Le jour où j’ai fait des éclats

Vous voyez ce truc, ce n’est pas un ongle. C’est un drame.

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Vous êtes une femme ? Vous ne pouvez que me comprendre (hommes passez votre chemin, cet article ne peut que vous paraître sidérant …).

Vous partez de chez vous, pomponette fatale jusqu’au bout des ongles, manucure flambant neuve. Impeccable. Prête à affronter les fâcheux, à les rejeter au loin rejoindre leurs congénères d’un simple balayage de la main et d’un sourire carnassier, lorsque soudain, soudain vous le voyez lui, le traitre. Et vous voila une journée durant mise à l’index, à parler vite en faisant voltiger vos mains, espérant que l’autre, le fâcheux, n’y verra que du feu. Jamais vous n’avais tapé aussi vite sur votre clavier, tout en hurlant silencieusement VENGEANCE, VENGEANCE, . Et parfois même FAIT CHIER ! Oui, je sais je suis vulgaire, mais bon, hein, la situation est grave, et j’en perdrais presque mon humour !

C’est avec impatience que vous attendez la fin de journée afin d’offrir un bain de dissolvant à votre MAVALA (le ROCOCO RED pour les curieuses, torride !). … et recommencer, parce que vous ne pouvez rester sur un échec. Et demain, vous en êtes sûre, la chance aura tourné, vous serez vernie …

une fille gentille qui aime faire plaisir

Oui, suis gentille, j’aime faire plaisir et ne pas déranger. Mais suis une fille une chieuse qui en toute occasion essaie de garder le sourire et aime se vernir les ongles.

Mais voilà il est des personne saines, qui mangent bio, pensent écolo, qui m’aiment maquillée, un chouilla sophistiquée, à condition que cela ne se voit pas trop (ça tombe bien moi aussi), mais ne supporte pas l’odeur du vernis à ongles. Si si ça existe, même que j’en connais.

Alors certes, cette pratique n’est pas quotidienne, souvent même très occasionnelle, mais actuellement je traverse une période « femme jusqu’au bout des ongles ». Allez savoir pourquoi, mais moi pas, c’est ainsi, voilà c’est ma seule excuse explication.

Donc parfois j’oublie sa répulsion et me laisse aller à entreprendre une manucure en sa présence. Et me voilà noyée sous des flots de justes récriminations, des rappels à l’ordre, des informations sur la toxicité des émanations, du danger de ces produits fausse

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ment anodins. Alors je m’éloigne en secouant les mains, mimant le cormoran mazouté tentant en vain de prendre son envol, m’empoisonner au loin.

Alors moi, suis maline, suis une femme de compromis et qui respecte autrui. J’ai donc

trouvé une solution qui devrait réconcilier tout le monde : me suis offert un vernis OPI AUBERGINE, et je pourrai même me ronger cinq ongles, manger cinq légumes tous les jours. Bon pas sûre qu’il soit bio, mais avouez, j’ai fait un effort !

Alors, heureux ?

Le jour où j’ai appris que je pouvais passer des commandes sur mon blog

Cette semaine j’ai reçu un appel téléphonique d’une amie à 23h30, une heure incongrue, enfin pour elle, la couche-tôt. Elle sait qu’elle peut, que je ne dors pas, et que quand bien même, pour elle je suis toujours disponible. Tout comme elle l’est pour moi. Bref nous sommes amies, de celles dont on peut dire sans crainte de se tromper à la vie à la mort, de celles qui ne se cachent rien, comment le pourraient-elles, l’autre devine toujours tout. Celles qui n’ignorent ni les rires ni les pleurs, les gros chagrins les petites mesquineries de l’autre. Celles qui se sont soutenues dans des épreuves que la vie nous assènent, les deuils les séparations les cheveux qui virent au vert durant une baignade au cours d’un voyage paradisiaque. Celles qui ont traversé les tourmentes et l’île de Ré côte à côte. Enfin, côte à côte, c’est une image, plutôt elle devant loin et moi zigzagant évitant miraculeusement la chute alors que la selle s’incrustait dans mon fessier.

Nous avons fait le bilan de la semaine écoulée, de nos galères et de nos bonheurs, plein de choses que vous le comprendrai je tairais qui ne regardent que nous. La machine à laver me hurlait qu’elle avait terminé son boulot, qu’il me fallait me bouger, la débarrasser de son fardeau, étendre le linge, me mettre au turbin. Moi je m’en foutais, feignais de ne pas l’entendre de l’ignorer, résistais à la tentation de lui hurler « ta gueule ! », lorsque au passage elle m’a dit m’avoir trouvé le vernis Sienna Red de MAVALA que je cherchais cette semaine. Oups ! Super ! J’adore ! Pas de doute elle me lit. Et puis elle est allée voir « Les derniers jours de Stephan Zweig », avait réservé des places avant de découvrir ma critique plus que réservée sur mon blog. Elle y est donc allée avec un peu de crainte, et m’a confirmé mes impressions : Elsa Zimberstein insupportable et Patrick Timsitt inexistant. Désolée, mais c’est ainsi.

Alors oui, elle me lit et je m’interroge : que vais-je pouvoir lui raconter de futile qu’elle ne sache déjà dorénavant. Car il est hors de question que lors de notre prochain week-end, je lui laisse le monopole de la parole tout en sirotant nos pastis, et qu’elle gobera TOUTES nos olives !

Bon, je la lui cèderais bien maintenant, la parole, mais bon, j’aurais trop peur de ne pas pouvoir la reprendre. Ah mais je suis idiote, elle ne sait pas commenter !

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Mon royaume pour un vernis ! Nan, je plaisante toujours (quoique) …

Voilà, tout allait bien. J’étais en vacances, il faisait beau. Bon, par ces aspects là rien n’a changé, sauf que voilà un petit vernis est entré dans ma vie. C’est une amie qui l’a ramené dans ses valises parisiennes qu’elle a déposées pour quelques jours dans ma maison. Innocemment, la diablesse me l’a fait essayer … Putain qu’il est beau Wouha il me le faut !

Il est temps de faire les présentations : Sienna Red 194 de chez MAVALA

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(la couleur c’est un peu ça, mais en mieux)

J’adore J’adore J’adore !

Je me calme. Je me reprends. Il n’est pas dans ma nature d’hystériser ainsi pour une chose aussi insignifiante qu’un vernis, mais celui-ci est pile poil dans les tonalités automnales que j’affectionne depuis … peu.

Bref, vous savez ce que c’est, ici je parle de vernis, mais c’est valable pour bien d’autres choses, quand je veux je retombe en enfance, ne peux attendre, il me le faut TOUT DE SUITE.

Hier, entre deux rendez-vous je me suis précipitée chez MONOPRIX, sûre de le trouver. J’en suis sortie verte. Verte de rage, de dépit, de colère, bougonnante comme une vieille folle, putain (oui encore, mais la situation est grave !) je l’ai épluché le corner Mavala, par couleur, par numéro, j’en ai déplacé des petits flacons, regardé derrière, au milieu, remarqué combien de référencements subtils m’apparaissaient comme d’inutiles doublons, j’en ai mis de la volonté, mais rien à faire, ils ne l’ont pas !

Tout ce qui s’offre à vous, homme ou babiole, et se refuse ensuite, prend de l’emprise sur votre âme, que vous êtes prête à damner pour enfin le/la posséder, qu’enfin il soit vôtre. Il vous obsède, hante votre cerveau, fait fuir toute once d’intelligence. Vous êtes possédée.

Il me faut donc me libérer. Je m’en vais donc vous quitter, aller marcher d’un pas rapide et énergique, dépenser des calories, arpenter les rues marseillaises, agrandir mon périmètre, visiter les Monoprix, les Galeries Lafayettes et autres, les para et pharmacies, (Séphora ?).

Et puis, si le sort s’acharne, je saurai me consoler, cesserai ma crise de paranoïa, de croire que le sort s’acharne contre moi, que je touchais à la perfection qui m’est à jamais refusée, je suis une grande fille maintenant, je ne peux plus me rouler par terre, cela ne se fait pas. Et puis suis pas sûre de pouvoir me relever avec toute ma dignité. Alors décidons que ce n’est pas grave, mais totalement futile … et que je vais le trouver … et vite …