Et l’on s’exerce à la patience

Bon, Evelyne nous a prévenus, c’est un week-end off, un week-end à plonger dans les flaques, à prolonger sous la couette. Nous sommes adultes, nous en avons vu d’autres … Mais plein les bottes … Et l’on boude.

On remet tout en cause, sa vie, son sens, celui du régime que l’on a entrepris pour entrer tout en finesse dans la robe estivale repérée sur le net et pour laquelle on économise son argent, pas ses efforts. On aurait même une pensée pour les commerçants, nos vils tentateurs, guettant le client, stoppant le réassort. On se console à la pensée que dans un mois ce sont les soldes, que dans un mois peut-être, le soleil nous sera rendu, que dans un mois nous seront sorties de nos oripeaux hivernaux élimés, assoiffées de nouveautés déjà périmées.

20130525-151954.jpg

Printemps !

Parce que je me plais à croire que le printemps nous est revenu, que l’hiver et le froid ont fait leur temps. Parce qu’enfin mes fenêtres s’ouvrent la rue et que volent mes rideaux, respire ma maison. Parce qu’enfin mon corps se départie du poids des lainages, moi j’ai fait le pari que nous en avions fini avec les temps terribles … Et trie, range mes oripeaux hivernaux, sors mes trésors printaniers.

Et tourne la machine, lave le linge, et moi de m’émerveiller de toutes les jolies choses trop longtemps remisées, les douces couleurs, la finesse des textiles, des cotonnades aux douces couleurs, des tee shirts multicolores. Et je ronronne, de concert avec le Chat offrant son ventre à la chaleur d’un rayon de soleil.

4f4e259ea54711e2985c22000a1f9ad3_6

Promesses d’été

3285029673da11e29a2a22000a1fb02b_6

J’avais rendez-vous, j’étais attendue pour notre petit café matinal bien au chaud dans notre bar préféré, celui qui, pour des raisons qui nous appartiennent avons surnommé « reconnaissance éternelle », celui aux serveurs charmants, au patron invariablement bougon, à la musique douce.

Notre bar, le témoin de nos rires et nos larmes, l’idéalement placé sur le chemin de nos amis, celui de l’Hôtel de Ville, où l’on vient le samedi, mater les mariages et les mariées?

Emmitouflée, le visage dissimulé dans une écharpe, je croisais les chalands qui faisaient les cents pas, se tapant sur les bras, dans les gants. Je n’avais nulle intention de m’attarder, le marché serait pour une autre fois, les madeleines, les macarons sauront attendre les jours meilleurs.

Et puis, contre toute attente, et surtout la mienne, j’ai fais ce que la gourmandise n’avait pu obtenir de moi, je me suis arrêtée, oh, pas bien longtemps, devant des terres cuites si familières, et j’ai souri, car bientôt, je l’ai su il va m’être rendu mon printemps, va revenir mon été