Il est des jours qui vous rasent le pompon !

Il est des jours comme ça, des jours comme hier, un jour de merde, qui vous semblent durer une éternité en enfer. Une journée où dès le levé vous regrettez de ne pas l’avoir posée en ARTT, une journée qui se devrait d’être grasse matinée, mais que bon l’appel de la pitance qui ne se trouve pas sous le sabot d’un cheval, et qu’il vous faut y aller. Oui mais pas tout de suite, bien que vous soyez prête et miraculeusement à l’heure, mais il pleut fort, et gronde l’orage … à moins que ce ne soit l’ado qui ronfle. Vous en profitez pour nourrir le chat qui vous harcèle, lui ouvrez une boîte. Enfin tentez, la languette vous reste entre les doigts, la conserve vous nargue, hermétiquement close. L’ouvre-boîte ne vous est d’aucune aide, vous le saviez, mais fallait essayer, avant d’attaquer la boîte au marteau et au tournevis …

Vous vous décidez à quitter le domicile qui décidément recèle bien des dangers, à affronter l’averse à l’abri sous votre parapluie pour anorexique, alors que vous n’en êtes qu’à votre première semaine de régime … Et arrivez donc au boulot, trempée jusqu’à mi-cuisses, pataugeant dans vos baskets (vous n’aviez pas remarquée la flaque devant le passage clouté).

Mais maintenant, bien à l’abri, vous allumez le chauffage, et vous avez quelques heures pour vous sécher. Votre téléphone sonne, vous êtes appelée à un autre étage, où vous attendent des informations à traiter. En urgence. Enfin dès que votre interlocutrice aura en sa possession l’autre partie des renseignements (qui, quand, où et autres babioles), dans la matinée bien sûr, dans la journée peut-être, enfin tenez vous prête … Retour à votre poste, et remarquez que la moitié des vos petits camarades se sont fait porter pâles, que leurs téléphones sonnent, assourdissant le vide, alors que le vôtre demeure obstinément muet. Et là les quelques rescapées de cette épidémie nommée pont sauvage du 1er mai, vont se relayer dans votre bureau, y boire leur café, commenter les infos, la médiocrité de leurs vies, et la météo.

La pluie s’abat sur vos vitres, les téléphones s’acharnent à sonner. Pas le vôtre.

C’est l’heure du déjeuner. Vous avez le choix entre la deuxième mort de stew boy un hachis parmentier que vous ne pouvez vous résoudre à manger et une boisson protéinée, avalez la seconde. Les téléphones continuent à sonner, et les commérages à bruisser, et vous avez faim.

Il est 16 heures, le soleil fait son apparition, vous vous dites que c’est gagné, éteignez le chauffage. Vous vous découvrez sèche, la morosité vous quitte, les couloirs se sont tus, c’est l’heure du départ.

Vous êtes dans la rue, décidez de flâner, le ciel s’est couvert, vous changez d’idée. Vous pressez le pas, mais pas assez vite, le ciel se déverse sur vous, vous sans parapluie, oublié dans votre bureau.

Vous arrivez chez vous, mouillée et pas jusqu’au milieu des cuisses, montez vos quatre étages, poussez votre porte, pénétrez dans l’appartement déserté par l’ado, fenêtres grandes ouvertes. Vous épongez. Le chat fait la gueule. La boîte, il n’a pas aimé, pas plus que votre absence, il vous l’a signifié en déposant une crotte molle devant votre chambre.

AAAAAAAAAAAAAAHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

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Vous vous délestez de vos fringues, faites tourner une machine, prenez une douche chaude, n’avez plus qu’un désir, votre couette. Un téléphone sonne, c’est étrange, c’est le vôtre, hésitez, vous résignez à répondre allo … j’arriveeeeeee.

Habillée, maquillée, souriante vous vous précipitez vers votre pub préféré, où des amis attablés vous attendent. La nuit sera courte, la nuit est à vous, et vous en allez expérimenter que les emmerdes sont solubles dans la bière et l’amitié. CQFD.

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Le chat est un mystère à moustache

Désolées les mémères à chachats dont je me plairais à grossir les rangs, une maille à l’envers une maille à l’endroit, mon chat est chiant. C’est un fait, c’est comme çà.

Certe il a cessé de me labourer les pieds à grands coups de griffes acérées. Non maintenant c’est à mes mains qu’il s’en prend, pour un mouvement brusque pour croiser les jambes, me saisir d’une tasse de thé, une caresse qui se fait attendre, il se venge, me appelle à l’ordre, m’y soumet.

Aux miens il a rapidement cessé de répondre. Ainsi qu’à mes appels, à celui de son nom.

Dans ma maison, devenue la sienne, il fait régner sa loi. Dorénavant j’habite chez mon chat. Elle est son domaine, il est le roi, le maître de céans. Seule ma chambre lui demeure interdite. Deux mâles ne peuvent y cohabiter, il me fallut choisir. Et mon choix ne semble pas lui agréer, telle que la crotte qu’il a déposée en ostensible preuve de sa désapprobation a su en témoigné il y a peu encore. La représaille a disparu en un tour de main et en silence. La mienne fut terrible : des heures durant j’ai ignoré l’infâme, devenu objet dans mon décor. Oui, je sais je suis cruelle, et nous avons souffert, lui boudeur et renfrognée moi enfermée dans ma dignité offensée. Chacun dans notre coin et dans bulle de mauvaise humeur, à ranger à me déplacer trop rapide et désordonnée pour qu’il puisse m’approcher. Durant des heures. Enfin deux. Ou presque. J’ai bien fini par devoir m’assoir, il a sauté sur mes genoux, a ronronné, j’ai cédé je ne peux pas résister à ce doux bruit qui fait frémir jusqu’au cœur. Je suis faible. Je le reconnais.

Parfois cependant je dois vous l’avouer, suis excédée, son regard planté dans le mien, ses griffes dans ma peau, et affleurent dans ma tête des idées noires, de vengeance, de mesure de rétorsion qui pourraient résoudre nos difficultés relationnelles : lui faire couper les c…

Cela confirme mon naturel cruel, dont je vous avez déjà parlé ci-dessus. Mais je suis humaine aussi, et n’arrive pas à passer le pas du vétérinaire.

Il n’est cependant pas dit qu’un jour je n’en vienne à lui tailler les moustaches à mon petit Hitler velu. Parce que hein, je vous le rappelle je suis cruelle, mais rassurez-vous lâche aussi. Et puis il ronronne si bien …

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