Un mot d’excuse signé par un greffier

Je voulais écrire mais j’en ai été empêchée. J’étais déterminée, je ne pouvais pas lutter. Ma tête fourmillait d’idées, je ne faisais pas le poids.

Il était déterminé à avoir l’usage exclusif de mes genoux, avait décidé que je ne pouvais n’avoir d’yeux que pour lui. Revendiquait son antériorité, à coups de crocs maitrisés, de dents de maître, sur l’arête de mon menton.

J’ai dû céder à ses injonctions, ralentir ma respiration au rythme de ses ronronnements et laisser le temps passer dans la pénombre, en suspension

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Trouver la porte de sortie, et s’en aller promener

Longtemps très, trop pudique, je me refusais à écrire à la première personne. Longtemps j’ai évité les sujets trop personnels, et je continue à croire qu’un blog n’est pas une journal intime. Tout au moins pas le mien, chacune et chacun faisant comme il le sent comme il le veut.

Je le croyais, je le crois encore. Mais je crois aussi qu’il est des maux qui nous hantent, qui tissent un voile sombre, troublent notre vision, nous empêchent d’avancer, nous font tourner en rond, nous isolent des autres et de nous-mêmes.

On se convainc que ça va aller, que cela va s’estomper, que l’on va oublier. On n’oublie pas . On recolle les morceaux, encore et encore, encore et toujours. On se découvre forte. On s’en étonne, et finit par en rire, d’un rire un peu fou, parce que la vie est ainsi faite, et que la vie on l’aime, que la vie on n’a rien inventé de mieux.

Mon article est terminé, mon article est programmé pour demain matin, on va sonner à ma porte, je vais m’enfuir, appareil photo en bandoulière, marcher et aller boire une bière. On ne fait pas attendre la bière, je ne bouderai pas mon plaisir.

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A signé … et signera encore !

 

En cette année 2013, en cette année Capitale de la Culture à Marseille, en cette année capitale pour la culture et pour Marseille, des associations se meurent étranglées asphyxiées, faute de subventions.

Coupes budgétaires, crise, impôts à la hausse, les associations disparaissent, les Marseillais souffrent, en espérant des jours meilleurs, sans être dupes, sans y croire vraiment, mais comment faire autrement ?

Et puis ils apprennent que la Ville de Marseille alloue 400 000€ de subventions, prête le Parc Borely … pour un concert PAYANT (entre 40 & 80€) … de David GUETTA …

Alors moi, j’ai signé une pétition, et je ne suis pas la seule, 57 000 de mes concitoyens en ont fait de même. Cette pétition sera remise demain à la Mairie qui ne semble pas vouloir la recevoir.

Mais l’important est de faire le buzz, de ne pas accepter, de s’indigner. De réclamer de la culture, de la vraie, et de la marseillaise tant qu’à faire. Et que 2013, ne soit pas une condamnation à la peine capitale de la culture phocéenne.

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Et puis c’est d’un pied ferme que j’attends la prochaine mobilisation contre la Fête de la Musique, sur MON Vieux-Port et France Télévision, avec Serge Lama et Patrick Bruel, pour la bagatelle de 200 000€ de subventions …

Ils m’énervent ces gamins

Ils m’agacent ces gamins qui jouent sous mes fenêtres. Ils m’énervent ces mioches qui hurlent et courent après leurs ballons. Ils s’haranguent, s’interpellent, rient font rebondir leurs balles sur MA vitre. Je sursaute, bondis, ravale mon cri, dissimule ma stupidité et ma peur, sous une colère sur-jouée, un emportement auquel personne qui me connaisse ne croit vraiment. Parce que, je vous le demande, que font les parents ? Je les vois de MA fenêtre, ils sont assis et papotent les inconscients, ils prennent tous leurs aises, confondent MA place avec un jardin public, une cour de récréation. Ils sont en vacances. Eux.  Mais est-ce une raison suffisante pour interrompre mes rêveries de printemps, de liberté, de paysages et de voyages lointains ? a0e12964723511e2b6c722000a9d0edd_6

Qui a dit que l’on ne pouvait pas tout avoir ?

On en a soupé de l’hiver, on a dégusté côté froid, je frôle l’indigestion, et râle. C’est inutile, ne changera rien à l’affaire, fait monter ma tension pas les températures, mais ça ne mange pas de pain, et soulage …

Enfin, me soulage. Mon entourage LUI, semble avoir des difficultés à comprendre, mon entourage argumente, que l’hiver est de saison, que le gel tue les microbes, que la nature réclame l’alternance. Ce à quoi je rétorque qu’il ne peut pas comprendre, que nous les sudistes ne sommes pas habitués à tant de rudesse, et que décidément je me demande pour quelle raison je m’obstine, il ne comprendra jamais rien à la douceur méridionale …

Depuis vendredi, nous avons, je l’espère touché le fond. NUL n’ose me dire le contraire. La neige est tombée, le mercure a suivi, je cumule deux écharpes, doudoune sous le manteau, bien décidée à ne pas baisser les bras (comment le pourrais-je ainsi vêtue ?), à continuer à arpenter nos rues, curieusement désertes …

C’est pourquoi et ainsi que ce week-end, j’ai croisé mon premier bonhomme de neige … et mon premier moustique. Le premier avait pris la pose, s’était figé, abandonné par un caféinomane de passage,  un novice en art brut décadent. Le second a papillonné autour de moi, me donnant la berlue, semant le doute et la berlue, et sa disparu non sans laisser une trace indiscutable sur ma main droite, dissipant le doute chez mon septique entourage.

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Depuis je m’interroge : si le bonhomme est de neige et de saison, le moustique serait-il le prémisse de mon printemps, la promesse de la fin de mon eczéma, de cerisiers en fleurs, de renaissance de ma nature.

Perséphone s’impatiente. Et nous aussi !

Bon , d’accord, je vous l’accorde, l’hiver peut être photogénique, pour celui qui sait contrôler ses tremblements, l’hiver peut être beau pour qui sait lever son nez de son écharpe.

Mais bon, hein, toutes les bonnes choses ont une fin, faut penser à s’éclipser maintenant, à céder sa place, à passer à autre chose, au printemps par exemple. Parce que hein, nous avons été assez patientes, avons su endurer dans un quasi silence, réfréner nos envies, nos désirs de courir les rues plongées dans la nuit, nuit glaciale, nuit hostile, nuit redoutable et redoutée.

Alors que Perséphone se languie, Perséphone a hâte de quitter les enfers. Ben, moi aussi

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Parfum de femmes

C’était le soir, la nuit s’apprêtait la tomber. Un soir de fatigue, une sensation d’avoir subit une vidange et un essorage intempestif, où il me fallait un cadeau, une douceur, un gâteau qui me fasse voyager. J’ai poussé la porte d’une pâtisserie fleurant bon le miel et la

fleur d’oranger. J’ai pris mon temps, voyagé de douceurs en gâteaux, nonchalamment, sans tout autant trouver la force de sourire, suivie de près par la vendeuse, une congénère d’épuisement. Une belle aux rondeurs qui hésitaient à de l’enfance, une méditerranéenne sombre et pâle toute en luxuriance.

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J’ai opté pour du sobre, des cornes de gazelles, au sucre glace régressif qui nous fait nous lâcher les lèvres. Elles les a emballées dans un joli paquet que je ne quittais pas des yeux. Je l’ai suivie jusqu’à la caisse, lui ai tendu un billet dont elle s’est saisi, nos yeux se sont croisé, son visage s’est illuminé. « Vous sentez bon, me dit-elle, qu’est-ce que c’est ? ». Et soudain il ne fut plus question de commerce, nous n’avions plus d’âge, il n’y avait plus de frontières,nous ne ressentions plus le poids de notre lugubre journée. Je lui expliquais ma passion pour le musc, parfum rarement respecté, que j’avais enfin déniché dans celui de chez Kiel’s. Ces yeux brillaient, j’y lisais sa curiosité fiévreuse, je lui ai dit où le trouver, dans cette boutique à l’élégance qui en impose, je lui ai conseillé de ne pas se laisser duper, que dans la vie il faut oser.

c085282e65b011e2a5cd22000a1fb0b0_6Nous nous sommes quittée, nous souhaitant une sincère bonne soirée, comment après ça aurait-elle pu autre.

Maintenant je me plais à croire qu’elle c’est offert ce parfum. J’imagine un amoureux plonger son visage dans son cou, à la recherche d’une senteur qui, je sais, lui ressemble.

Ah, enfin une nouvelle qu’elle est bonne !

Ça y est c’est officiel, ou dans l’air du temps : je vais enfin pouvoir me nourrir de frites et ce, en toute bonne conscience !

Oyez oyez mes braves gens, écoutez la nouvelle mes ami(e)s, rangez votre mandoline, boudez la carotte râpée avec un fin filet d’huile, mais plus votre plaisir, allez  la conscience en paix apporter la bonne nouvelle :  le cholestérol n’est pas méchant, le cholestérol n’est plus l’ennemi de nos artères !

C’est nouveau, cela vient de paraître dans toutes les bonnes librairies, mais rassurez-vous les autres aussi, et cela s’appelle « La Vérité sur le cholestérol ».

Ecrit par Philippe Even, ancien doyen de Necker, préface par le professeur Debré, excusez du peu, ce livre dénonce les manigances des laboratoires pharmaceutiques qui ont su des décennies durant nous faire prendre le cholestérol pour le grand Satan, un boucheur d’artères qui nous entraîne directement de la table au cercueil en passant par la friteuse. Résultat d’étude dissimulé, désinformation, manipulation, et ce sont 220 millions de personnes à travers le monde et 5 millions de français, qui journalièrement enrichissent les labo.

Bien sûr va falloir attendre un peu, mais sûrement pas longtemps, pour que le débat explose hors de ces quelques pages, devienne enfin grand public, et qu’enfin je puisse puisse me nourrir de frites trempées dans mon œuf coque …

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Bon appétit !

Quand l’hiver s’éternise, quand le soleil fait défaut, quand le moral hésite, quand l’humeur chancèle, que je rentre en lutte contre les éléments et l’adversité …

Et bien je m’en vais au devant de mon plaisir, je m’invite au restaurant, je m’offre de l’exotisme, des couleurs, de l’acide et de l’iode.

L’assiette prend place devant moi, je me penche, l’examine, devine la résistance de la crevette sous ma fourchette, sous ma dent. Puis je ferme les yeux, respire, sens, mets en joie mes narines, que jalousent mes papilles

Et après,

après

À L’ATTAQUE !!!!

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L’heure du bilan dominical

Mon week-end je me l’étais promis beau, comme une vengeance de mon quotidien laborieux, une réserve pour les épreuves qui soyons réalistes, ne vont pas manquer à venir.

Et puis il a fallu que cette p… de neige s’invite à changer la donne, périmer le contenu de mon sac, ridiculiser mes tenues hivernales solaires, pleurer sur les mitaines et le bonnet oubliés au côtés du jeans dans un autre sac, transformer une simple promenade en aventure, découvrir que pavé+neige=promesse de plâtre

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J’ai râle j’ai pesté, moi qui la semaine dernière ai refusé un week-end au ski, sous prétexte que je n’aime pas la neige, que chez moi en terrasse le thermomètre affichait les 16°, moi qui commençait à croire à l’imminence du printemps j’ai décroché de mon nuage, atterri dans la gadoue.

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Oui, j’ai râlé j’ai pesté. Par principe. Pour faire part de ma désapprobation. Parce que, hein, je n’allais pas me laisser faire par l’hiver, sans rien dire. Nous n’allions pas lui laisser avoir le dernier mot, nous sommes des combattants des résistants des warriors. Nous nous en sommes donc allés dans les rues aixoises désertes, puis les marseillaises, pas mieux, nous les avons parcourues main dans la main, enfouies dans une poche, au pas de course, visage enfoui dans le cache-nez, si bien nommé. Nous sommes allés de musée en café, d’expo permanente en temporaire, de Varda à Matta, de l’Opéra aux cadavres exquis.

Alors que mon week-end tout en élégance s’en va tirer sa révérence, je ne sais de quoi ma semaine sera faite, mais je m’en vais l’attaquer le cœur plein de beauté, et cela nul ne pourra me l’ôter.

Bonne semaine a tutti !