La dame bien comme il faut

Avant de partir, faut que je vous raconte. C’était jeudi soir, fin d’après-midi, début de soirée, je rentrais chez moi après le boulot, j’étais heureuse, je suis en vacances.

Je rentrais chez moi, il faisait froid. Est apparue une petite dame, bien habillée, bien comme il faut. Elle me fit face, me barra le chemin. Elle avait perdu le sien. Il était sur le mien. Je lui proposais de le tailler ensemble. Elle me tailla une bavette. Me parla du froid. C’était original.Et puis Marseille, sa saleté. Elle se plaignait. Elle m’agaçais. J’avais décidé d’être gentille. Elle se cru autorisée à continuer. Elle me remerciait, ainsi qe le ciel, de m’avoir mise sur sa route, moi une personne « normale ». Je crû ne pas comprendre, elle le sentit, elle insista, parce que comment aurait-elle fait, oui, quoi, je cite, « perdue au milieu de tous ces gens, tous ces étrangers ». Alors que moi insista-elle, moi je suis normale. Elle pensait me complimenter, je vivais ça comme une insulte. Mon sourire s’était transformé en rictus, lorsque j’émis mâchoires serrées « normale moi ? oh, vous, vous ne regardez pas Dexter ! ». Sous le fond de teint, je l’ai vue blêmir lorsqu’elle répondit « si justement hier soir. Suis insomniaque, j’pouvais pas dormir, j’ai allumée la télé ». Elle a ralenti le pas. Je n’aurais jamais pensé que ce fut possible. Je voyais bien qu’elle envisageait le demi-tour, oui mais voilà elle était perdue, trop comme il faut. Il est des choses qui ne se font pas.

Elle était arrivée à destination. Nous nous sommes quittées pas fâchées. Pas fâchées de nous quitter.

Et pourtant, je suis gentille, avec les enfants, les vieilles dames, enfin les plus vieilles que moi. Mais pas avec les vieilles connes. Ni les jeunes d’ailleurs …