Soirée karaoké

Suis couche-tard, certes. Suis noctambule, certes. Suis tolérante, certes, et conciliante, nous sommes d’accord. Cela étant dit je suis humaine, j’ai des limites, qui sont les miennes, et là au cœur de la nuit celles de mes oreilles.

J’aime, peut-être faudrait-il que je m’en excuse, dormir toutes fenêtrés ouvertes, accueillir dans ma maison les premières relatives douceurs printanières, et il semblerait qu’il en soit de même dans mon voisinage. Là est tout le problème.

Il semblerait, et croyez moi ceci n’est qu’une formule de politesse, que j’ai dans mon entourage géographique des amateurs de karaoké, et le karaoké, je m’en excuse auprès de ceux et celle qui ne partagent pas mon opinion, moi j’aime pas. Bien sûr comme tout un chacun j’ai déjà participé à une soirée karaoké, mais sachez que c’était à mon corps défendant. C’était lors d’un réveillon pour lequel nos hôtes nous avaient promis tout plein de surprises, et la majeure, vous l’avez devinée … Un calvaire ! Avec obligation de participer, j’ai donc dû pousser la chansonnette, séquence qui aurait dû être d’émotion, mais fut d’humiliation. Car à mon grand désespoir je chante indubitablement faux.

Il semble évident que je ne sois pas la seule, mais tous n’ont pas les mêmes pudeurs que moi … Donc cela fait plus de trois heures que des individus avinés poussent la chansonnette saturée de décibels et de fausses notes. Certains se lancent dans un hommage à Moustaki, qui n’en demandent pas autant. D’autres plus nombreux exécutent, le mot n’est pas trop fort, Johnny, préconisent d' »allumer le feu », alors que j’aimerais pouvoir fermer les yeux.

Je suis patiente, mais mélomane, suis patiente, je n’ai nulle autre solution. J’ai fermé mes fenêtres, éteins les lumières, rallumé. En vain. Johnny se plait dans ma chambre, Sardou vient de le remplacer. J’enrage, je suis patiente, et tolérante, vont bien finir par se casser la voix …

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Parfois, mes nuits sont plus douces que mes jours

La nuit m’appartient, la nuit je m’appartiens, la nuit j’abandonne les oripeaux, les masques de mes jours, la nuit je rêve, je rêve ma vie, les yeux grands ouverts, repoussant mes limites, les limites de ma nuit.

Ma nuit est riche, ma riche est riche de ma liberté reconquise, retrouvée. Ma nuit est riche de minutes et d’heures extraordinaires, d’heures qui ne sont que miennes, mes heures égoïstes, mes heures à écouter la douce musique de la rue, les rires des attardés, les cris des égares, et le souffle lent profond du dormeur à mes côtes.

La nuit, je n’est pas plus d’âge, je les ai tous. La nuit je repousse mes problèmes mes limites.
Parce que la nuit m’appartient, parce que j’appartiens à la nuit.

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