Blondes

Pourquoi ? Pourquoi chaque jour ou presque le chemin de la blonde croise celui d’un con qui s’ignore, un con fier et flamboyant, au verbe haut et puissant, qui se plait (parce que vous le noterez le con se plait, le con cultive l’auto satisfaction) à lui lancer « t’es une vraie blonde ? ». Certes la blonde pourrait se saisir de la question au vol, la renvoyer à l’envoyeur, en profiter pour demander au curieux, s’il est un con naturel. Mais la blonde jugeant la que question certe superflue, ne peut que s’empresser à ne pas céder à la facilité, tourner les talons, et s’en aller pester en silence et ailleurs. Ailleurs où elle pourra réfléchir.

Parce que oui, la blonde réfléchit. La blonde s’interroge et se demande pourquoi cette question sur une éventuelle chevelure pigmentairement modifiée aboutie immanquablement dans les oreilles d’une blonde. Brune, rousse, ou toute autre déclinaison, sont en vente libre, toutes les nuances sont à notre disposition en boîte, gel, poudre sous tout format. Le monde, nos rues regorgent de femmes qui nous en font voir de toutes les couleurs. Rares sont celles qui assument dans la sérénité, leurs premiers cheveux blancs. Alors pourquoi, continue à s’interroger la blonde, pourquoi est-elle la seule à devoir affronter le goguenard et humiliant questionnement.

Alors moi, moi qui un jour (quelques mois) fut blonde, j’ai une réponse, parcellaire et orientée, qui vaut ce qu’elle vaut, sans doute pas grand chose, mais faute d’avoir trouvé mieux, et sachant combien avec moi vous êtes bon(ne)s, je vais m’en vais vous l’exposer. Il est des hommes cons (cela n’engage que moi), des hommes assez cons pour prendre les femmes pour des connes, jeter leur dévolu sur la quintessence du sexe faible, la blonde, la blonde qu’il se plait à croire véloce à écarter les cuisses, que même dodue, elle a de légères, et donc par voie de conséquence prompte à lui révéler l’origine de son monde.

Mais la femme est maline, coquette et imaginative, elle a inventé l’épilation stricte et intégrale, pour déjouer les fâcheux, les curieux et les cons, qu’elle n’aurait su débusquer à temps, certains sont passés maîtres dans l’art de la dissimulation. Mais demeure le principal, l’indubitable, l’incontestable, brune blonde rousse ou autre, elle est une vraie femme, un humain à part entière.

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Si les mots s’envolent est-ce que les écrits migrent ?

Il y a peu j’ai postulé pour intégrer un groupe, un groupe de blogueuses, des talentueuses cela va sans dire. J’ai été consciencieuse, je suis motivée, suivi la procédure, envoyé un mail, l’adresse de mon blog. J’ai attendu.

Attendu.

J’attends encore

Je n’attends plus

Je me suis fait une raison, j’ai deviné, je n’aurai pas de réponse, je ne suis pas assez girly, elles ne me répondront pas, elles sont trop busy.

Voilà c’est ainsi, tournons cette page n’en parlons plus.

Sauf que ça fait chier tous ces mots, ces mots et bien d’autres, ces mots qui se perdent dans les méandres du virtuel, ces mots que l’on choisit et pèse, des mots d’amour parfois, des mots sincères, que l’on ne sait plus graver dans le papier, plus inscrire dans le marbre, et qui s’envolent loin loin, loin des yeux loin du cœur, et s’échouent dans une sourde oreille. Et l’on se surprend à attendre, attendre et espérer le mythique et moqué « on vous rappellera », à rêver que le contact se reprenne, que la liaison cesse d’être brouillée. Et puis un jour on cesse d’attendre

Alors on efface, on part sans laisser d’adresse. Et puis on redevient je, un je qui décrète par bravade qu’elle est une princesse, une princesse de papier peut-être, une princesse de pacotille sans doute, mais une princesse qui ne compte pas pour des prunes

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Et j’ai encore lu des magazines …

Faut vraiment que j’arrête d’acheter des magazines. Chaque mois c’est pareil, je me crois forte, un coup de mou, une solitude qui s’attarde, qui pèse et vlan je plonge bille en tête la première dans un kiosque le plus proche. J’hésite, palpe, soupèse, compare, et repars avec UN magazine. Oui je suis je sais être raisonnable. Et puis je sais que l’addiction est en place, que le manque va à nouveau se saisir de mon corps, qu’il me va bien falloir lui mettre quelque chose sous la dent !

Donc j’ai cédé, à la tentation, et comme à chaque fois, commencé par tourner les pages d’un doigt virevoltant, parcourir les articles en diagonale,  m’attarder sur les plus légers, tout comme celui-ci

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essayent de nous vendre du rêve. Nos rêves non pas de prix, mais ce machin lui affiche le sien sans honte.

Un demi smic … annuel … pour une mini-valise XXL (sic) … J’ai beau chercher je ne vois personne dans mon entourage qui soit susceptible de pouvoir se l’offrir. Oui, il semblerait que je ne fréquente que de vrais gens, des qui comptent, calculent, font des choix et des sacrifices. Des comme moi, somme toute.

Et puis réfléchissez faut le voyage qui va avec, en business class, en route vers une destination de rêve, les palaces, etc etc

Alors moi aussi je vais prendre la fuite, pas très loin mais en première classe, en bonne compagnie, celle de mes copines, boire un verre, écouter de la musique, toutes ces petites choses rares qui me sont chères.

A chacun son sens du luxe …

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Ode à la ménopause

Tic Tac Tic Tac, vous le reconnaissez le cliché sonore de l’horloge biologique ? Vous la connaissez la menace du couperet appelé ménopause qui transforme une denrée sexuellement consommable en produit socialement périmé ? Vous éprouvez l’angoisse envahissante qui submerge par bouffées, rien qu’à l’idée de ne plus avoir à surveiller votre calendrier et votre réserve de tampons. Oui ? Pas encore ? Ça viendra … ou pas.

Parce que si nous y réfléchissons si ces idées noires polluent nos consciences, c’est bien qu’elles ont pris naissance dans l’inconscient collectif, domaine bien plus riche que nos féminins préférés, la lecture et l’écoute de nos pintades chéries.

Peut-être, sans doute, enfin c’est mon opinion, celle que je ne peux que vous expliciter, nous nous sommes victimes de notre féminisme, avons dévoyé nos idées égalitaires. Réfléchissez, reconnaissons que nous désirons comme eux, tout tout de suite, nous voulons et c’est légitime, réussir notre vie dans tous les domaines. Alors dans un premier temps, pour les chanceuses, nous nous lançons dans de longues études, puis notre carrière. L’enfant peut attendre, la grossesse peut être tardive. Et puis parfois, l’ovule se fait rare, l’ovaire paresseux, faut bien faire une croix sur la reproduction.

Alors que d’aucunes pleurent sur leurs corps de nullipares immaculés de toute conception, je vous apporte la preuve que si Dieu existe, il ne peut être que femme, et nul ne pourra donc s’étonner qu’un voile ait été jeté sur sa présence.

Oui, mes chères éplorées, séchez vos larmes et regardez, regardez ces mâles « mûrs » braves et téméraires, qui croissent et multiplient et alimentent nos caisses de retraite. Ils sourient à la vie, voulant ignorer combien elle sera courte et courbée sous le poids de leurs bambins.

Pauvres hommes, il n’est pas dans leur nature de savoir qu’il est déjà trop tard. Alors ils connaîtrons les joies concomitantes de la retraite et des crises de l’adolescence. La génitrice, toujours jeune s’en est enfuie vers de plus verts pâturages. Alors pour point de visite en maison de retraite pour les survivants, nulle visite, la progéniture a pris la fuite à l’autre bout du monde, un bout sans impôts, sans taxes, sans la sus-nommée caisse de retraite. Point de visite, pas de maison de retraite, ils n’en ont plus les moyens, leurs maigres ressources englouties par les frasques de la jeunesse et les pensions alimentaires.

Après un instant d’extase à la vision de cet héroïsme admirable, une petit ola, qui ne serait pas pour leur déplaire, il semblerait de bon aloi, pour nous les femmes, d’envisager une reconversion.

Cougar.

Non ce n’est pas péché.  C’est pour embrasser une bonne cause, pour laisser s’exprimer notre légendaire sens du sacrifice, que nous nous offrons corps et âme (surtout corps) dans cette belle aventure, pour éviter à ces messieurs , de bien plus jeunes que nous, d’encourir le risque d’une paternité précoce …

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Mes voisins

J’aime bien mes voisins, je ne les connais pas, mais je les aime bien. Nous nous croisons dans les escaliers, alors que je monte dans mon antre, prends de la hauteur, nous nous saluons, nous nous enquérons de notre santé, de notre humeur, par de très polis comment allez-vous. Oh bien sûr nous ne connaissons pas nos noms, nos prénoms encore moins, ils ont peur qu’on ne s’attache, que l’on s’habitue, que l’on fraternise, ils sont respectueux de mon intimité mes voisins. Il est des messages qu’il faut bien se faire passer entre voisins, des petits rappels à l’ordre, des « laissez libre le passage », des soirées qui se préparent, « excusez pour le raffut », qui se ressemblent s’assemblent et forment une mosaïque monochrome sur notre porte. Ce sont des artistes mes voisins. Quelques fois même, alors que je ploie sous le poids de mes paquets, grimpe mes quatre étages, poliment, certains me cèdent le passage. Et je me plais à croire que c’est pour mater mon cul. Ils sont charmants mes voisins.

Il en était deux que j’affectionnais, deux charmantes, deux souriantes, deux sœurs un peu perdues dans nos contrées, qui quelques fois m’interrogeaient sur nos codes, les subtilités de notre langage. Faut s’entraider entre femmes. Elles ont changé de paroisse, on déménagé pour des contrées plus sereines, lorsqu’elles ont découvert dans leur dico, que le mot niquer glissé à leur passage sur le chemin de l’église, n’était ni une invitation ni un joli mot. Ils sont sensibles mes voisins.

Elles ont cédé leur place à un jeune joli couple, qu’à nouveau j’affectionne, je prie les autres de m’en excuser, allez comprendre suis sensible au troisième étage. Le garçon, le beau gosse (ils sont beaux mes voisins), le néanmoins gros fumeur, le respectueux de son intérieur, de son atmosphère, de sa compagne (respectueux voire écolos mes voisins), n’hésite pas à fumer son paquet quotidien en une soirée, contre vents et marées, par beau ou mauvais temps, et même l’été (ils sont courageux mes voisins) sous la fenêtre ouverte de ma chambre. Je sens bien là, qu’il faut que nous parlions entre voisins …

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C’est pour ton bien

Elle commande des frites il prend du gratin. Elle commande des frites, elle est gourmande. Il prend du gratin parce que c’est sain. Évidemment dit-il, tu commandes des frites, prends donc de la salade, cela te fera du bien. J’aime les frites, dit-elle, je suis au restaurant, je suis ton invitée, et c’est moi qui commande, qui commande des frites, et ne t’impose rien.

La conversation s’éloigne de ces basses contingences, ils l’alimentent, elle se fait légère, agréable même, les plats arrivent, les plats sont servis, les frites sont pour madame (…), les plats sont  posés, ils leur font face. Ils regardent les frites, elle bêtement joyeuse, lui sérieusement inquisiteur. Elle poursuit la conversation, picore ses frites pour ponctuer ses phrases, elle est joyeuse. Il pilonne son assiette d’une fourchette rageuse, il achève son gratin, il a(vait) faim. Elle poursuit son monologue, il ne l’aide pas, elle est joyeuse. Il mate ses frites, elle sent poindre le danger. Il s’avance imperceptiblement, elle accélère sa logorrhée. Une main surgie d’on ne sait où, sans doute du bout de son bras, son bras à lui, fond sur son assiette, son assiette à elle, y fait disparaître une poignée de frites, ses frites à elle, et puis une autre, et une autre encore.

Elle regarde son assiette, à la recherche de ses frites, les quelques rescapées dissimulées dans leur maigre verdure. Elle était joyeuse elle est hébétée maintenant, c’est avec peine qu’elle marmonne, m’enfin, m’enfin si tu voulais des frites fallait t’en commander. Non, non, dit-il, non je ne voulais pas de frites, si je les ai mangées, c’est pour ton bien. Elle voudrait lui expliquer qu’en quelques gestes quelques mots le plaisir est retombé tel un soufflet concocté pour des invités mal-élevés, elle voudrait lui dire que ses frites ont perdu leur saveur et leur innocence, combien ses frites tout à coup sont amères, amères comme les larmes qu’elle retient. Elle se tait, sait ses rires, connait ses mots, ses ne soit pas ridicule, ses tu n’as donc pas d’humour, ses tu devrais me remercier. Elle se tait. Il est déjà trop tard.

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C’est par où les vacances ?

Et puis soudain on se souvient pourquoi les vacances c’était si bien, pourquoi on y était si heureuse, combien on avait raison de ne pas vouloir en revenir.

Quelques heures quelques heures seulement quelques heures ont  annihilé tous les bénéfices de ces jours de repos, ces jours festifs. Une matinée à cagole land, et déjà on sait, se souvient que le travail  faut le diluer, le consommer à dose infinitésimale, que le travail est nocif pour notre équilibre et notre santé, un nuit grave, surtaxé afin de pouvoir en soigner les conséquences et les effets.

Le mieux, bien sûr serait de l’interdire, ou d’abandonner cela à ceux qui aiment, qui quémandent du travail. Si, ça existe, et j’ai ouïe dire qu’ils se réunissent en un lieu Pôle Emploi …

Et puis souvenez-vous, moi je suis une princesse, une princesse ne devrait pas avoir à travailler, ou seulement pour ses bonnes œuvres, pour de bonnes causes. Alors moi ma bonne cause, je l’ai trouvée, et faudrait que je cède ma place aux nécessiteux. Mais avant la retraite hein, parce que sinon ça ne compte pas !…

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Lundi 2 septembre, avec cri(s) d’horreur et bonne résolution

Cet article, je vous l’écris alors que nous sommes encore dimanche soir, le soir maudit de toutes les angoisses, de la déprime hebdomadaire, de celle dont aimerait bien se départir, mais bon, il semblerait que l’on ne se remet jamais de ses traumatismes primaires. Car demain, si j’ai bien retenue ma leçon, nous serons lundi, mais pas n’importe quel lundi, car ce lundi est le dernier des vacances, pas les miennes, les miennes il me reste à les prendre, non celles de milliers, millions de personnes, et moi suis empathique et compatissante. Alors ce lundi veille de rentrée, le premier lundi de septembre, septembre ce mois de merde qui va donner naissance à l’automne et son cortège de feuilles mortes, signe le retour de la petite laine, des chaussettes dans lesquelles notre moral s’en viendra hiberner, etc etc etc … Suis bonne je vous épargne, vous laisse les suspensions à remplir au grès de vos spleens personnels.

Donc pour en revenir à moi, sans doute le sujet que je maîtrise le mieux, ou tout au moins le moins mal, moi j’ai pris une décision : ce jour funeste et à nul autre pareil,  (comme ils le sont tous, mais bon, nous n’allons pas chipoter), sera celui des grandes résolutions !

J’ai décidé, décidé qu’il n’était pas sage de remettre à demain ce que l’on peut faire aujourd’hui, d’abandonner cette charge à un 1er janvier, jour de froidure, crise de foie et gueule de bois, j’ai décidé que … JE SUIS UNE PRINCESSE !

VOILÀ !

Ceci est certes une vocation tardive, une prise de conscience sur le tard, mais je me suis beaucoup cherchée, et parfois perdue, mais il semblerait qu’il ne soit jamais trop tard. Alors, je suis une princesse. Enfin, pour le moment je fais mes classes ; ce n’est pas facile de sortir de sa roture, faut reconnaître que sans avoir été baptisée dans le caniveau, je n’en reviens pas moins de loin.

Mais aujourd’hui c’est décidé, je suis une princesse, je suis une princesse, je me le récite comme un mantra, je suis une princesse, je suis une princesse et si un fâcheux en vient à piétiner mes chaussures de vair … qu’on lui coupe la tête, qu’on lui coupe …

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Et puis j’ai lu « La servante du Seigneur » de Jean-Louis Fournier

Ponctuellement je vous parle de mes lectures, enfin de celles qui m’ont plu, ou pas, mais toujours émue et troublée. Il en va toujours ainsi des livres de Jean-Louis Fournier, pour lequel j’éprouve une grande tendresse, qu’il m’en excuse mais c’est ainsi et assurément il n’en demande pas autant de ses lecteurs. Parce que les livres de Jean-Louis Fournier regorgent de tendresse, c’est avec élégance, l’élégance du désespoir, celle de Desproges et de Reiser, ses frères d’humour, noir, et de lucidité.

Parce que si, comme cette fois encore, le sujet est grave, nul atermoiement, si l’homme souffre, l’écrivain se joue de lui même et des mots.

Dans « La servante du Seigneur », il est question de la fille de Jean-Louis Fournier, qui après avoir un temps envisagé d’embrasser la carrière de religieuse, a décidé qu’elle serait sainte. Rien de moins, rien d’autre, comme d’autres se rêvent pompier ou docteur, Marie se prépare à sa future sainteté. Amusant n’est-ce pas, lorsque ce vœu pieux émane d’un enfant de quatre ans, seulement voilà Marie elle en a quarante.

Alors Jean-Louis Fournier nous raconte la belle jeune femme de naguère, sa fille joyeuse et heureuse qu’il croyait connaître, la femme solaire, talentueuse illustratrice, sa cadette et dorénavant unique enfant, qu’à son tour il a perdu.

Parce que Marie a fait la rencontre, celle qui fait basculer une vie, celle qui a donné sens à sa vie, celle à laquelle elle s’est préparée, celle de Monseigneur, un gourou dont elle est l’unique adepte.

C’est drôle, et c’est cruel, on se réjouit, et grince, on rit et s’interroge, car on ne peut que se demander si Marie va lire cet ouvrage, comment elle va le recevoir, si elle va le percevoir comme une main tendue ou une gifle … et puis l’on sait, parce que les cinq dernières pages ont été écrites par Marie, elles sont son droit de réponse, sans lequel ce livre n’aurait pu paraître, le point final, que l’on aurait pu rêver, mais que l’on savait ne pouvoir être autre.

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