Hystérocratie, aujourd’hui c’est permis …

Parce que bien sûr, il me faut user de beaucoup de mauvaise foi pour oser, en cette journée internationale des DROITS (j’ai retenu la leçon …) de la femme, critiquer la situation des femmes dans notre société.

La femme n’a jamais été aussi libre qu’en ce début de XXIème siècle. Parce qu’elle a gagné la maîtrise de ses entrailles, qu’elle est libre de donner libre court à ses rêves de princesse, de se marier avec qui bon lui semble, d’avoir des enfants désirés, de leur donner le jour sans trop de souffrance, et de faire des études et de travailler. Travailler et gagner moins qu’un homme, avoir des enfants, à moins qu’il ne soit, tic-tac tic-tac, trop tard, ou prendre la pilule, et faire une embolie pulmonaire.

Mais, bon certaines se marient ou vivent en couple, ont des enfants, un chien, et des plantes grasses. Elles font l’envie de tout leur voisinage, car elles ont tout, tout ce qu’une femme peut rêver, tout ce à quoi elle doit aspirer, un long fleuve tranquille que rien ne peut rêver. A moins qu’un vol de grues ne mette en relief des rides, des rides, tic-tac tic-tac, qui font fuir l’homme en quête d’évasion. Car si certains hommes grimpent au sommet des grues pour réclamer leurs enfants, d’autres les troussent, et s’en vont explorer d’autres horizons. Et de se découvrir libres, et de ne plus s’embarrasser de leurs souvenirs, femmes, enfants, chiens, plantes grasses.

Alors la femme se retrouve libre, avec ses enfants, son chien, ses plantes grasses, et sans appartement. Libre et précaire. Libre et infréquentable. Infréquentable parce que dangereuse. Dangereuse car ennemie potentielle de toute femme mariée. Une pestiférée, une grue potentielle.

La femme n’a jamais été aussi libre, libre et seule.

La femme libre et libérée, se pare d’artifices, de talons hauts, met des push-up et des  gaines, des faux cils des faux seins se livre au bistouri, au botox, tic-tac tic-tac, et que sais-je encore. Et on lui glisse à l’oreille, de ne pas perdre courage, d’essuyer ses larmes qui décollent ses faux-cils, qu’un jour, elle rencontrera son prince charmant. NNNOOOOONNNNN !

Non, parce que tout ça n’est que le fruit de ma mauvaise fois, qu’en ce jour de la femme, force est de constater que les femmes sont libres, aucune de battue, aucune de vitriolée, aucune de voilée, aucune de violée. Ben oui que diantre, nous sommes en 2013, en France pays des droits de … l’homme et du citoyen …

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Une journée de la femme, 364 de l’homme, sauf les années bissextiles

Et vont pleuvoir les articles sur cette damnée Journée INTERNATIONALE (excusez du peu) de la Femme. Dont le, les miens.

Nous allons y lire notre colère contre cette stupidité, cette méprisante aumône, cette journée coincée au milieu de la journée du tennis, et celle de la plomberie, perdue au sein de celles de la serviette, du tricot, des berlingots de lait concentré, des oiseaux migrateurs, … et des victimes innocentes d’agression (sic), des coiffeuses, des toilettes, de l’orgasme (si, si, une journée aussi pour l’orgasme, le 21 décembre, pour celles que ça intéresse …), de la morue, des espèces menacées. Contre toute attente, je n’invente rien, je dénonce.

Seul un homme a pu avoir cette idée saugrenue, et pas le plus futé. Un qui voulait se donner bonne conscience, un de ceux qui disent à leur compagne, aujourd’hui c’est ta journée, aujourd’hui tu ne fais pas la vaisselle. Laisse. Tu la feras demain. Un petit drôle, un qui se croit malin. Nous en connaissons toutes un. Au moins. Un que nous apprenons, avons appris à fuir, un qui a cessé de nous faire rire, si tant est qu’ils l’aient fait un jour.

Et puis je songe à tous les autres, les annonceurs qui ne vont pas oublier de nous la fêter bonne, créer des besoins, nous inciter à acheter. Et puis les journalistes, qui vont se pencher sur notre sort, notre souffrance, notre courage, et oublier dans quelques heures.

Reconnaissons que cette journée a l’avantage de mettre en exergue ce traitement que l’on nous réserve à nous les femmes, nous mettre en colère, nous faire pousser des coups de gueules, de nous faire entendre. Encore. Enfin.

Moi je ne demande pas l’égalité, je réclame le droit au respect de ma différence. Je ne veux pas porter la culotte, mon string me satisfait. Moi, je vais arborer une cravate, symbole phallique s’il en est un, cravate qui a sa journée mondiale, le même que celui de la ménopause. La boucle est bouclée …

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