuse et en danger, tu pourrais changer le monde, ou la vision que nous en avons. Non mais là faut te montrer raisonnable, te faire une raison : tout le monde et plus encore se fout de ce que tu vis dis penses écris. Sauf peut-être ton amoureux. A condition que tu en aies un, ce dont je doute vu le nombre de tes publications …

Alors ON met un terme à ta souffrance, t’offre la délivrance sans banjo ni cris de cochon, lance en guise de conclusion de bouquet final « si tu as un blog, c’est que tu es blogueuse ! ».  Tu hurles « TA GUEULE !!!  grimaces souris et réponds « oui c’est ça ». Et ON est satisfait et toi débarrassée.

Si c’est pas de la Happy End ça !

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Hé ! Cupidon ! vas donc bander ton arc ailleurs !

Moi je veux être en amour, un amoureux, être amoureuse. Suis pas pressée

Je veux des papillons et m’envoler avec eux. Pour le bourdon merci, j’ai déjà donné, m’en suis occupée, l’ai atomisé, prouvant ainsi que dans les situations extrêmes moi aussi je sais être une bombe !

Moi je veux un amoureux de premier ordre, un qui m’offre des fleurs, des modestes et rares, des violettes, et subir la concurrence de la rougissante pivoine. Je veux de l’amour fou et respectueux, je veux du premier choix, pas du premier venu. Je veux bien que l’on me crois vénale, mais pas me vendre au moins offrant, aux bande mou de la corde sensible, à l’avaricieux des sentiments

Du genre qui vous fait prendre des paillettes  pour des lanternes, vous tendent une polaire alors que vous espériez qu’il vous ouvre ses bras, envoie des messages automatiques vous qui les espériez amoureux

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Alors moi les amours minables, les amoureux aux petits pieds, les piafs sans cœur et sans cervelle, moi je préfère les livrer aux gémonies que de me livrer aux jérémiades, et s’il en est un qui ose me faire parvenir un tel message, je le pousse du haut de son pied d’estale, le piétine à grand coup de Louboutin, et lui fait connaître le doux sort de mon cafard, pour abréger ses souffrances ! Non mais !

Jeux de vœux !

Je ne suis nullement superstitieuse, sans pour autant passer sous une échelle ; mais là c’est pas pareil c’est par pure précaution. Je ne suis pas superstitieuse, n’aurais cependant jamais l’idée saugrenue de me joindre à une assemblée de 12 convives ; mais là c’est pas pareil c’est par sens de l’esthétisme et goût de la symétrie.

Je ne suis pas superstitieuse, ne fais pas un vœu à chaque fois que j’inaugure, débute, vis quelque chose de nouveau ; sauf lorsque comme aujourd’hui je me fais piquer par le premier moustique l’éclaireur de l’été tant attendu ; mais là c’est pas pareil, c’est un lot de consolation.

Je ne suis pas superstitieuse je suis une dinde fille ordinaire qui crie « phillippine » rompt le bréchet du poulet en duo, se claque la joue l’espérant récipiendaire d’un cil, s’époumone plus que de raison à souffler TOUTES ses bougies d’anniversaire le tout en chuchotant un vœu à l’intérieur de mon crâne ; mais c’est pas pareil c’est par souci des traditions. Je ne suis pas superstitieuse mais lorsque par inadvertance j’émets un vœu, même soumise à la torture, chinoise ou guiliguili, jamais jamais je ne vous avouerais à voix haute sa nature, ce sur quoi il porte … on ne sait jamais hein si par inadvertance il se pouvait se réaliser …

Je ne suis pas superstitieuse mais et il est une chose qui a un tantinet douée d’aptitude de me faire grincer des dents jusqu’aux gencives est … les chaînes.

Les chaînes ces machins qui pullulent et polluent nos phones et boîtes mails en X exemplaires, ces trucs qui vantent nos exceptionnelles qualités, quelle femme extraordinairement belle bonne aimée nous sommes, nous offrent monts de vénus en fête et merveilleuses amours à condition bien sûr de respecter le contrat, les mentions immorales de fin de texte, le cadeau sous conditions, nous ramenant inmanquablement aux souvenirs honteux de soirées où  le charmant monsieur du resto vous présente la note  dans son carrosse immonde hôte … Mais moi je ne mange pas de ce pain là, et ne fournie pas à la voracité de la chaîne 10 nouvelles victimes …

Oui mais moi j’ai une éthique. Moi mesdames suis votre Spartacus qui monte sur ses grand chevaux, moi Mesdemoiselles suis le maillon faible celui par lequel les chaînes ça casse et ne passe pas !

Alors je ne suis pas superstitieuse, pas une volaille sortie de l’œuf, d’un œuf tombé de la dernière pluie, suis une femme libérée des croyances moyenâgeuses, alors j’efface, me débarrasse, referme, passe à autre chose le trouble rageur dans l’âme, la certitude chevillée au corps que la journée à venir ne peut qu’être sous les bons auspices collants qui filent ascendant merde canine. Et si par chance ce jour béni vous me croisez ne soyez pas étonner de m’entendre grommeler « fait chier ». Ce n’est pas de la vulgarité, c’est pour conjurer le mauvais sort …

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Supportable

C’étaient quatre filles, quatre femmes réunies par une passion commune, les belles lettres, les bons mots, une curiosité en partage, une situation étrange. Des connaissances lointaines, remontant à l’enfance, des plus récentes, et de parfaites inconnues, quatre femmes sous un même toit, celui d’un cabanon, une même pièce, un abri pour leurs rêves … et leurs ronflements … C’étaient quatre rigolotes d’horizons différents, dans une situation embarrassante, du dortoir commun, de l’abandon des corps.

Et puis il y eu les réveils échelonnés, les retrouvailles autour de la table, en terrasse dans la garrigue. Les bols empilés, le café, le pain grillé, quatre femmes dans le vague de l’incertain ensommeillé, cheveux en batailles, vêtements froissés, visages dépouillés de toute protection, du masque des artifices, fraîcheur matinale.

Tintements des petites cuillères sur la porcelaine, raclements des couteaux sur la tartine rugueuse, un mot une phrase rauque, un mot en entraînant un autre, un autre les entraînant dans les profondeurs de leurs souvenirs, de leurs présents imparfaits, de leurs passés décomposés, de leurs futurs conditionnels, et d’osciller des rires doux aux larmes légères. Et se lever fuir l’emprise de l’émotion, décider que voilà c’est terminé, qu’il est grand temps de passer à autre chose. Et l’une lave, l’autre essuie, une autre range, elles s’affairent, rapides et délicates.

Il fait froid, lance l’une debout droite sur la terrasse. Les autres l’ont rejointe, elles sont côte à côte silencieuses, regardent le ciel en quête d’un signe peut-être. C’est supportable, rétorque enfin une autre. Mais laquelle, toutes l’auraient pu toutes l’ont répété, c’est supportable, supportable

Et les rires ont éclatés comme un orage libérateur

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Poil au pudibond !

Nous vivons une époque formidable, formidable pour nous les femmes libérées. N’allez pas croire que je vais vous parler de nos droits, de nos acquis si chers payés et en dangers, non j’ai décidé d’être légère et futile pour vous plaire et demeurer dans l’air du temps … bref d’être femme jusqu’au bout des phanères et de parler poil.

Parce que oui j’insiste nous vivons une époque formidable et étrange où le corps s’étale sur les pages et les unes des magazines, le nombril s’expose quel que soit le ventron, la naissance des fesses s’échappe des jeans et des shorts très très short, le nichon s’exhibe à tout bout de champs, tout coin de rue de toile de balcon pimpant voire siliconé  triomphant sans détour, où la chair même triste ne fait plus bondir personne sauf les grenouilles de bénitiers et pudibonds de toute confession, les barbus, les tonsurés, et les culs coincés de tout poil.

Une époque formidable, où nos muqueuses ne recèlent plus aucun mystère, mais le poil, le poil fait frémir jusqu’au bobo, celui-là même qui se rallie au cri de guerre « tous à poil » contre Copé, en pousse un d’effroi au moindre duvet.

Une époque formidable où les femmes se rêvent princesse et se transforment en sirène, tête de proue opulente, buste velouté triomphant, le bas glabre d’une morue. Continent noir victime de la déforestation, morpion en voie d’extinction, c’est un drame qui se joue de nos corps.

N’allez pas croire pour autant, que toute grande gueule que je sois j’ose braver l’interdit, passe mon temps à écouter mon poil pousser, arbore le plus seyant tablier de pompier, je n’en ai ni l’envie, ni la prétention ni l’argument pilaire, et ce qui se passe dans ma culotte est par définition intime. Mais comprenez que j’ai quelque difficulté à comprendre comment on peut en toute intelligence accepter de subir la torture de la cire chaude, l’humiliation de la position spécial proctologue, qu’aucune femme n’aurait cru devoir connaître, pour au final se réjouir d’accorder l’asile à la moustache d’Hitler sur son pubis.

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Alors oui, on vit une époque formidable, mais dites on pourrait pas passer à la suivante, une plus tolérante, plus fantaisiste, moins coincée du bulbe ?

Une colère comme un gravillon dans ma chaussette

Fermer les portes, résister à la folle envie de les claquer en un puéril coup de pied dans la fourmilière

Fermer et en finir avec la contre nature, la contre notre nature, la chatière que l’on avait vue s’agrandir au fil des années, s’était promis laisser ouverte, celle qui était sacrée que l’on avait promis, c’était juré de toujours laisser ouverte quoi qu’il advienne, peu importent les chagrins et les conséquences

Fermer la porte comme on ferme sa gueule, la claquer comme on claque un beignet.

Voilà c’est fait

Et vient l’instant de s’immobiliser, vide, à bout  de colère et de larmes, vide, de soi et écouter, écouter les plaintes sourdes des fondations ébranlées, des murs essoufflés. Et puis fermer les yeux, inspirer, lentement, lentement, et apaiser son corps jusqu’à l’esquisse du sourire.

Alors on quitte la pièce, la maison et sa malédiction, ferme la porte, à clé, à double tour, met la clé dans la poche et la poche sous le paillasson, se relève et inspire profondément

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Les 10 raisons qui font qu’il serait bon que mon célibat dure éternellement

Le célibat c’est bien, le célibat c’est bon, j’en jouis et en profite … mais, hélas, comme toutes bonnes choses cela n’a qu’un temps … qui peut s’avérer dans certains cas, quelques irréductibles plus ou moins long, voire éternel. Oui parce qu’au fil des jours je m’habitue et m’attache, à ma liberté, ma solitude, et envisage de me résigner à … un futur des plus réjouissants (méthode Coué !).

Bien sûr le chemin est long, la chair est faible, un tantinet tentée de temps en temps par un beau bougre en goguette qui guette à chaque coin de ma rue, en embuscade pour me faire succomber (quoi pas vous ?), une foule de prétendants (non, toujours pas ?) avec quelques princes charmants tout sourire et bouquet de violettes ET de pivoines et toute option (collant, diadème, décolleté à la Mike Brant …). Bien sûr, c’est évident, à moi cela m’arrive tous les jours. Bien sûr bien sûr. Alors pour me consoler motiver j’ai dressé une liste de toutes les bonnes raisons d’entrer en célibat comme d’autres dans les ordres (liste que j’envisage de me faire tatouer à l’intérieur de la cuisse … y a d’la surface …)

1/ le bruit de la machine à laver familiale (12kg !) ne vient plus troubler mon silence que tous les 15 jours. Et moi j’aime le silence, avec bien sûr un vague miaulement félin au loin …

2/ c’est moi qui sors les poubelles, c’est bien de descendre mes kg de poubelle et mes 4 étages, c’est moi qui m’exerce au lancer de sacs dans le container conçu pour que le Géant Vert n’ait pas à se baisser, puis de remonter mes 4 étages 4 à 4 avec l’énergie qui me reste. Et moi le prix de ma (re)mise en forme est bien sûr inclus dans ma taxe d’ordures ménagères

4/ je vais enfin pouvoir amortir l’achat de mon jogging et de mes baskets … pour bien sûr sortir les poubelles.

5/ je vais pouvoir n’acheter qu’une 1/2 baguette. La boulloter en chemin, revenir sur mes pas acheter sa moitié. Et le prix de ma (re)mise en forme est bien sûr inclus dans celui de ma baguette

6/ je vais enfin pouvoir repeindre les murs de ma chambre en rose, et coller les cœurs sur les miroirs, des fleurs aux étagères. Et moi je vais bien sûr enfin pouvoir aimer la déco girly, vivre dans la maison de Barbie

7/ je vais enfin pouvoir dégager du temps libre rien que pour moi. Les célibataires (femmes) sont bien sûr moins souvent invitées, les couples respectent leur besoin de repos, leur laissent le temps pour réfléchir de quoi ils peuvent bien se reposer

8/ je vais enfin pouvoir recharger mon portable hebdomadairement, peu à peu plus personne ne va bien sûr songer à me contacter. Et moi, suis écolo, contre les dépenses énergétiques superflues …

9/ je vais enfin pouvoir entrer dans de longues conversations avec mon chat, faire les questions réponses sans crainte d’être contre-dite, sans récrimination sur la qualité de son repas, sans risque bien sûr de m’entendre reprocher que sa mère, elle, le réussissait mieux le sheba …

10/ je vais pouvoir m’acheter des draps en soie, bleus nuit ou nuit noire, m’y lover m’y rouler, y péter (des paillettes, bien sûr, suis une princesse !). J’ai toujours rêvé péter dans la soie !

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De l’art alimentaire

Je pose le décor, un resto, un bavardage, le monde en attente de réfection, et patati et patata mais en mode majeur, nous sommes entre personnes de qualité, du genre qui parle du Q mais avec intelligence, en prenant pour référence leurs dernières lectures d’essais et d’article dans Nature et dans Elle, bref qui se la pètent avec classe, un petit doigt en l’air et l’autre dans le fondement.

Et là arrive le serveur, l’outre-cuidant interrompeur de conversation, décrochage de regards assassins ou d’œillades chaudasses en fonction du physique du garçon et la sexualité des convives. Dépose des assiettes, à chacun sa chacune, le garçon s’éloigne, déjà oublié. Le fumet titille les narines des convives qui hument admirent se saisissent de leur portable, photographient instagramment comparent partagent, et attaquent leur plat … froid.

Moi, je me moque je me gausse moi suis pas pareille (je ne lis pas Nature), moi je photographie l’incongru, le différent le troublant le décalé, je montre ma rue par le petit bout de la lorgnette, je passerais sous la table de honte (je précise pour le lectrices de Elle !) m’agripperais à la nappe par fierté et gourmandise. Non, moi jamais je ne m’abaisserais à commettre une faute de goût pareille !

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