Je ne suis pas blogueuse, je nourris un blog, nuance !

Parfois ON te demande à toi ma sœur mon double mon alter ego, ce que tu fais de ton temps libre, tu sais le temps dont tu jouis hors du confinement dans ton bocal à poissons rouges à filer droit tout en tournant un rond, à tenter de résoudre le problème de la quadrature du cercle contre rémunération. Passée la stupéfaction, ravalés les points d’exclamation tu égraines à ON une liste à géométrie variable adaptée au ON inquisiteur ( car il existe à notre grand regret un nombre non négligeable de catégories de ON), liste qu’ostensiblement tu termines en un inaudible murmure. Hein dit le ON. Pchsss prout tu répondes. ON insiste, ON se fait insistant, tu résistes. ON ose tout ON comprend rien ON est têtu tu cédes, avoues que tu écrives …

Et quoi, dit ON, la liste des courses ? Et de pouffer. ON est drôle, ON devrait un o lance en guise de conclusion de bouquet final,ne man show, avec un one man public, ON est si bon public, faudrait pas gâcher …

Piquée au vif par la si fine mouche, tu répliques « un blog » ! Et paf dans tes chicots pauvre ON ! ON est coi … quelques secondes. Et un ON coi c’est jouissif mais pas beau à voir. Mais ON se reprend, ON est prompt au rétablissement même pas mal. ON ne craint rien ni personne ni dégun, et ON lance  » et tu (parce que vous l’aurez remarqué ON tutoie) écris sur quoi, ton vernis à ongles, tes ragnanas, ton dernier orgasme ?

Là, un conseil : tu croises les jambes pour ne pas faire valser ses valseuses, enfonces profondément tes poings serrés dans tes poches parce qu’il est interdit d’arracher des yeux avec les ongles. Avec les dents aussi. Bien dans le cas présent, en présence de la victime sus-citée, la cause est plaidable, tu peux t’en sortir avec félicitations du jury, mais bon la vie n’est déjà pas simple, elle risquerait de se compliquer durant un certain temps, et donc adieu temps libre, adieu ton blog chéri.

Alors souviens toi, toi qui es une fille intelligente et pondérée, qui collerait bien un pondéré bien senti dans la gueule de qui vous savez, toi qui sur la toile étales tes tripes et ton âme, tes rires et tes larmes, toi tu expliques, la mâchoire risquant l’ankylose et le naseau fumant avec tact et délicatesse, que toi tu écris sur ton humeur … ta mauvaise humeur !!!

Là bien sûr sans surprise (car ON est si prévisible que s’en est affligeant), ON yeux et bouche en culs de poule te sort « ça sert à quoi ? ». La question est une question de ON, les chiens ne font pas des chats, les huîtres font des perles, et les questions de ON ne sont pas toujours cons

Parce que oui au fait, ça sert à quoi d’écrire, écrire et publier à compte de blogueuse, ça sert à quoi à qui ? Et là je ne parle même pas de la postérité, au-delà de la date limite de publication ton billet est déjà périmé, et puis ce n’est pas comme si tu étais populaire ou même lue. A la limite si tu étais Chinoise, Afghane, ou Nord Coréenne, tu serais subversive, dangereuse et en danger, tu pourrais changer le monde, ou la vision que nous en avons. Non mais là faut te montrer raisonnable, te faire une raison : tout le monde et plus encore se fout de ce que tu vis dis penses écris. Sauf peut-être ton amoureux. A condition que tu en aies un, ce dont je doute vu le nombre de tes publications …

Alors ON met un terme à ta souffrance, t’offre la délivrance sans banjo ni cris de cochon, lance en guise de conclusion de bouquet final « si tu as un blog, c’est que tu es blogueuse ! ».  Tu hurles « TA GUEULE !!!  grimaces souris et réponds « oui c’est ça ». Et ON est satisfait et toi débarrassée.

Si c’est pas de la Happy End ça !

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Hé ! Cupidon ! vas donc bander ton arc ailleurs !

Moi je veux être en amour, un amoureux, être amoureuse. Suis pas pressée

Je veux des papillons et m’envoler avec eux. Pour le bourdon merci, j’ai déjà donné, m’en suis occupée, l’ai atomisé, prouvant ainsi que dans les situations extrêmes moi aussi je sais être une bombe !

Moi je veux un amoureux de premier ordre, un qui m’offre des fleurs, des modestes et rares, des violettes, et subir la concurrence de la rougissante pivoine. Je veux de l’amour fou et respectueux, je veux du premier choix, pas du premier venu. Je veux bien que l’on me crois vénale, mais pas me vendre au moins offrant, aux bande mou de la corde sensible, à l’avaricieux des sentiments

Du genre qui vous fait prendre des paillettes  pour des lanternes, vous tendent une polaire alors que vous espériez qu’il vous ouvre ses bras, envoie des messages automatiques vous qui les espériez amoureux

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Alors moi les amours minables, les amoureux aux petits pieds, les piafs sans cœur et sans cervelle, moi je préfère les livrer aux gémonies que de me livrer aux jérémiades, et s’il en est un qui ose me faire parvenir un tel message, je le pousse du haut de son pied d’estale, le piétine à grand coup de Louboutin, et lui fait connaître le doux sort de mon cafard, pour abréger ses souffrances ! Non mais !

Jeux de vœux !

Je ne suis nullement superstitieuse, sans pour autant passer sous une échelle ; mais là c’est pas pareil c’est par pure précaution. Je ne suis pas superstitieuse, n’aurais cependant jamais l’idée saugrenue de me joindre à une assemblée de 12 convives ; mais là c’est pas pareil c’est par sens de l’esthétisme et goût de la symétrie.

Je ne suis pas superstitieuse, ne fais pas un vœu à chaque fois que j’inaugure, débute, vis quelque chose de nouveau ; sauf lorsque comme aujourd’hui je me fais piquer par le premier moustique l’éclaireur de l’été tant attendu ; mais là c’est pas pareil, c’est un lot de consolation.

Je ne suis pas superstitieuse je suis une dinde fille ordinaire qui crie « phillippine » rompt le bréchet du poulet en duo, se claque la joue l’espérant récipiendaire d’un cil, s’époumone plus que de raison à souffler TOUTES ses bougies d’anniversaire le tout en chuchotant un vœu à l’intérieur de mon crâne ; mais c’est pas pareil c’est par souci des traditions. Je ne suis pas superstitieuse mais lorsque par inadvertance j’émets un vœu, même soumise à la torture, chinoise ou guiliguili, jamais jamais je ne vous avouerais à voix haute sa nature, ce sur quoi il porte … on ne sait jamais hein si par inadvertance il se pouvait se réaliser …

Je ne suis pas superstitieuse mais et il est une chose qui a un tantinet douée d’aptitude de me faire grincer des dents jusqu’aux gencives est … les chaînes.

Les chaînes ces machins qui pullulent et polluent nos phones et boîtes mails en X exemplaires, ces trucs qui vantent nos exceptionnelles qualités, quelle femme extraordinairement belle bonne aimée nous sommes, nous offrent monts de vénus en fête et merveilleuses amours à condition bien sûr de respecter le contrat, les mentions immorales de fin de texte, le cadeau sous conditions, nous ramenant inmanquablement aux souvenirs honteux de soirées où  le charmant monsieur du resto vous présente la note  dans son carrosse immonde hôte … Mais moi je ne mange pas de ce pain là, et ne fournie pas à la voracité de la chaîne 10 nouvelles victimes …

Oui mais moi j’ai une éthique. Moi mesdames suis votre Spartacus qui monte sur ses grand chevaux, moi Mesdemoiselles suis le maillon faible celui par lequel les chaînes ça casse et ne passe pas !

Alors je ne suis pas superstitieuse, pas une volaille sortie de l’œuf, d’un œuf tombé de la dernière pluie, suis une femme libérée des croyances moyenâgeuses, alors j’efface, me débarrasse, referme, passe à autre chose le trouble rageur dans l’âme, la certitude chevillée au corps que la journée à venir ne peut qu’être sous les bons auspices collants qui filent ascendant merde canine. Et si par chance ce jour béni vous me croisez ne soyez pas étonner de m’entendre grommeler « fait chier ». Ce n’est pas de la vulgarité, c’est pour conjurer le mauvais sort …

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Supportable

C’étaient quatre filles, quatre femmes réunies par une passion commune, les belles lettres, les bons mots, une curiosité en partage, une situation étrange. Des connaissances lointaines, remontant à l’enfance, des plus récentes, et de parfaites inconnues, quatre femmes sous un même toit, celui d’un cabanon, une même pièce, un abri pour leurs rêves … et leurs ronflements … C’étaient quatre rigolotes d’horizons différents, dans une situation embarrassante, du dortoir commun, de l’abandon des corps.

Et puis il y eu les réveils échelonnés, les retrouvailles autour de la table, en terrasse dans la garrigue. Les bols empilés, le café, le pain grillé, quatre femmes dans le vague de l’incertain ensommeillé, cheveux en batailles, vêtements froissés, visages dépouillés de toute protection, du masque des artifices, fraîcheur matinale.

Tintements des petites cuillères sur la porcelaine, raclements des couteaux sur la tartine rugueuse, un mot une phrase rauque, un mot en entraînant un autre, un autre les entraînant dans les profondeurs de leurs souvenirs, de leurs présents imparfaits, de leurs passés décomposés, de leurs futurs conditionnels, et d’osciller des rires doux aux larmes légères. Et se lever fuir l’emprise de l’émotion, décider que voilà c’est terminé, qu’il est grand temps de passer à autre chose. Et l’une lave, l’autre essuie, une autre range, elles s’affairent, rapides et délicates.

Il fait froid, lance l’une debout droite sur la terrasse. Les autres l’ont rejointe, elles sont côte à côte silencieuses, regardent le ciel en quête d’un signe peut-être. C’est supportable, rétorque enfin une autre. Mais laquelle, toutes l’auraient pu toutes l’ont répété, c’est supportable, supportable

Et les rires ont éclatés comme un orage libérateur

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