Bon, pour une fois, faites-moi confiance !

Parce qu’il est tard
que je me suis enfoncer profondément
dans la nuit
sans y trouver le sommeil
Parce que 
je ne sais pas être raisonnable
que pour cela aussi
il est trop tard
et que je doute 
d’y arriver un jour
Parce que 
je ne pouvais pas
comme ça,
m’éloigner 
sans vous raconter
ma soirée
vous dire combien 
elle était douce 
musicale
et
merveilleuse 
Parce que

et puis 
non
tiens 
je ne vous raconterai rien
vous allez devoir me croire 
sur parole
et si vous êtes 
sur Marseille
ou pas très loin
si vous avez des envies de bonne musique
revenir aux sources
découvrir de nouveaux courants
et abandonner votre corps 
aux rythmes
de la kora
manger des pastel
boire du rosé
faire de jolies rencontres
Courez !
Courez en haut de la Canebière
là où Africa fête
a planté ses tentes
découvrez

Oyez, oyez
brave gens
remarquez
combien je suis mauvaise
à créer l’envie
déclencher le désir
et c’est toute l’histoire de ma vie
Un jour promis je vous raconterai
je m’épancherai 
ponctuerai mon texte
de longs soupirs
vous permettrez de compatir
de me plaindre
Mais
bon, 
je le regrette
mais ceci n’est pas le sujet de ce nocturne
Alors
laissez-moi 
m’adressez à vous
les exténués 
les frileux
les timorés
les pantouflards
les blasés
et vous dire
que je m’engage à vous rembourser
votre place
si vous n’êtes pas satisfait
estimez
que je vous ai trompé
que mes goûts ne sont pas les vôtres
et autres balivernes
Oui, 
je pourrais le faire
Mais qui puis-je, 
moi,
je vous le demande,
si Africa Fête
c’est gratuit !

Parce qu’ils se sont dit oui

et que j’étais présente
de cet instant suspendu
d’espoir
et de foi
défiant les statistiques
qui les donnent
perdant
à quatre contre un 
Parce moi
dans un autre temps
il y a fort longtemps
que je m’y suis essayé
et suis tombée
j’ai dévissé
me suis crashée
j’ai piqué du nez
me le suis cassé

me suis relevée
cabossée
et me suis revétue
d’une armure de cynisme

Mais ils s’en balancent
de ce que je pense
qu’ils sont jeunes
et beaux
comme il se doit 

Parce que j’ai été émue
par tout ce bonheur,
le leur
et celui  
d’être

ensemble

avec

malgré

Parce qu’ils sont rayonnants
que leur joie
irradie
réchauffe 
tous ceux qui les entourent
Parce que lorsque leurs bras
se referment
sur le corps de l’aimé
ils ne nous voient plus
et c’est le monde qui tourne autour d’eux
Parce que je crois en eux
en leur amour
en sa force
qu’il ne peut en être autrement
qu’ils sauront 
ne pas se laisser 
abîmer par la vie
Ils ont mis du baume 
sur mon cœur
sardonique
et l’ont adouci

Et je gratte gratte
mes piqûres
de moustiques
qui eux aussi étaient à la fête !

D’accord,
c’est prosaïque
mais vous ne pensiez tout de même pas
que j’allais vous abandonner
sur une note bleue
fleurie
et optimiste !

Verte de rage et de jalousie

J’aiguise ma carte bleue
Je fourbis la Visa
Je suis prête
Je suis prête à affronter les Soldes
droite dans les starting-blocks

Une semaine de retard
inutile torture
pour nous les sudistes
qui assistons de loin
à vos échanges
à vos études comparatives
les bons plans
les bonnes affaires
et nous les sacrifiées
nous devons nous contenter de ronger notre frein
faute d’un os à se mettre sous la dent

Bon d’accord
nous reste internet
mais moi
suis pas moderne
suis sensuelle

Une robe
je la veux jolie
élégante
et qu’elle épouse mes hanches
valse
et tourbillonne autour de mes jambes
tout en équilibre tombé et fluidité

Et les chaussures
comment faire rimer
bonne affaire
et sensibilité de les petons

Il me faut donc marcher
les éprouver
dans la moindre couture
au détour de la plus petite sangle
être sûre
de ne pas devoir les oublier dans leur boîte
de peur de me ruiner en pansements

Car oui, je veux des chaussures
compensées
hautes mais pas trop
et puis vertes

Et je les avais trouvées
et en promo
pas chères

J’ai hésité
pas le temps
autres choses à faire

et voila
ce qui devait arriver
arriva
empruntant la silhouette flageolante
d’une vieille bimbo
deux mots qui vont si mal ensemble

Honte suprême
plus rapide
moins regardante
elle m’a brulé
tout comme son épiderme
au poteau

et déambule depuis une semaine dans MON couloir
téléphone coincé au creux de l’épaule
fleurie et court vêtue
peau flapie et artificiellement cuivrée vert de gris
passant repassant
inlassable organisatrice de week-end
dont à nos oreilles défendantes
nous ne pouvons rien ignorer
et me nargue en arborant

MES chaussures

dégradées
rétrogradées
salies
rabaissées
à mes yeux devenues
irrémédiablement vulgaires

Je vais donc redevenir
demeurer sage
m’en acheter des marrons
des raisonnées raisonnables
des universelles
des toutes occasions
des passe-partout
des

Et merde !

Elle m’a gâché mon désir
la pintade glougloutante

Si au moins je pouvais lui hurler ma colère
à la péripatéticienne en pré-retraite
je me sentirais mieux
hystérique certe
mais soulagée

Mais non je me dois de souffrir en silence
ne pa me départir de ma légendaire politesse,
pétasse,
ignorant son mépris
envers moi,
la pâlichonne
la naturelle
qui traverse
son espace
son parloir
sa zone d’intimité
MON couloir

Et en tropéziennes
(je le sens
qu’elle se gausse)

mais qui se venge
la silencieuse
à la démarche déliée
qu’elle n’entend pas arriver
qui l’oblige à s’interrompre
attendre
user son forfait

Bon, j’ai renoncé à ma mise au vert, mais pas à me faire plaisir. 
Bon, je sais, c’est mesquin
et puéril,
mais, 
Pintade, pintade ….

Après

Ben 
oui 
quoi
on fait
quoi
Après avoir travaillé
maugréé
sué
victime
d’une clim paresseuse

On se traîne
sur les trottoirs
fuyant le soleil
traversant
se glissant à l’abri
de l’ombre
zigzagant
évitant les corps avinés 
à l’esprit échauffé
éviter les regards
trop
plus 
ras
stop
Moi, 
suis pressée
je veux rentrer
chez moi
me déshabiller
démaquiller
offrir mon corps
à la fraîcheur de la douche
m’y couler
longuement
dénouer mes cheveux
les malaxer enduits de shampooing
et re garder par la bonde
disparaître 

Alors oui,
je vous la repose la question
hein
on fait quoi 
maintenant ?
Ben
on s’habille 
de frais
léger
blanc
on se parfume
fleuri
et on s’enfuie
boire un apéro
retrouver des amis
profiter des belles heures
défier la fatigue
nier la lassitude
au milieu des cris des enfants
et des mouettes
rieurs
et se souvenir
que nous sommes en juin
encore
Et 
 sourire à l’horizon
vers quelque part
au loin
vers lui
caché
à l’abri de la fraîcheur
du jeune continent 
Et c’est blottie dans ses bras
que je veux clôturer mon mois préféré

Le jour où je me suis offert une séance de RRRHHHHHHooooo

Pour un petit bobo
au sujet duquel
je ne veux pas discourir
je n’aime pas
ne supporte pas
être malade
souffrante
ou handicapée
le bobo ne me fait pas bander
gnangnan peut-être
mais pas dans la douleur
je n’y trouve aucune compensation
aucune valeur ajoutée
même plus un simple jus d’orange
plus personne pour me le tendre
d’une main
l’autre posée sur mon front
avec un fond d’inquiétude dans le regard

Plus rien
vous dis-je
si suis malade
suis fuie
je me démerde

seule

Ce qui me booste
et sied parfaitement
à ma nature

Bref

Lasse de dissimuler
un traînage de patte
fort peu élégant qui me fait
curieusement
ressembler à une vieille chouette
bougonante
me refusant à m’appesantir sur mon cas
laissant à d’autres le privilège de le faire
et amoureusement (RRRHhhooooo)

Mais parfois
parfois

Le bateau prend l’eau de tout bord
je sais que je ne peux continuer
sous peine d’être summergée
qu’il faut que cela cesse

Il me faut me reprendre en mains
ou plutôt
m’abandonner entre celles d’un professionnel
celles d’un ostéopathe

Rendez-vous pris
alors que la douleur semblait
sur le point de s’estomper,
tout en sachant
que la fourbe
la drôlesse
est joueuse
aime à se dissimuler
pour mieux réapparaître

Bref
vous dis-je
je vais chez l’ostéo
le garagiste des corps
à qui je confie son rééquilibrage

Et qui après un court interrogatoire
s’y attelle derechef

et c’est parti pour une séance
et sans même me dévétir

de …

petit con
tu vas arrêter, arrête !
mais ! tu vas m’obéir
suis ta mère !

Car oui,
j’avais oublié  ce détail
le thérapeute se trouve être
par le plus grand des hasards
mon fils
celui auquel j’ai donné la vie
et sans péridurale

Le même qui s’est obstiné à ne pas dormir
jusqu’à l’âge de 2 ans
révolus
dont je ne supportais pas les cris
qui me faisaient me précipiter
pour le consoler
le réconforter
à l’abri dans mes bras
la prunelle de mes yeux

Tout cela pour vous dire
combien
en bonne mère méditerranéenne
il m’a
comme il se doit
et sans le vouloir
fait souffrir
le fiston
(j’aime bien jouer la mater dolorosa,
 c’est tout un art,
 je m’entraîne,
 promis bientôt je serai crédible !)

Je reprends

Ingrat !

Tu n’as pas honte !

Sous prétexte
que tu as appris
une nouvelle méthode
la NIROMATHE
qui révolutionne ta pratique

Tu trouves cela juste
de me faire subir çà
à moi
ta mère !

Il me regarde
vaguement
et nullement impressionné
continue

Je me soumets donc
à sa pression
digitale
systémique
appuyée
tout au long de la colonne vertébrale
sur les côtes

et je  lutte
pour
ne pas me trémousser
étouffer des rires
fous
et surgissants

Échoue

évidemment

Il attaque l’aîne
et les jambes

qu’a-t-il fait ?
il s’est taillé le doigt ?
ça devient moins drôle
je le menace
échange de regards
inversion des rôles
aujourd’hui
c’est lui qui sait
lui qui commande
demande le respect
que je lui fasse confiance

Je cède
ai-je le choix ?

Ah,

Tiens

ben

c’est tout ?

c’est déjà fini ?

t’es sûr ?

C’est curieux,
il me faut le reconnaître
le pied semble aller
mieux

bien même

Mais alors
le corps
le corps

un délice
tout léger
tout délié

il m’a rendu un corps harmonieux
et intelligent
un corps qui m’était devenu étranger
et que je suis si heureuse de réintégrer
un corps qui a de la tenue
avec une colonne souple
un ventre en creux
un cage thoracique libérée

et je suis
bien obligée
de reconnaître
que cette sensation est un soulagement
sans nul autre pareil

Et que dès demain
je téléphone
pour refixer un rendez-vous
pour dans une quinzaine
pour renforcer
stabiliser la situation

Merci monsieur Mon Fils
(notez les majuscules de la mère fière)
moi si critique
caustique
dont tu vantes et partages
le mauvais esprit
moqueur
teinté de cynisme
suis obligée de reconnaître
que bon,
j’ai joué à la patiente impatiente
mais pas trop,
reconnais-le,
juste je me suis exprimée,
et là maintenant
par la présente,
Jules,
je te remercie …

Demain

Demain
c’est déjà aujourd’hui
la nuit va être courte
je suis fatiguée
je n’ai pas sommeil
Il est des pensées
qui font les cents pas 
dans ma tête
et des images
qui se sont imprimées
au plus profond de mes yeux
et ne veulent plus 
les laisser se refermer

Je cesse de lutter
Je ne dormirai pas
ou peu
et de m’abandonner
et me laisser bercer
dans cette nuit de solitude douce et lumineuse

Bientôt
je cracherai ma colère
contre Marseille
mais pas ce soir
ce soir nous nous appartenons

Ce n’est pas …

… Parce que l’on est fauchée
et que les soldes s’annoncent,
et que les nordistes vont nous narguer
une semaine durant,
style
on n’a pas de soleil
on a de bonnes affaires,
que l’on doit,
nous les frustrées,
nous les sudistes,
cesser de se faire plaisir
de s’offrir
des petites choses
futiles
de filles

Après tout,
hein,
moi,
cela va faire
deux mois
que j’ai arrêté de fumer
cela se fête
je les ai mérités mes subterfuges
mes trompe-couillons

Lasse de balader
quotidiennement et matinalement
la brosse de mon mascara
dans le moindre recoin
du tube
à la recherche
de la dernière once de matière
qui s’obstinerait à s’y dissimuler

Alors je vous ai lues
et j’ai couru
dans le schlecker
le plus proche

Et j’ai craqué
non pour un
mais deux mascaras
dont un waterproof
pour les jours de pluie
d’ici ou d’ailleurs
pas au quotidien
pour ne pas sacrifier mes cils à ma coquetterie

Et puis un crayon à sourcils
le mien se mourant dans son taille crayon

Et puis je me suis emportée
pour un vernis
une follie
pile poil
de la couleur de mon sac
à 1€50

Et puis en me baissant
je tombe sur une petite chose
à cause de laquelle
j’ai écumé
toutes les parfumeries
et grands magasins
dans un rayon
très généreux
qui m’épargne
un abonnement en salle de sports

J’ai presque tout essayé
(le crayon attend la disparition de son aîné dans la corbeille)
et tout est parfait !

Le vernis ?
Un régal !
Application géniale,
quant à la tenue, je verrai
mais vu qu’au bout de deux jours
suis en over-dose
je me lasse,
limite angoissée
de les voir virevolter
si présents
trop présents autour de moi
ils me cernent
ne se laissant jamais ignorer,
et veux retrouver
leur couleur naturelle
et leur simplicité
à mes ongles


Alors moi,
je m’interroge
comment est-il possible
que des marques arrivent
à nous proposer des produits
d’une qualité
plus que correcte
à un prix frôlant le ridicule
à tel point
que je ne puis imaginer de soldes
à moins que l’on nous paie
pour que l’on s’empare de ces articles

Et de continuer
de me demander,
je suis têtue,
L’Oréal et ses consœurs
qui nous vendent du rêve au prix du safran,
je m’offre une petite parano
ou ils  nous prendrait pas pour des connes ?

Alors pourquoi,
pourquoi
est-ce que je continue
à leur apporter mon obole ?

Parce que tout comme je préfèrerais
m’habiller
chez Isabel Marant
que chez H&M
je veux me couvrir de rêve
m’oindre d’onguents
saupoudrés
de poudre de perlimpimpin
confectionnée par les fées
me parfumer à des essences rares

et comme toute femme
me sentir unique
et frôler le divin

Pour terminer, un modèle de kitch, 
comme on aimerait en voir plus souvent
ou pas …

Bête à bouffer du foin

… et afin de ne pas ruminer
inutilement cette histoire
je m’en vais
de ce pas vous la narrer

C’est l’histoire d’une fille,
moi en l’occurrence,
mais nous ferons
comme
si
ni vous
ni moi
ne le sachions

C’est donc
l’histoire d’une fille
qui ne pouvant mentir
sur son âge
avait décidé
de (se) rajeunir

Elle en parlait
elle l’écrivait
elle suggérait l’emploi de StriVectin

(j’en avais)

elle en avait utilisé il y a fort longtemps
à sa sortie sur le marché français

Elle en avait été satisfaite
mais encore jeune
pouvait se permettre de faire sa maline
dépenser peu
ruser
détourner
créer
de nouvelles recettes
jouer à l’apprentie-sorcière.
Elle s’interrogeait
à voix haute
et lettres majuscules
elle fut entendue
elle était lue (si, si)

Et une amie
lui offrit
un petit pot rempli par ses soins
afin qu’elle s’essaie
au tartinage.

Youpi !

Le soir même,
C’est la fête à la Reinette
(la pomme
ridée)
démaquillage soigneux
et ce n’est pas une
mais trois couches
successives
et généreuses
que je
qu’elle appliqua généreusement sur son visage,
débordant sur le cou
jusqu’au décolleté

Un dodo réparateur
et souriant
(l’espoir me lui fait toujours ça)
plus tard
je m’extrais
(arrêtons l’hypocrisie,
et que celle qui n’a jamais déconné me lance la première boule de coton)
de ma couche
passe sous la douche
et sur tous les détails
et enfin devant le miroir

… Et constate …
n’y voir

… rien …

Impossible d’ouvrir
un œil
obstinément clos
sans une ride
tant il est bouffi
plus proche du cul de lapin myxomatosé
que de l’œil d’une coquette rafinée

Ya pas à tortiller du cul (de lapin)
pour décoincer la situation
faut affronter l’adversité
payer sa connerie
lunettes noires sur le nez
toute honte bue
avec le petit noir matinal
les pauses pipi/lavages des mains/badigeonnages des yeux
ponctuants la journée
un sourire immense au lèvres
pour détourner l’attention
et s’épargner les questions humiliantes

Cette crème était réservée au cou
et au décolleté,
et n’aime pas les déplacemants
les exils dans des zones plus sensibles

Je le savais
vaguement
« on » me l’avait dit
sans insister suffisamment
je n’ai pas su écouter,
je n’en avais pas envie

Je voulais
voulais un miracle
une solution
magique
et enclencher la marche arrière
ni vu ni connu
suis la plus forte

Bon,
à ce jour (depuis une semaine)
suis devenue sage,
et photoshop est devenu mon meilleur ami

Cependant
(hé hé)
j’ai une petite idée
un truc à essayer
à partager
dont je vous parlerai très bientôt
enfin
éventuellement
si le résultat est concluant

Car si je dois reconnaître
être une aventurière
beauty’s experience
indécrottable
mon sens du ridicule
poussé au-delà du raisonnable
a finalement atteint ses limites

Le jour où je me suis sentie offensée

par l’usure du temps
qui passe
et abandonne sur les corps,
et surtout celui qui m’importe,
le mien,
des traces
profondes
amères
et cruelles.

S’habiller
pomponette
au quotidien
je sais faire,
je gère
Mais lorsque
d’aventure
se profile
une soirée
avec journée before
dont je ne sais rien
campagne
ou ville
cérémonie
ou décontractée
Je me sens bien dépourvue
D’abord,
et avant tout
sonne l’heure des bilans
trouver les astuces
les trucs
les stratagèmes
selon les dires de « certains »
à chaque problème, sa solution »
prémisse à l’insupportable
« quand on veut, on peut »
(je la veux ma robe tablier noire à fleurettes, hein, tu veux me la trouver maintenant !)
– j’ai vieilli (Stri Vectin, c’est cher, mais est-ce que çà marche. Suis pas désespérée, pas encore, suis seulement prête à tout ou presque …)
– j’ai grossi ou tout au moins j’ai réparti mes formes différemment (envisager une gaine)
– mon corps est … approximatif (rentrer le ventre, serrer les fesses)
– je suis blafarde (penser à acheter de l’auto-bronzant … et à l’appliquer …)
– je ne sais plus me coiffer, mes cheveux sont entrés en révolte, mes barrettes se transforment en CRS
– ma peau est réactive, c’est nouveau, elle rosit,
se la joue jouvencelle

Bref,
pour continuer
à m’aimer
soit je trouve une solution

parts en quête
de l’élixir
d’éternelle jeunesse
et m’en perfuser
quotidiennement,
tiens pourquoi pas
à l’heure
sauter un repas
ne serait pas pour déplaire
à la sylphide
qui sommeille en moi
et dont l’hibernation se moque des saisons

envisage un miracle
vais faire un pèlerinage à Lourdes
(Compostelle,
suis pas sûre
que le short et les chaussures de marche
 siéent à mon type de beauté)

ou bien
je m’en balance
j’en ris

et casse les codes
et mes miroirs

7 années de malheur
au point où j’en suis …

Et de répondre à « certains »
quand il n’y a pas de solution
c’est qu’il n’y a pas de problème
et que quand on veut,
ben, on veut

Alors,
bon,
soyons honnête
J’ADORE
pointer du doigt
mes petits ou grands défauts
armée de mon sens du ridicule
de l’humour
matiné d’une once d’ironie

et noircir le tableau
je ne suis pas SI moche
et surtout en rien (SI) désespérée

et mes amies
qui me suivent sur la blogosphère
ne s’y trompent pas
ne sont nullement inquiétées
par mes écrits
et ne se précipitent sur leur téléphone
pour me réconforter
(Petit message personnel :
amies, amis, si l’envie vous en prend
le doute vous saisit
n’hésitez pas
appelez
les occasions de rire ne se refusent pas)

Simplement
je viens de m’élancer
sur la pente savonneuse
celle qui n’amasse pas mousse
et parfois
laisse
un bulle
coincée là
en travers du gosier

Juin s’incline et s’en va tirer sa révérence

Parce que
c’est le mois de juin
celui que j’affectionne
que je préfère
empli de promesses
de beaux jours
de corps heureux
de rencontres
et partages chaleureux
le point de bascule entre
demie et belle saison
celui du jour le plus long
et des soirées douces
qui s’étirent
et rallongent nos ombres
sur les trottoirs restituants
les vapeurs et surplus thermiques

Parce que je me dois de vivre au quotidien
mais que mon âme
se plaît
dans le suave et la douceur
et se heurte au quotidien
sec et aride

Parce qu’au mois de juin
pour  les enfants c’est permis
que l’école
c’est fini
ou presque
que l’on y prépare
le spectacle
et les kermesses
et que l’on fait classe
dans la cours de récréation

Parce qu’au mois de juin
les filles sont plus jolies encore
leurs peaux se dévoilent
gorgées de soleil
elles savent
elles veulent
de toutes leurs forces
ne pas en laisser perdre
et chanter
et danser
des paillettes
plein les yeux

Parce que le mois de juin
est celui des fêtes,
de la musique,
du Panier,
des restos,
des apéros

Parce que l’on veut profiter
jusqu’au bout de la nuit
avant de devoir se séparer
pour des vacances
de nouvelles aventures
sur de nouveaux sentiers
sur des au revoir
dissimulant
parfois
des adieux
des pudeurs
dissimulées sous les rires
forts et cascadants