Avec le temps

Les temps changent, la météo est capricieuse, ma grenouille est percluse d’arthrose, c’était mon dernier jour de soleil.

Alors moi suis opportuniste j’ai pris mes cliques et mes claques, mes lunettes noires et ma tablette la fuite et une copine et m’en suis allée. M’en suis allée au devant du soleil et l’imagination folle et débordante des doux fous de Generic Vapeur.

20130514-221118.jpg

Parce que ma ville ma Marseille est en fête, parce qu’entre réjouissance et déception cette année capitale de la culture nous fait des clins d’œil plus ou moins appuyés, plus ou moins aguichants, plus ou moins séduisants, parce que je ne suis qu’une faible femme, qui ne demande qu’à succomber, je m’en suis allée me jeter dans des bras rouillés aux articulations

20130514-221725.jpg

Me perdre dans des labyrinthes ludiques, écarquiller les yeux dans les moindres recoins

20130514-221926.jpg

Et puis je m’en suis retournée d’un pas rapide et joyeux, sur un chemin de traverse maritime et lumineux, le corps léger le cœur vaillant, et pensais advienne que pourra

20130514-223053.jpg

Publicités

La tête dans la culture

41cc96665dbd11e2bb8a22000a1f97fc_6

Ça y est, nous y sommes, elle a débuté en musique, en une immense clameur, brillant de mille feux, et parfois d’artifices, elle a débuté notre année de la culture.

Rassurée que les Marseillais aient massivement répondu à l’appel, que la fête se soit passée dans un esprit convivial et bon enfant, heureuse que le respect ait été de mise, et que pour une fois personne n’ait eu à faire retentir les kalachnikov pour faire la une des éditions nationale.

Une soirée d’ouverture à courir d’un lieu à un autre, d’un groupe à un autre, à sauter les poussettes, éviter les pressions de la foule, se montrer rusé, faire jouer sa connaissance du centre ville, et fuir, loin, enfin à quelques stations de métro, au Silo.

1b4c92585dbc11e2a58222000a1fb810_6

Et là, prolonger la soirée, se laisser porter par les notes aériennes, envelopper par la grâce et l’élégance du jazz, la suavité des voix des chanteuses, puis repartir, à pied, pour goûter à l’inespérée douceur de la nuit.

Donc, vous comprendrez qu’aujourd’hui, entre nuit musicale, et visite du MUCEM, j’ai quelque peu la tête dans la culture …

Solitude nocturne

Ce soir je vous écris. Je suis seule. Seule avec mon chat, et ce soir j’aime ça être seule dans mon appartement vide.

Je me mets à la fenêtre. Les passants exsangues après une journée entre boulot et soldes ont déserté ma rue. A travers des vitres je devine des voisins qui regardent la télé, vaquent à des occupations anodines. Ainsi va la vie, des vies sans grande importance, des vies qui nous sont chères, parce que ce sont les nôtres.

Demain la ville va s’enflammer, Marseille va faire la fête folle et effervescente. Marseille retient son souffle, Marseille est prête.

Ce soir je vous écris, et maintenant c’est la nuit. Je suis seule, je suis heureuse. J’attends

03db72f05aa211e2aa5e22000a1f96ec_6

En travaux !

IMG_2129

Ma ville, ma Marseille, se fait une beauté, et n’en a pas terminé avec ses chaussées défoncées, ses tracto-pelles garés en double file, ses gilets jaunes devenus uniformes urbains. Marseille râle, les marseillais pestent, veulent revoir leur port, marcher le long de la mer, retrouver leur liberté de circuler. Et voilà, c’est fait et tous s’extasient.

Marseille rit, les marseillais se gaussent des fatals retards méridionaux, des étrangers du nord qui ont découvert que dans le sud l’été il fait chaud, et que oups ils ont oublié la clim, et que l’ouverture ne se fera qu’à l’automne, des grands couillons grands messieurs à qui nul n’a fait de cadeau, certains attendant assurément qu’ils quémandent l’aide et l’expertise des locaux, ou pire le vautrage … Qui ne peut avoir lieu, car nul ne laissera Marseille, sa ville s’humilier, tous sont prêts à reprendre le flambeau, et relever le défi.
Marseille, ma ville, exsangue, pauvre, aux impôts croissants, à l’équilibre instable, mais Marseille prête pour la fête de la culture et de la rue, se donner et nous donne rendez-vous dès demain, dès le 12 janvier !

Ce que j’aime dans la fête, c’est avant

J’aime la fête, y assister, y participer, la faire, mais plus encore ce que j’aime ce sont les préparatifs, les préliminaires, la mise en place du décor, la montée du plaisir.

Ce soir je me suis promenée dans Marseille qui s’habille de paillettes et de couleurs par ci par là, de manière qui me semble aléatoire selon un plan bien défini.

Des grues laborieuses, des techniciens qui s’affairent, des bâches qui se déploient, des promesses de féérie. Tous semblent dans les temps, tous semblent empressés, pressés d’en terminer, au milieu d’une foule indifférente, affairée à ses achats.

Etrange spectacle, drôle de ballet en deux dimensions, deux mondes qui se s’ignorent et ne se croisent, sans se voir sans se heurter.

Suis-je la seule à les voir, suis-je le médium de ces deux sphères parallèles, à en goûter leur énergie.

Je leur ai fixé rendez-vous, à demain, à la même heure, à quelques heures de la levée du rideau.

J’attends, je prends mon temps, je suis prête, j’attends samedi avec délectation.

IMG_0780

Changement de point de vue

Je rentrais ce soir les bras chargés de mes encombrants achats de juré craché, enfin je vais essayer alors j’ai rien dit, mon premier et dernier jour de soldes. Je rentrais donc du boulot, après une journée sans répit et bien fatigante, où la pause repas c’était transformée en douce folie acheteuse, et que je redescendais sur ça

IMG_0777

Ça, demeurera une énigme pour les non Marseillaises. Ça c’est la façade du Palais de la Bourse, actuelle Chambre du Commerce et de l’Industrie, habillée d’un immense trompe-l’œil, écho de la grande artère qu’il reproduit en perpendiculaire. L’effet est surprenant, sidérant. Vous n’avez pas compris, c’est bien dommage. Pour être plus claire, ou de le tenter, lorsque vous arrivez de la rue Saint Ferréol, St Fé pour les initiés, vous pensez venir du Vieux Port … Vous devinez maintenant l’étrangeté ?

Bref, les bras ont failli m’en tomber, ce qui avouez eu été dommage, vu les petits trésors qu’ils recélaient. Et de me souvenir que dans la vie y a pas que les fringues, que tout cela n’est que futilité, que le plaisir ne passe pas qu’au travers de la peau, mais peut jaillir d’un simple regard