La discrète

Il est des femmes qui préfèrent l’ombre à la lumière, des femmes qui se plaisent à écouter, apprendre scruter leurs semblables si nombreux dans leurs différences. Il est des femmes, que d’aucuns qualifient de discrètes, si discrètes qu’ils finissent par s’éloigner, par les oublier. Elles ne font pas de vague, elles sont si discrètes, si polies, ils les oublient la conscience en paix.
Si elles ont de la peine personne qui le sait, si elles se se répandent en larmes personne ne n’en est témoin.

Ce sont des discrètes, des fières qui savent que si l’on ne rit pas de tout avec n’importe qui, il en va de même du chagrin, et que nombreux sont ceux qui ne sont pas dignes d’une pareille offrande.

Ce sont des femmes des discrètes, des ordinaires, des entre-deux âges, des denrées périmées, sur lesquelles nul regard ne se pose, qui s’en vont acheter une baguette, pour entendre une voix humaine, s’en reviennent chez elles, où elles sont attendues par leur chat.

Ce sont des femmes, des discrètes, des inconnues perdues au coeur de nos cités

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Jour de mariage

Elle m’a invitée à son mariage, un mariage à la campagne, un mariage bucolique et intercontinental.

Elle m’a invitée à son mariage, et spontanément j’ai opté pour la simplicité d’une robe noire monacale démentie par un décolleté qui s’en laisse compter, trahie par les envolées de voiles tour à tour épousant le corps et le dévoilant au gré des rafales. Et puis un head band en tulle rebrodé, et des sandales de nonne. Pas de bijoux ou des bracelets en argent, lourds et ethniques, je déciderai dans une impulsion de l’évidence, au moment du départ.

Elle m’a invitée, et puis a précisé qu’elle souhaitait que j’assure le reportage photographique. Et là, ouille, merde, comment dire. Angoisse.

Parce que moi je suis celle qui photographie les robinets, les pigeons, les sourires, les abandons, l’incongru, le déplacé, ce que les autres ne voient pas, l’ordinaire sous un autre angle. Moi je vais chercher la beauté dans le creux d’une épaule, la fossette de la jour d’un enfant.

Alors je m’en suis retournée vers elle, je lui ai dit ne pas savoir faire du conventionnel, de l’attendu. Elle a souri, et m’a répondu je sais, je sais et c’est ce qui me plait, ce que je veux.

Alors, aujourd’hui je vais à son mariage. La mariée sera belle, la fête réussie, et moi … j’angoisse …

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Week-end en vue

Il arrive, je rame pour l’atteindre, je l’ai mérité, espéré, sans oublier de vivre. Et le voilà à portée de mon regard, le voilà qui m’ouvre ses bras, et je m’en vais m’y jeter à corps perdu, en savourer la moindre minute.

Alors, permettez que, je nous le souhaite savoureux et joyeux notre week-end.

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Et damer le pion du fâcheux

Il est des êtres, des hommes, qui ont une étrange propension à nous prendre nous les femmes pour des connes. Quoique nous fassions ou disions, quels que soit les lieux les circonstances, voire les témoins, nous voilà traitées par la dérision, et le mépris entraînant dans son sillage l’assemblée ricanante.

Rendons nous à l’évidence face à tant de bêtise, inutile et impossible de lutter, autant que faire se peut la poudre d’escampette est la meilleure des solutions.

Mais il est des fâcheux, tels des tâches dans notre décor amical ou pire familial ou professionnel, inévitables. Avec ceux-là on s’échine à semer le doute, faire entendre raison, un peu pour leur bien, beaucoup pour le nôtre, mais comme dit plus haut … en pure perte.

Acculée à supporter l’insupportable, après avoir longuement étudié l’ennemi, j’ai mis au point une stratégie : je joue le rôle que le fâcheux s’obstine à m’attribuer. Je joue ma blonde, enfin telle qu’il se l’imagine, arbore un sourire niais, un regard vide. Il me montre la lune, je m’obstine à lui conseiller une manucure.

Soudain le voilà pantois, la souris ne veut plus jouer, la partie a perdu toute sa saveur, il ne lui reste plus que l’abandon, s’en aller chasser ailleurs, un ailleurs auquel je ne peux que conseiller d’appliquer ma ruse, testée et approuvée …

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Vivre décalée

Et puis j’ai glissé une deuxième montre à mon poignet, qui a déréglé l’autre, imposé l’heure d’hiver, j’ai décidé d’y voir un signe, de les y laisser, côte à côté, deux ne faisant qu’une, symbole de ma liberté retrouvée.

Et j’ai su, j’ai su que je m’étais perdue, que tout n’était pas de ma faute mais que je m’appartenait, que m’appartenait le choix de vivre pour moi, que ma vie n’était pas là où je me croyais attendue, là où je croyais devoir faire mes preuves encore et toujours, toujours plus, jamais assez, et remplir le tonneau des Danaïdes et finir par m’y noyer.

Alors lasse de la guerre, j’ai baissé les armes, j’ai glissé une fleur dans le canon. Et mon corps s’est délié, les tensions se sont envolées, et j’ai su, qu’enfin j’étais libre.

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Je suis une princesse, je m’en suis allée faire les soldes sur mon destrier blanc

Je m’en suis allée faire les soldes, et me suis étonnée. Je me suis surprise, moi la discrète surnommée la veuve corse par mes amis, à remplir mon escarcelle, enfin mon sac rose, de tissus chamarrés.

D’un seul regard, j’étais séduite, ma décision prise, il me les fallait, toutes ses couleurs douces et vives, dans lesquelles je me plaisais à me découvrir étrangement jolie.

J’ai découvert aimer le parme, et le rose, et le rouge aussi, je me découvrais solaire, rayonnante, et souriante aussi. D’autres l’ont vu, l’ont dit, sans en découvrir la cause, si futile, si essentielle, d’autres ont vu, constaté que j’avais changé, sans en comprendre vraiment la cause, pas plus que moi, qui n’en vois que les effets

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Non les soldes n’auront pas la peau de mon cerveau

Go go go, le jour tant attendu est arrivé, les soldes débutent, toutes à nos paniers.

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Et n’en déplaise aux fâcheux, nous pouvons être euphoriques sans être hystériques, ne jeter dans les soldes sans y perdre notre âme, guetter la bonne affaire sans étriper la concurrence.

Et puis lorsque les soldes pointent le bout de leur nez, les vacances ne sont pas loin, il nous faut faire des choix : un maillot Eres sur notre balcon, ou les plages de Pampelonne chez les nudistes.

Mais moi, je veux tout, mais pas à Pampelonne, je veux de l’exotisme et du lointain, et me faire de menus plaisirs pour tromper l’attente. Mon banquier se refusant à sponsoriser mes achats, mon employeur à me verser une prime à la trouvaille, mes placards regorgeant de mach suis dans l’obligation de faire des choix.

Alors donc, j’oublie :

– les robes jolies madames, qui pourraient se révéler être mon style … pour une soirée déguisée

– le pantalon slim taille 34, parce que promis demain je commence un régime, et que j’y rentrerai un jour, j’y rentrerai … ou pas

– les sandales à talons de 12cm … à arborer le jour où mon chauffeur me déposera devant le restaurant

– les trois tee fluo pour 10€ … parfaits pour sortir les poubelles et être évitée par les voitures. Chez moi, la corvée de poubelle m’est encore épargner …

– la poudre de soleil qui me fait un teint terreux, me rajoute des décennies et de l’amertume

Cette liste n’est pas exhaustive, et vous comme moi, j’en suis sûre, avons dans nos placards, quelques articles encore étiquetés, oubliés ou bien cachés à nos regards et notre culpabilité, qui ne peuvent trouver leur utilité que dans le rappel de notre bêtise passée …

Bouhhhh bientôt bb …

Oh Mon Dieu, Oh Mon Thé, Oh Mon Kusmi Tea, Mon bb est presque fini, deux mugs, un pour ce soir un pour demain, deux petit tours et puis s’en va.

Bouhhhh !

Bouhhhh ! Y a pas de Kusmi Tea dans ma ville, la deuxième ville de France n’a pas sa boutique Kusmi Tea, reconnaissez que c’est un intolérable scandale, qu’il faut y remédier au plus tôt. J’ai lu que bientôt la marque va effectuer une ouverture marseillaise. Oui mais c’est où bientôt et quand ?

Bon bien sûr existe un corner aux Nouvelles Galeries, mais tout petit le corner, parfaitement insuffisant.

En attendant va me falloir faire un crochet aixois ce week-end, me ravitailler Rue des Bagniers, en attendant je vais poursuivre mon chemin avec mon japonais vert et grillé …

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Moi, Madame, j’achète marseillais

Pré soldes suite …

Et de pousser la porte d’American Vintage, vaguement déçue de ne pas avoir reçu mon sésame. Ben quoi pas de pré soldes cette année ? Mais si me confirme la charmante vendeuse (avez-vous remarqué que certains magasins n’embauche que de jolies personnes souriantes et disponibles, alors que d’autres sont spécialistes des tireuses de gueules snobs et désagréables …), suis en plein dedans, et victime d’un bug informatique … Incident réparé, je me transforme en Alice au pays des merveilles, sourire et bave aux lèvres, j’écume les rayons …

Parce que moi j’adore American Vintage, suis pas peu fière que cette marque casual et élégante, confortable et raffinée, ait vu le jour à Marseille, pays des cagoles et du mauvais goût (lynchage en vue …). Soyons honnêtes, promenons nous du côté du Vieux Port en fin de semaine et de soirée, et constatons que le fluo dans toutes ses « nuances » nous en mettent plein les yeux, la paillette se dispute la vedette aux imprimés félins en tout genre. Et ça cliquette, et ça clinquante, conjugue décolletés plongeants et ourlets fesses apparentes.

Alors oui, suis fière que cette marque à laquelle je me plais à croire ressembler, sois née d’une imagination marseillaise, et je soutiens l’économie marseillaise, en rose, en parme, en carbone …

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Le bonheur est dans le pré … soldes

Le printemps s’est fait attendre, l’été s’est installé chez moi, chez moi mais pas partout en France. La belle saison s’annonce insuffisamment longue pour créer en nous d’irrésistibles envies, pour faire fi à la crise. C’est contraire à notre nature dépensière, mais les tentations se font plus rares et laissent la place à la réflexion. Dans les boutiques règne la morosité, et depuis quelques jours déjà des femmes s’y promènent, sur la réserve, en repérage des soldes à venir. Période néfaste pour le commerce … Alors, pour tromper l’attente le boutiquier a inventé les PRÉ soldes.

Nos boîtes aux lettres, mails sont inondées de cartons nous invitant à découvrir avant la date tant attendue et frénétique les bonnes affaires saisonnières, et c’est pas peu fières que nous nous en allons nos précieux pass à l’abri des regards indiscrets, nous la péter parmi des centaines de nos congénères …

Mais parfois, déception(s)les 30, 40 et même 50% ne suffisent pas à nous faire fondre. L’économie en berne a impacté la créativité de nos stylistes, mais pas les tarifs affichés …

La carte bleue qui chatouille le bout des doigts, le code dont on se récite les 4 chiffres de peur de les oublier, prête à commettre des folies, s’offrir une pièce maîtresse de notre garde-robe, on s’obstine, encore et encore, on le sais, on va bien finir par trouver de quoi dépenser nos misérables économies …

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