Quand le sort s’acharne !

Ce soir il pleuvait et ventait. Sur la Canebière, l’immense grue s’en amusait. Elle prenait l’air et se transformait en éolienne horizontale. Vaguement inquiets, nous avons décidé d’en rire et changé de trottoir, luttant refermant les manteaux sur nos corps raidis par le froid en lutte contre les rafales.
Nous avons décidé, que ce n’était pas un temps à mettre un enfant dehors. C’est fragile, léger un enfant, il ne serait pas raisonnable de l’exposer, il pourrait s’envoler, qu’il se mouille, il pourrait s’enrhumer. C’est Halloween, c’est ballot.
Je sais, suis cruelle, creugneugneu (rire de sorcière!) …
J’ai quitté ma ville, me suis enfoncée dans la nuit et la campagne, me réfugier loin du tumulte.
Comme il se doit, le feu de  crépitait dans le poêle. Le couvert était dressé. Tout semblait parfait.
Oui, mais voilà un invité surprise s’était invité à notre table. Un écervelé, une grosse tête de courge vide, qui s’est mis à veiller que je mange bien mon velouté au potiron.
Je n’aime pas la soupe, même déguisée en velouté. Je suis encore en capacité de pouvoir mordre et mâcher, décidée à en profiter. Je veux de la viande, du qui me résiste, qui se déchire et qui se broie. Je veux du goûteux, je veux du nerveux,  je veux du solide.
J’ai fini ma soupe, caché mes grimaces sous un sourire. Les sorcières s’étaient vengées. 
C’était leur nuit. Elles ont gagné. Bien fait !

Une place au soleil de la UNE …

Ce soir permettez-moi d’aborder un sujet grave. Un sujet essentiel. Un sujet qui nous plonge dans des profondeurs abyssinales d’angoisses et de questionnement. Un sujet qui nous ensevelie sous des tombereaux de désillusions, sujet qui revient sempiternellement à la pause méridienne quotidienne hormis week-end et jours fériés.
Tous les jours ou presque nous sommes scotchées, bouches bées derrière nos claviers, en attente de son apparition, auréolée de sa nouveauté : la UNE d’HELLOCOTON.
Enfin, elle est là, mais pas vous, pas nous, enfin pas moi. Me redessine un sourire pour m’extirper de derrière mon écran. Mais alors derrière, derrière le sourire, derrière les maceters crispés, c’est pas joli joli ! Pourquoi, tant d’injustice. Pourquoi n’est-ce jamais mon jour de chance. Pourquoi X l’a-elle faite deux jours de suite ? Qu’a-t-elle de plus que moi, cette beauté froide et jeune sûrement acnéïque ? Des sponsors ? Un photographe ? Et pourquoi pas du talent ?
Car oui, admettons-le, au bout d’un moment nous avons la harpie qui nous pousse. Reconnaissons que lapin pour le déjeuner, au bout d’un certain temps … ça lasse !
Durant le reste de la journée, vous avez une question comme un refrain honteux, un « petit bonhomme en mousse », qui interroge, mais que dois-je faire pour m’y voir enfin en haut de la UNE. Même en bas, mais y être, faire partie du Gotha.
Eliminons d’entrée la solution qui nous vient à l’esprit : coucher ne sert à rien. Enfin si, à se faire du bien, booster son moral et son taux d’hormones. Mais jamais coucher avec une souris n’a  permis de décrocher la UNE.
A la limite un photographe. Mais de grâce soyez lui fidèle ou maline, et pas trop chiante (enfin ça hein …). Souvenez-vous entre les mains cet homme a votre vie votre honneur, votre réputation, auxquels en un dérapage de photoshop, il vous faudra dire adieu.
Investissez donc plutôt dans un appareil photo. Du sérieux, du solide, pas trop lourd, pas trop encombrant. Et d’une bonne copine, sérieuse (mais pas trop), solide (aguerrie à la marche), pas trop lourde, pas trop encombrante.
Et puis des cours d’écriture. Il en existe de très bien. Souvent gris, toujours lugubres, confondant littérature et confessionnal. Mais très bien. Et les hommes, souvent gris, toujours lugubres, que vous y rencontrerez ne vous détourneront pas du droit chemin.
Ensuite aiguisez votre curiosité, soyez ouverte, côté porte-feuille, renseignez-vous, testez essayez de nouveaux produits, allez voir les premières, fréquentez les endroits in, les lieux cultes, les boutiques branchées, branchez votre éphéméride sur l’éphémère et le conceptuel. Soyez chic, soyez snob, mais toujours bonne copine.
Car n’oubliez pas de sourire. Envers et contre tout, même au fond du trou, souriez. Vous êtes bloggeuse, vous êtes ruinée, le photographe vous a quitté, les huissiers sonnent à votre porte, souriez.
Car maintenant vous le tenez votre article celui par lequel vous allez enfin enfin faire la UNE, vous faire remarquer, être exposée, être lue, et aimée d’inconnues, qui vont s’abonner, devenir vos amies, pour mieux se désabonner une fois que, par politesse, vous leur aurez rendue la pareille.
Le travail exécuté, vous pouvez vous endormir, dans la folle espérance que demain enfin …
Et si l’on se poser LA VRAIE QUESTION : qu’est-ce que ça nous apporte de faire la UNE ?
être plus exposée, être lue par des inconnues, qui vont s’abonner, devenir vos amies, pour mieux se désabonner une fois que vous leur aurez rendue la pareille.
Alors heureuse la cotonneuse ?
Moi, privilège de l’âge, j’ai enfin trouvé le chemin de la sagesse. J’ai vu « A STAR IS BORN », les deux versions (la première au ciné-club, hein, faut pas déconner). Je me souviens de la fin. Mal. J’en ai tiré la leçon. Je ne vais plus voir si j’y suis. A quoi bon. De toutes manières, je ne comprends jamais pourquoi j’ai été écartée, j’ai été choisie. A quoi se pourrir la journée. Je verrai bien ce soir …

Même pas peur !

J’aime pas Halloween, comme un pavé dans la mare en folie, j’aime pas ! C’est définitif, inutile d’essayer de me convaincre à grand coup de maquillages et de costumes tout fou. Vous y travaillez, des jours durant, vous peaufiner, je vous admire. Je m’y suis essayé avec mes enfants, j’ai fait des efforts pour leur plaisir. Mais moi j’aime pas ! 
Trop d’artifices, pour une fête ancestrale vidée de sens et de sa magie.  La fête de l’équinoxe, mais qui s’en souvient encore. 
Aujourd’hui elle s’est transformée en fête des confiseurs, ces vils marchands prêts à vendre leur âme au diable pour nous augmenter leur chiffre d’affaire. 
Chez moi, les gamins ne viennent jamais, quatre étages pour trois fraises tagadda, faut les comprendre, c’est pas rentable, ils me fichent la paix. Suis la sorcière du quatrième que personne ne vient harceler. Suis exclue de la fête, sans la raison de mon aigreur de vieille sorcière oubliée.
Fête, fête, fête, moi je la fuis je m’en vais me réfugier dans les citrouilles, à la campagne, à l’abri des GLOUPS, là où HARIBO ne pourra me débusquer. Et dans mon sac bien à l’abri des convoitises, une boîte de bonbons. Pas pour les enfants. Suis pas cruelle, j’ai des principes. Je veux leur bien, pas qu’ils deviennent diabétiques. 
Non, mais une soirée en amoureux sous la couette, avec une boîte de becks, voilà une expérience à tenter …

Boum Boum, Bond Bond

Il est des jours de fête que l’on vous offre , avec leurs lots de douceurs et de cadeaux. Des témoignages d’amour, des petites et grandes choses tissées d’amour et d’amitié, que j’ai appris à accueillir les bras grands ouverts en toute simplicité.
Appris à dire merci, appris que recevoir est plus difficile que de donner, demande humilité et noblesse de cœur.
J’ai appris.

Ouvrir les paquets est un voyage à la découverte de l’image que les autres ont de vous, de comment ils vous veulent et vous voient, vous rêvent vous imaginent. C’est aller à la découverte de facettes de vous qu’encore vous ignoriez.

Cette année je me suis découverte lumineuse et couverte de couleurs, que d’ordinaire, en hiver, jamais je n’aurais osé. Je m’y suis glissée. Je m’y suis aimée. Elles ont fait naître un sourire qu’à son tour j’ai rosi. Et puis sur mes ongles j’ai posé du rubis presque noir pour contraster.

Et j’ai continué, enveloppée dans du framboise et d’humeur joyeuse à festoyer, de restos en rires, de fondant au chocolat en tiramissu., de partage de cafés en confidences. Il faisait froid. Nous nous réchauffions de thés et de tchaï. Et puis nous en sommes allées au ciné, nous gorger de testostérone et de jeux de miroir. Dans la salle des rires et moi je roucoulais de plaisir. Sous nos yeux, un James tout en muscles et en faiblesses, subissait les épreuves initiatiques,  en revenait aux fondamentaux. Enfin nous découvrions une fenêtre sur les démons de son passé … et que, sans trop vous en dévoiler, sa mère était française …

En décalage

Sortie du boulot, un peu tardive, et je me souviens que mon frigo est vide. 
Pourquoi toujours être taraudée par la peur de manquer, pourquoi nous faut-il manger pour vivre? Pourquoi ne suis-je pas un pur esprit mais une impénitente gourmande ? 
Ces pensées, cette quête philosophique, ces questions idiotes et hypocrites en tête, ne me donnant pas la solution pour m’exonérer du poussage de chariot, car si j’aime manger c’est faire les courses que je déteste. Je m’en allais donc bougon me ravitailler dans mon city market préféré, soit le moins éloigné de mon antre, à une encablure de mon Vieux-Port.
Elle était là, comme toujours et je l’avais oubliée, perçant ma nuit précoce annonciatrice de l’hiver, protectrice présence, me rappelant notre silencieuse connivence entre femmes. Femmes qui souffrent en silence, pour être belles, pour mettre au monde des enfants, de les voir partir, d’être bafouées. Femmes en magnificence qui se doivent d’être vierges pour être respectables. Femmes illettrées, trop tôt mariées, voilées pour échapper à la concupiscence d’hommes faibles ne connaissant que la violence contre leurs peurs et leurs faiblesses.
Et brûle la bougie à côté de mon lit, brûle en la mémoire de toutes celles qui se meurent sous l’acide, les coups, par manque de soins. Brûle, lentement jusqu’au bout de notre nuit

Scorpion ascendant marmotte

Aujourd’hui, je n’avais pas envie, pas envie du tout de sortir de mon lit, mettre le nez hors de la couette, d’aller travailler.
Il y a peu, il faisait beau et chaud chez moi. A l’extérieur s’entend. Mais voilà les température ont pris le toboggan, les nuages sont partis en coup de vent, il fait beau, et j’ai froid … jusqu’aux ovaires. Et, après un rapide sondage, il semblerait que je ne suis pas la seule.
Les poubelles volent, les passants arque-boutés se déplacent par deux fermement arrimés par le bras, mains profondément enfoncées dans les poches de leurs pantalons, leurs yeux surveillant les volets  qui claquent et menacent de se décrocher. Nos rues sont devenues dangereuses. Est-ce raisonnable de sortir affronter le mistral, jouer à la roulette russe, et se gercer les lèvres.
J’aime pas le froid, je ne m’en souvenais pas et en une violente et douloureuse fulgurance tout me revient. Le cheveux électrique, la peau qui cartonne, les doigts ankylosés, le nez qui coule, le corps qui se raidit, entre en bataille contre les frissons. En vain. 
J’aime pas le froid, qui transforme ma silhouette en quelque chose d’incertain improbable ineffable, qui se meut sans élégance, qui veut fuir et ne fait qu’avancer. On veut nous vendre des petites robes habillées, sans manches courtes et décolletées. Voudrait-on notre mort, enrichir les pharmaciens ? Se moque-t-on de l’intelligence des femmes, ignore-t-on le prix des énergies fossiles ?
J’aime pas le froid, les jours qui raccourcissent, nous volent nos soirées, nous les troquent contre des plateaux télé sans télé, blottis, recroquevillés sur soi-même. Et puis la recherche de l’autre pour s’y blottir, s’y réchauffer, entrer en contact comme on entre en résistance, y puiser du désir et la force de continuer.
J’aime pas le froid, éprouve de la méfiance à l’égard de ceux qui me disent l’aimer. Ils m’apparaissent étranges, faits d’une autre matière que la mienne, provenir d’une autre planète, pas tout à fait humains, plus vraiment mes congénères. Peut-être ont-ils de la fourrure qui leur pousse à l’intérieur ou le chauffage central au milieu des tripes, à la place du cœur !
Bon, faut que je me décide heigh hi heigh oh à aller au boulot. Après nous ne sommes que l’automne. L’hiver peut attendre !

Une petite faim entre copines

Balade
papotages
shopping 
raisonnable ++
musée(s)
expos 
culture 
et encas 
ben oui 
nous sommes humains 
tout de même
et fatigués 
et affamés 
n’osant se l’avouer 
nous ne sommes pas des chochottes 
tout de même 
il nous fallait un petit truc 
léger 
délicat 
à manger 
sur le pouce  
sans s’attarder 
du bout des lèvres 
mais faut nous comprendre 
tout de même 
Un dimanche sur la Canebière 
à part Mc Do 
y a pas grand chose 
à se mettre sous la dent 
Alors voilà 
j’ai un peu honte 
mais qu’est-ce que c’est bon !
Bon Dimanche les filles !

Petite confidence entre amies

Voila il faut que je vous dise 
je déteste les pantoufles 
chaussons 
charentaises 
peu importe 
comment on les appelle 
rien qu’à leur énoncé 
je pars en courant 
Chez moi 
c’est à la dure 
pieds nus 
l’été 
en chaussettes l’hiver 
pour le confort 
la sensualité 
et la libération de mes pieds 
leur récompense 
pour m’avoir si bien conduit 
toute la journée 
Mais la pantoufle ! 
Non mais 
avouez 
même le nom est moche ! 
PANTOUFLE
PANNNtouFLEUUU
!
moche !
Et l’odeur 
non mais vous avez déjà senti
des PANNNtouFLEUUU ?
Neuves j’entends ?
Ça sent le vieux !
Et des pas sur le parquet ? 
Je me demande si je ne préfère pas celui
des ongles 
sur le tableau ?
Et puis 
j’ai découvert 
ça : 
Et m’interroge : 
on ne nous prendrait pas un peu pour des cons ?

Ça se passe comme ça à Marseille

Des mois sans pluie ou presque, et puis soudain, sans prévenir le ciel éclate tous ses nuages qui déversent leur trop plein sur notre paysage.

Du linge abandonné aux fenêtres des cours intérieures. Des toitures aux tuiles envolées lors de bourrasques précédentes. Et moi qui attend l’accalmie, bien à l’abri dans ma chambre. Mon sac est prêt. Je le suis aussi.

Une amie m’attend pour prolonger la fête, pour rire, papoter, évoquer le passer pour mieux nous en moquer, disséquer le présent et y voir plus clair, envisager les futurs, les possibles, tout en sachant qu’il ne peut que nous réserver des surprises.

Alors peu importe le déluge, peu importent les bêtises que certaines idiotes inconséquentes, qui ne savent pas encore apprendront un jour,  peuvent semer ici et là, la vie est belle, si l’on y travaille au quotidien.

Je voulais vous dire rapidement à ma façon, vite en passant avant de m’enfuir, merci à vous toutes de vos témoignages, votre affection, qui me vont droit au cœur. Je veux partager ceci à toutes celles qui pour des raisons fallacieuses ont pu être blessées par des commentaires que je traiterai, pour clore toute polémique, de désobligeants.

Merci à Hellocoton, d’avoir avec tact et élégance diffusé cet article, lui avoir donné un impact auquel je ne pouvais m’attendre.

Bon week-end à toutes. Et que la fête continue !

Ceci n’est pas une pizzéria

C’est une institution !

Une adresse marseillaise 
unique impossible mythique
exotique typique pittoresque  
dans le vieux quartier marseillais 
le plus « Plus belle la vie »
sans carton pâte 
connue de tous les Phocéens 
où l’on aime se faire bousculer 
maltraiter 
et en redemander
Ici, pas 
de réservation 
pas de carte ou si peu 
pas d’espace
pas de jolie nappe 
On arrive 
on attend 
qu’une table se libère 
coincé entre frigos et entrée des cuisines
car ici pas de téléphone 
pas de réservation 
On s’installe 
tant bien que mal 
se glisse entre table chaise et pilier

en bousculant ses voisins 
des voyous  
des avocats 
des bourgeois 
des lambdas 
des stars
en s’excusant
Et c’est parti 
Commande immédiate 
pas de temps à perdre 
la file d’attente se compacte entre les frigos 
et pas de carte 
le choix est simple : 
pizze (en V.O.) anchois
pizze fromage 
ou moitié/moitié 
à faire suivre de supions  ail/persil 
si vous voulez vous faire bien voir des patrons 
ne pas froisser la serveuse 
à la rigueur une pièce de viande
ici 
il me faut le reconnaître 
tout est délicieux 
nul ne sait faire les supions comme eux 
Mais permettez que je vous donne un conseil : 
soyez aimable avec le personnel 
appréciez leur faconde 
riez 
oubliez toute récrimination 
laissez vos problèmes aux vestiaires
enfin ça c’est une image 
car vous l’aurez compris 
ça aussi y a pas 
Tout comme l’addition 
qui se révèle simple 
sans détail 
juste le total
une note de gueule 
soyez-en certains 
Je vous aurai prévenu : 
faut être sympa avec le personnel !
LA PIZZARIA « CHEZ ÉTIENNE »
43 Passage de Lorette 
Marseille (2ème)