Photo#2 : pissenlit au balcon …

dans un instant

bientôt

la soirée va commencer
annonciatrice de la douceur
de la nuit

Ouvrir la fenêtre
faire entrer la douceur
prémisse de la fraîcheur tant attendue

Et je la vois
la découvre
là en plein mi temps
misérable petite herbe
pissenlit
égaré
sous la rambarde de mon quatrième citadin

Comment dire

Et bien
voilà
il me faudrait sans doute
l’arracher
mais
elle m’émeut cette courageuse
enracinée
envers et contre
nature
cette courageuse
cette idiote
cette égarée

Alors
moi
qui envisageait
d’acheter
une plante grasse
au marché du samedi

Je la tiens ma plante
de compagnie
une unique
à nulle autre pareille
une atypique
une bizarroïde
une résistante
inutile
et dérisoire

qui va se fourrer
dans des situations
improbables

qui me fait songer
me rappelle

que
bon
quoi
d’accord

je me comprends

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Photo#1 : Cette semaine, j’ai décidé

de publier
au quotidien
une photo
le plus souvent avec texte
enfin
ça
nous verrons
bien
pour illustrer
ma journée
sa couleur
son humeur
sa tonalité
Et je commence aujourd’hui
sur un petit air
de coquillages
emprisonnés
liés
entre eux
par une ficelle
sèche
brunie
effilochée
usée
remués
s’entrechoquant
doucement
chantant une douce mélodie
pleine de creux
et de dentelles
Une petite musique
sur fond de vacances
et de méditerranée
qui va nous accompagner
une semaine durant

Madame pétasse

a du pouvoir
madame pétasse
le fait savoir
madame pétasse
hurle
éructe
menace
outre-passe
tape
frappe
la table
de son impuissance
à se faire entendre
écouter
respecter
obéir
madame
ment
madame
triche
madame pétasse
est mère
madame pétasse
est reine mère
elle se redresse
à petits coups saccadés de fesses
de son cul rabougri
sur son fauteuil
au tissage de scoubidou
le maillage crisse
madame pétasse
reprend
son souffle
sa diatribe
madame pétasse crie
sa haine
menace
jubile
sa babine
se soulève
frémissante
la narine
fait de même
une canine se dévoile
le visage asymétrique
de la haine 
à l’état impur
qui salit 
humilie 
salit 
tout ce qui l’approche 
L’enfant
adolescente
se tasse
affolée
effrayée
a-t-elle peur
ou honte
un mélange brouillé 
brouillard sur fond de douleur
et puis ma lâcheté
mes j’aurais dû
me lever
 intervenir
je n’ai pu que la soutenir
de ce regard
qu’elle a croisé
en quête d’un soutien
que je n’ai pas détourné
j’étais témoin
que ça existait
que c’est réel
quelle n’est pas seule
dans l’indifférence
que cette colère
ne peut l’engloutir
car elle existe
elle
que d’autres la voient
être maltraitrée
niée
mais être
et que 
moi 
je sais
qu’il y a un après 
qu’il lui faut résister 
garder son intégrité 
son humanité 
qu’elle est forte
que la peur est du côté de madame pétasse
peur de la solitude
du temps qui passe
du monstre
qu’elle abrite
la ronge
la domine
qu’un jour 
elle va trouver 
la force de se lever 
et partir 
que sa vie 
que je lis si intense dans ses yeux
est patiente 
et l’attend
ailleurs 
et que pas toujours 
pas tout le temps 
mais promis 
ça va être bien 
Et puis
elles se sont levées 
sont parties
ont disparu
et la nuit est tombée

Balade dominicale

Chaud
il fait chaud
ce n’est pas que je m’en plaigne
je connais ma chance
c’est mon luxe
mon plaisir
ma madeleine

Les plages sont grouillantes
d’enfants excités
de parents énervés
le sable a disparu
sous les serviettes

La mer battue
par le mistral
des jours durant
est elle trop froide
pour ma petite nature

Alors
je fuis
bouteille d’eau
et appareil photo
dans le sac
explorer les rues et les places
calmes
en frôlant les murs
à l’ombre des maisons

Je flâne
je muse
zigzague
de découverte en découverte
nez en l’air

Et puis
une placette
quelques tables
des parasols

Comment résister à la tentation ?

Je m’installe
commande une orange pressée
avec plein de glaçons

Je sors mon livre
un policier
d’un écrivain d’Europe du nord
un qui rafraîchit
à ne lire que l’été

Le temps passe

Je veux le prolonger

Opte pour un café

M’adonne à la rêverie

Mon téléphone retentit

Je décroche
parle doucement
pour ne pas rompre l’harmonie

Je souris

Viens
Je t’attends

 

De l’effet magique d’un verre en bonne compagnie

Sortir 
fuir 
du boulot 
en fin de journée 
exténuée 
Les yeux 
brûlés 
par les écrans 
la tête vidée 
et pleine 
à la fois 
Et puis une petite voix 
chante
allez 
viens 
on va se boire un verre 
entre filles 
rien que nous deux 
parler d’autres choses 
des choses drôles et graves 
mais avec légèreté
C’est l’été 
le bitume nous renvoie 
la chaleur 
emmagasinée 
durant la journée 
Nous avions oublié
isolées 
dans l’anonymat aseptisé 
climatisé
de nos bureaux
Nous nous installons
en terrasse
en bord de mer
Commandons
Le garçon a abandonné 
nos boissons 
devant nous
et disparu
Nous trinquons
« à nous et à ceux qui nous aiment 
et que nous aimons »
trempons nos lèvres
Première gorgée
Premier rire
Nous revenons à la vie
Et lève mon verre
vous souhaite un doux week-end !

Le soir où

je me suis retrouvée
à faire la conversation
à un chaton
qui,
lui,
(tellement rare, qu’il me faut le signaler)
m’écoutait
semblait
fasciné
buvait mes paroles
ne me quittait pas des yeux

Et de lui raconter
la raison de cette révolution
dans sa vie
que toute la violence
qui lui était faite
l’arrachement
le désenracinement
allait déboucher sur
du bon
du beau
du chaleureux
que nous allions faire connaissance
peu à peu
qu’il m’apportera sa douceur
je lui prodiguerai mes caresses

que tout allait bien se passer
qu’il ne pouvait en être autrement
que cette maison était sienne
que je l’invitais à partir
à sa découverte
son exploration
son appropriation

Et puis
tout à coup
je me suis vue
ridicule
gaga
bêtifiante
parlant seule
ou presque
et pas mieux
à une bestiole
qui tient dans ma main

Honteuse
mais rassurée
que nul n’ai pu me surprendre
être témoin de mon humiliation
consciente
du péril
en la demeurée
qui en cet instant me guette
j’ai repris mon livre
lui caressant la tête
alors qu’il reposait paisible
ronronnant
sur mes genoux

Comme un ouragan …

Parfois
me saisit
une bourrasque de rangement.
Pas souvent je vous rassure
ce n’est absolument pas dans ma nature.
Ma catégorie à moi serait plutôt
bohème mâtinée de bordélique
mais jamais
j’en tire fierté
nobody ne m’a taxée
d’obsessionnelle
J’ai un peu honte à l’avouer
mais j’en suis
somme toute
fière.

Cette anomalie
cette absurdité
m’est tombée dessus.
Une crise ?
Une prise de conscience soudaine?

Bref des trousses
qui débordaient …
Cela ne pouvait plus durer (quoique …)!

Bon,
en salle de bain
mon capharnaum
est rangé
par boîtes
trousses
casiers
tiroirs ;
crayons
crèmes
médocs
fards

Ce que j’appelle mon bordel organisé.

Après ce qui se passe à l’intérieur des contenants …
est une toute autre histoire …
Des poudres
des produits
qui se languissent
oubliés
négligés
abandonnés.
Mais pourquoi les ai-je achetés ?
Etait-ce un jour de désespoir ?
Sous l’influence
d’une amie
d’un magazine
d’un désespoir ?

Et puis je me souviens
qu’ils étaient biens
beaux
bons.
Vérifie la date :
encore consommable
je le remets en circulation
sur l’étagère
sous mes yeux
au quotidien.
Périmé
j’hésite
ce n’est pas sérieux
mais un soudain et violent retour d’affection
me tourne-boule
Putain !
Comment ai-je pu faire une chose pareille
passer à côté
de l’opportunité
de sauver ma peau
briller de milles feux
bref
d’être la plus belle ?
Mais que deviendrait la société de consommation
sans nous les femmes
je vous le demande.
La femme du XXIème siècle lutte sur deux fronts :
du féminisme
et de la crise économique.
Tempête sous un crâne
âme en peine
cœur en lambeaux
je nourrie la poubelle
et ma culpabilité.

Ce jeudi
c’est à ma boîte aux merveilles
ongulaires
que je me suis attaquée.
Oui, une boîte
seulement,
ce qui doit faire sourire nombreuses parmi vous.
MAis pour une personne
qui avoue
ne se vernir
qu’exceptionnellement
et d’être très classique dans le choix des coloris,
du rouge uniquement
ce qui se révèle largement suffisant
vu le nombre de nuances
du carmin à l’aubergine
que dissimule mon tiroir à secrets !

Non, mais oh
c’est qu’il y en a la-dedans !

Et de tomber sur une merveille
un orangé
juste ce qu’il faut
un MAVALA
mes préférés
un si séduisant
qu’il m’a fallu
l’offrir
à des admiratrices
des amies
des femmes de goût
qui a disparu
n’est plus référencé
qui me laisse des regrets
dans le fond de la bouteille
que je vais puiser
longuement
patiemment
vissant
dévissant
étalant
recommençant

Pourquoi
pourquoi
en est-il toujours ainsi
pourquoi
est-ce toujours
les meilleurs
qui disparaissent les premiers ?

MAVALA
toi que j’aime
rends moi mon Juicy

Avouez
qu’il est beau !!!!

DARTY entre points de suspension et de rupture

Vous le voyez  
ce petit signal rouge ? 
Ce E11 
qui ma nargue 
et me signale 
qu’il est inutile 
d’insister 
et qu’il est temps
de ressortir 
bassine 
 lessive 
à la main  
très prochainement 
abîmée
… 
en attendant l’arrivée 
l’intervention 
de Zorro/DARTY 
Parce que 
l’histoire
je peux vous 
la raconter 
je l’ai déjà vécue 
à maintes et maintes reprises : 
« Service après-vente DARTY
que puis-je pour vous ? »
« Bonjour, c’est encore moi
vous vous souvenez ? 
C’est moi 
l’heureuse propriétaire
de la machine à laver/sèche linge HOOVER
VHD 
silencieuse
puissante
grosse contenance
économique
et ENCORE EN PANNE !!!!
Elle demeure calme 
la petite dame
elle est si loin
et payée pour ça 
garder son calme 
gérer 
l’hystérie et les hystériques 
répondre par des phrases types 
qui s’inscrivent 
sur son petit écran
(oui, je sais, cela me fait du bien de tout imaginer petit, mesquin, moche !)
et sans se départir de sa toute commerciale indifférence
fixe un rendez-vous
Soit un jour
mais pas d’heure …
Adieu ARTT !
Oui, parce qu’aucune autre solution
que de poser un jour de congés 
et attendre
attendre
attendre
Zorro 
qui a mal vieilli 
est invariablement de mauvaise humeur 
et impuissant 
face à mon problème 
Re RV
Re ARTT
Re attente
….
de Chapi Chapo
tout aussi bougons 
qui embarquent la machine
direction les ateliers
de réparation
sans omettre 
de répandre 
l’eau résiduelle 
tout au long de leur chemin 
soit mon appartement
chambre
salon
escaliers !
Maintenant 
commence l’attente 
aléatoire 
le passage 
de l’expert 
l’arrivage des pièces 
la réparation
enfin 
Coup de téléphone
rendez-vous 
ARTT
Chapi Chapo
qui s’échappent
me laissant
la machine
en plan
en kit
à remettre en place 
installer
brancher 
justifiant ainsi
mon jour 
de récupération 
et je ne vous raconte même pas
quoique si finalement
 le jour
la machine
est partie
pour le monde magique de DARTY
avec tout le linge 
incarcéré
et qu’il a fallu aller 
récupérer
dans un quartier lointain 
(Adieu ARTT !)
Alors 
oui
je suis en colère
très
très en colère
à répétition
régulière
contre HOOVER
qui refuse de reconnaître
que ce modèle 
a un problème
récurrent 
impossible à résoudre
Mais surtout
surtout
contre DARTY
avec lequel
j’ai souscrit
un CONTRAT DE CONFIANCE
unilatéral

pour qui 
mon temps
de repos
de loisir
de plaisir 
n’a aucune valeur
et que d’ores et déjà
j’attends
attends
attends 
… 

Méa culpa, j’ai, encore, fait les soldes

comme tout le monde
et me suis offert
ce qu’en temps normal
lorsque les prix battent
des records
surtout pour certaines marques
ne peut que me faire rêver

Princesse Tam-Tam
fait partie
des boutiques
dont je peux vous réciter
par cœur
les modèles de la saison
la gamme des tarifs

Ce que j’adore
chez eux
ce sont les formes simples
les découpes justes
et les coloris de folie

Cette année encore
et pour la deuxième saison
ce sont les bleus
francs
qui se marient à merveille
avec la pâleur
de ma peau
qui me font ronronner

Et puis je m’arrête
sur les ocres jaunes

dans l’éventualité
où cet été
j’en arrive à bronzer
Et puis il y les beige
nacrés
pour être plus nue
que nue

Mettre 100 euros
dans quelques grammes de tissu
sur lesquels notre main peut se refermer
et les faire disparaître
sans qu’une armature
n’en vienne à la blesser

n’est pas raisonnable

Mais en soldes
tout devient possible
et j’ai passé
le cap
je me suis fait ce cadeau

Ce qu’il y a de magique avec de beaux sous-vêtements
c’est leur pouvoir
à nous transformer
à nous sublimer
tout en conservant leur invisibilité

On les revêt
nos seins s’y nichent
nos hanches et nos fesses
s’arrondissent
retrouvent leur fierté

Et le claquement de l’élastique
sur la peau
cèle un accord secret
il est temps
que nos robes
les recouvrent
et s’abandonnent à leurs caresses

Et nous savons que la journée
que nous allons affronter
ne peut que s’incliner
et nous offrir un joli décor
à un si beau costume

Car
nous sommes femmes
et ces jours-là
plus encore

NE PAS OUBLIER

… qu’il ne faut
jamais
JAMAIS
prendre le métro
à l’heure des retours de plages !

… soit entre 17h 30 et  18h

Vous entrez dans la rame
et êtes assaillie
par les odeurs
d’huiles
solaires
de pains bagnas
de pétrole
rancies par la chaleur
sur fond d’iode et de sueur

L’animation musicale est assurée
par un DJ des quartiers
aux goûts musicaux que vous ne sauriez discuter,
vous avez appris à être prudente,
prodigué par son téléphone portable

et puis les cris des enfants fatigués
des bébés déshydratés
étouffés par des sucettes enfoncées jusqu’au fond des gosiers
par des mères exténuées
débraillées
ensablées
hurlantes

« mais putain, il est où
ton père ! »

Il se cache,
dans le meilleur des cas,
dans un coin
souhaiterait s’y faire oublier
rêve à une autre vie où il serait
célibaraire
s’enfilerait des bières
en jouant à la contrée
matant,
dissimulé derrière ses Ray-Ban miroir,
celui pailleté des cagoles guoguettantes

Votre arrêt se profile
manque de pot
le leur aussi

Les poussettes vrombissent
dans les starting-blocks
Les portes s’ouvrent ,
transformation en chars d’assaut !

La lutte pour votre survie peut
doit commencer

Pour cela il vous faudra :
déjouer l’attaque de la glacière
des sacs, du parasol
esquiver le coude et
la bidoche branlante du bidochon

Le marmot
lui pas vu
bien pris
sur le tibia
tombé au champs d’honneur
blessé léger
sans indemnité
ni excuse
ni pardon
pas le temps
trop pressé
l’émission à la télé va commencer

Vous avez maintenant
là inscrit sur votre peau
un hémathome
excellent moyen mnémotechnique
pour vous rappeller
qu’il ne faut jamais
JAMAIS
prendre le métro
à l’heure des retours de plage !