« Les derniers jours de Stephan Zweig »

C’était un cadeau, une surprise, une soirée au théâtre que « ON » nous avait réservée. « ON » en avait pris l’initiative, « ON » avait choisi, en fonction de nos critères, de nos goûts, cherchant et trouvant un compromis. Je ne suis pas sûre de l’en avoir suffisement remercier, suis pas bonne en remerciement. Mais, avouez, c’est chou

Bref, nous nous sommes rendus au Théâtre Antoine, assister à une représentation de la pièce tirée du best-sellers de Laurent Seksik. Le lieu, pour celles qui ne le connaissent pas est merveilleux. Une coupe de champagne dans le salon, est un vrai délice, une mise en bouche tout en velours rouge. Oui, c’est chou

Et puis nous nous installons, inconfortablement comme il se doit en plein hiver. Nous avons le choix entre le manteau sous les fesses et dans le dos, et se retrouver pris au piège du siège, et durant toute la pièce être taraudée par la question de savoir si l’on va arriver un jour à s’en extirper sans l’intervention moqueuse d’une tierce personne, ou sur les genoux. Mais là oublions toute tentative de croisement de jambes, de changement de position …

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Bref, nous décidons que nous nous en foutons, c’est sur la scène que notre attention se focalise, et quand le spectacle est bon, nous le savons, nous nous oublions.

(Re) Bref, le rideau se lève, la représentation débute. En quelques mots je vous raconte. Zweig et son épouse Lotte, ont fuit l’Autriche. En exil en Autriche, elle malade, lui dépressif, vont se donner la mort. Voilà. Ce n’est évidement pas gai. Cela peut être poignant.

Mais là je ne sais pas. Je ne suis pas critique de théâtre, mais je ne sais pas. J’ai ressenti comme un malaise, mais pas en raison de l’histoire, non, je dirais en raison de la mise en scène ou peut-être même le casting. Bon, d’accord, les acteurs enchaînaient deux représentations à une heure d’intervalle. Cela me semble difficile, voire inhumain, mais bon, c’est un choix, financier, faut assumer. Alors peut-être est-ce moi qui ne suis pas la bonne cliente, peut-être est-ce moi qui ne suis pas dotée de la sensibilité suffisante, peut-être, ou peut-être pas. J’oscillais entre agacement et compréhension intellectuelle, jamais n’ai basculée dans l’émotion. Pourtant elle n’était pas loin, mais ne m’a jamais rattrapée.

Sur le papier la distribution était alléchante : Patrick Timsitt, qui prend le risque de sortir de son répertoire comique, de s’essayer au dramatique, face à une Elsa Zimberstein, la superbe, l’écorchée vive. Cela ne pouvait être qu’intéressant. Certes physiquement Timsitt est loin de zweig, mais bon, admettons, la question est d’incarner un personnage. Il ne m’a pas semblé qu’il y soit parvenu. Zweig, bouffé par ses démons et ses fantômes, cet écrivain conscient de son génie, a décidé, planifié dans les moindres détails sa mort, et d’y entraîner sa si fragile si dépendante jeune femme. Il est donc question de génocide, de suicide et de meurtre programmés. Oui, meurtre, et sacrifice d’une femme perdue prise au piège qui n’a pas su comment faire autrement que d’accompagner celui qui a toujours tout pensé prévu à sa place.

Voilà. Mais, Timsitt semble désincarné, fatigué, pas à sa place, pas une once de génie, encore moins de monstre, face à une Zimberstein hystérique, extrêmement douloureuse, se mettant en danger … et finalement agaçante.

Je ne suis pas critique de théâtre, l’ai-je déjà dit ? Je ne vous déconseille pas ce spectacle. Ce n’est pas mauvais. Et puis peut-être que ce fut simplement une mauvaise pioche, une soirée sans, peut-être aurez-vous plus de chance, des acteurs plus en osmose, entre eux et leurs personnages. Le texte est très beau, plein d’humanité. Et puis le théâtre c’est magique. Dommage que parfois les colombes qui s’envolent des chapeaux soient fatiguées …

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