Poil au pudibond !

Nous vivons une époque formidable, formidable pour nous les femmes libérées. N’allez pas croire que je vais vous parler de nos droits, de nos acquis si chers payés et en dangers, non j’ai décidé d’être légère et futile pour vous plaire et demeurer dans l’air du temps … bref d’être femme jusqu’au bout des phanères et de parler poil.

Parce que oui j’insiste nous vivons une époque formidable et étrange où le corps s’étale sur les pages et les unes des magazines, le nombril s’expose quel que soit le ventron, la naissance des fesses s’échappe des jeans et des shorts très très short, le nichon s’exhibe à tout bout de champs, tout coin de rue de toile de balcon pimpant voire siliconé  triomphant sans détour, où la chair même triste ne fait plus bondir personne sauf les grenouilles de bénitiers et pudibonds de toute confession, les barbus, les tonsurés, et les culs coincés de tout poil.

Une époque formidable, où nos muqueuses ne recèlent plus aucun mystère, mais le poil, le poil fait frémir jusqu’au bobo, celui-là même qui se rallie au cri de guerre « tous à poil » contre Copé, en pousse un d’effroi au moindre duvet.

Une époque formidable où les femmes se rêvent princesse et se transforment en sirène, tête de proue opulente, buste velouté triomphant, le bas glabre d’une morue. Continent noir victime de la déforestation, morpion en voie d’extinction, c’est un drame qui se joue de nos corps.

N’allez pas croire pour autant, que toute grande gueule que je sois j’ose braver l’interdit, passe mon temps à écouter mon poil pousser, arbore le plus seyant tablier de pompier, je n’en ai ni l’envie, ni la prétention ni l’argument pilaire, et ce qui se passe dans ma culotte est par définition intime. Mais comprenez que j’ai quelque difficulté à comprendre comment on peut en toute intelligence accepter de subir la torture de la cire chaude, l’humiliation de la position spécial proctologue, qu’aucune femme n’aurait cru devoir connaître, pour au final se réjouir d’accorder l’asile à la moustache d’Hitler sur son pubis.

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Alors oui, on vit une époque formidable, mais dites on pourrait pas passer à la suivante, une plus tolérante, plus fantaisiste, moins coincée du bulbe ?

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Une colère comme un gravillon dans ma chaussette

Fermer les portes, résister à la folle envie de les claquer en un puéril coup de pied dans la fourmilière

Fermer et en finir avec la contre nature, la contre notre nature, la chatière que l’on avait vue s’agrandir au fil des années, s’était promis laisser ouverte, celle qui était sacrée que l’on avait promis, c’était juré de toujours laisser ouverte quoi qu’il advienne, peu importent les chagrins et les conséquences

Fermer la porte comme on ferme sa gueule, la claquer comme on claque un beignet.

Voilà c’est fait

Et vient l’instant de s’immobiliser, vide, à bout  de colère et de larmes, vide, de soi et écouter, écouter les plaintes sourdes des fondations ébranlées, des murs essoufflés. Et puis fermer les yeux, inspirer, lentement, lentement, et apaiser son corps jusqu’à l’esquisse du sourire.

Alors on quitte la pièce, la maison et sa malédiction, ferme la porte, à clé, à double tour, met la clé dans la poche et la poche sous le paillasson, se relève et inspire profondément

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Les 10 raisons qui font qu’il serait bon que mon célibat dure éternellement

Le célibat c’est bien, le célibat c’est bon, j’en jouis et en profite … mais, hélas, comme toutes bonnes choses cela n’a qu’un temps … qui peut s’avérer dans certains cas, quelques irréductibles plus ou moins long, voire éternel. Oui parce qu’au fil des jours je m’habitue et m’attache, à ma liberté, ma solitude, et envisage de me résigner à … un futur des plus réjouissants (méthode Coué !).

Bien sûr le chemin est long, la chair est faible, un tantinet tentée de temps en temps par un beau bougre en goguette qui guette à chaque coin de ma rue, en embuscade pour me faire succomber (quoi pas vous ?), une foule de prétendants (non, toujours pas ?) avec quelques princes charmants tout sourire et bouquet de violettes ET de pivoines et toute option (collant, diadème, décolleté à la Mike Brant …). Bien sûr, c’est évident, à moi cela m’arrive tous les jours. Bien sûr bien sûr. Alors pour me consoler motiver j’ai dressé une liste de toutes les bonnes raisons d’entrer en célibat comme d’autres dans les ordres (liste que j’envisage de me faire tatouer à l’intérieur de la cuisse … y a d’la surface …)

1/ le bruit de la machine à laver familiale (12kg !) ne vient plus troubler mon silence que tous les 15 jours. Et moi j’aime le silence, avec bien sûr un vague miaulement félin au loin …

2/ c’est moi qui sors les poubelles, c’est bien de descendre mes kg de poubelle et mes 4 étages, c’est moi qui m’exerce au lancer de sacs dans le container conçu pour que le Géant Vert n’ait pas à se baisser, puis de remonter mes 4 étages 4 à 4 avec l’énergie qui me reste. Et moi le prix de ma (re)mise en forme est bien sûr inclus dans ma taxe d’ordures ménagères

4/ je vais enfin pouvoir amortir l’achat de mon jogging et de mes baskets … pour bien sûr sortir les poubelles.

5/ je vais pouvoir n’acheter qu’une 1/2 baguette. La boulloter en chemin, revenir sur mes pas acheter sa moitié. Et le prix de ma (re)mise en forme est bien sûr inclus dans celui de ma baguette

6/ je vais enfin pouvoir repeindre les murs de ma chambre en rose, et coller les cœurs sur les miroirs, des fleurs aux étagères. Et moi je vais bien sûr enfin pouvoir aimer la déco girly, vivre dans la maison de Barbie

7/ je vais enfin pouvoir dégager du temps libre rien que pour moi. Les célibataires (femmes) sont bien sûr moins souvent invitées, les couples respectent leur besoin de repos, leur laissent le temps pour réfléchir de quoi ils peuvent bien se reposer

8/ je vais enfin pouvoir recharger mon portable hebdomadairement, peu à peu plus personne ne va bien sûr songer à me contacter. Et moi, suis écolo, contre les dépenses énergétiques superflues …

9/ je vais enfin pouvoir entrer dans de longues conversations avec mon chat, faire les questions réponses sans crainte d’être contre-dite, sans récrimination sur la qualité de son repas, sans risque bien sûr de m’entendre reprocher que sa mère, elle, le réussissait mieux le sheba …

10/ je vais pouvoir m’acheter des draps en soie, bleus nuit ou nuit noire, m’y lover m’y rouler, y péter (des paillettes, bien sûr, suis une princesse !). J’ai toujours rêvé péter dans la soie !

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De l’art alimentaire

Je pose le décor, un resto, un bavardage, le monde en attente de réfection, et patati et patata mais en mode majeur, nous sommes entre personnes de qualité, du genre qui parle du Q mais avec intelligence, en prenant pour référence leurs dernières lectures d’essais et d’article dans Nature et dans Elle, bref qui se la pètent avec classe, un petit doigt en l’air et l’autre dans le fondement.

Et là arrive le serveur, l’outre-cuidant interrompeur de conversation, décrochage de regards assassins ou d’œillades chaudasses en fonction du physique du garçon et la sexualité des convives. Dépose des assiettes, à chacun sa chacune, le garçon s’éloigne, déjà oublié. Le fumet titille les narines des convives qui hument admirent se saisissent de leur portable, photographient instagramment comparent partagent, et attaquent leur plat … froid.

Moi, je me moque je me gausse moi suis pas pareille (je ne lis pas Nature), moi je photographie l’incongru, le différent le troublant le décalé, je montre ma rue par le petit bout de la lorgnette, je passerais sous la table de honte (je précise pour le lectrices de Elle !) m’agripperais à la nappe par fierté et gourmandise. Non, moi jamais je ne m’abaisserais à commettre une faute de goût pareille !

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Love me please love me

Et puis arrive midi, et tu te mets en pause, quittes les oripeaux de ton existence de convenance la médiocrité de ton ordinaire dans laquelle tes besoins alimentaires t’ont précipitée, tu endosses la robe de pétales de pivoine de Pimprenelle, et t’en viens voir tes statistiques tes commentaires, vérifier si ta papillote a planté sa tente à la UNE d’Hellocoton, vérifier l’état de santé, si sur ton blog au moins il fait grand beau.

Rien nada tu n’y es pas tu n’es nulle part tu n’existes même pas là dans le virtuel. C’est normal tu le savais une fois de plus encore et toujours, tu n’es rien tu es nulle tu brilles par l’absence de tout talent. Tes statistiques aux courbes calquées sur celles de ton électo-encéphalo. Tes lectrices se sont fait la malles depuis longtemps assoupies assommées par le poids de tes virgules, de tes mots qui se culbutent, fécondent et stupidement en engendrent d’autres. Et depuis peu tu as découvert la parthénogenèse, d’un article tu en fait deux, que tu écris de 2h à 5h du matin, crevée, dans un état second à toute vitesse à la poursuite d’une idée prête à l’escapade que tu allonges ligotes sur la toile ; après bien sûr trop tard un fois publié faudra pas te plaindre de ces textes maculés de pétoules sèches, de césures assassines, des fautes magistrales, de mots aux abonnés absents …

Tu es nulle en tout, bonne à rien, mais tu excelles en auto-flagellation, te reste plus qu’à suicider Pimprenelle, à l’étouffer à petit feu dans sa papillote.

Et puis il est des jours de miracle, où tu te découvres en haut de l’affiche (traduisez en bas de la UNE de la rubrique dans laquelle tu tentes de te graver dans le marbre t’inscrire), tu te frottes les yeux, passant de statut biche à celui de panda. Sur ton mur est tapissé de compliments, de brassées de cœurs qui le font ressemblé à celui de la maison de Candy qui se serait pacsée avec un Bisounours. Et des statistiques scotchées à la courbe de température de ta dernière grippe aviaire. Mais bon voilà c’est normal, sans aucune mauvaise foi tu le savais que le travail finit toujours par payer que ton talent ne pouvait qu’être reconnu. Et puis cet article tu y avais mis toute ton âme (mais rafraîchies moi la mémoire, n’est-ce pas ce que tu avais déjà dit hier avant-hier etc ?), y sacrifiant tes heures de sommeil et ton capital beauté

Et demain, car déjà tu songes à demain, demain tu vas faire table-rase de joies et déceptions, parce que chaque jour tu remets ton sort au jugement d’inconnus, remets ton intimité entre les mains et les yeux d’anonymes, demain encore tu vas pousser un grand cri silencieux, demain encore tu vas t’en venir quêter ta pitance d’amour, la preuve de ton existence …

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Mon dos votre cœur de cible

et puis un jour on se tourne retourne cherche y a comme un doute y a comme une gêne quelque chose qui coince qui fait monter les larmes aux yeux

et comme une évidence soudain dans une douloureuse fulgurance le corps habitué à courber l’échine s’arque-boute et fait face à son dos lardé hérissé de poignards

on envoie la main essaie de se soulager de quelques pointes se fait taper sur les doigts pas toucher t’as pas le droit c’est pas moi c’est l’autre tu ne peux pas c’est de ta faute tu l’as bien cherché tiens le toi pour dit ton seul droit est le silence quand tu es ici ton dos nous appartient

on en a fini on fuie poursuivie par son dos qui en a plein le dos de porter toute notre misère et nos peines de servir de décharge à la cruauté et la trahison, on s’enfuie pour quelques heures que l’on appelle liberté prend et se rend à un rendez-vous chez l’ostéopathe le manipulateur redresseur de tord l’épilateur à hérisson le caresseur dans le sens du poil

il sait y faire on est retapée

prête pour recommencer à ne pas quitter des yeux le râtelier à coups bas à tendre le flanc l’exercer à l’art de l’esquive le temps de cicatriser, de se fabriquer une armure , d’échaffauder un plan d’évasion loin de vla médiocrité assassine

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Et la nuit voit le jour

Faire s’écouler le vin de la bouteille au verre, regarder le carmin de sa robe virevolter et se lover sur le cristal. Poser la bouteille lever s’emparer du verre se tourner vers la fenêtre, caresser la tête inclinée du chat d’une main discrète. Laisser flotter son nez au-dessus du verre, humer, regarder la nuit voir le jour derrière les rideaux s’évader se fuir fuir l’inéluctable décision

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Les oublié(e)s de la Saint Valentin

Nous, on se fiche pas mal de ne pas fêter la Saint Valentin, on se fiche de ne pas avoir de Valentin qui  traverse le quartier ou la ville une rose rouge et convenue à la main brandie comme un drapeau blanc pour la paix de son ménage, bravant penaud les regards goguenards et railleurs des passants solitaires et heureux de l’être.

Sa Valentine, ce n’est pas nous, sa Valentine c’est toujours les mêmes, sa Valentine attend son dû, son maigre bouquet, son repas  chez Frédo, le troquet qui accepte les tickets restau. Elle l’attend apprêtée pomponnée, le mollet épilé de frais, le carré flouté avec soin et interdiction de toucher, à ce prix y faut qu’ça lui dure, attention tu vas m’décoiffer. La Valentine à Valentin elle est la pièce unique de son musée personnel, il l’aime. Enfin peut-être.

Mais cela n’est pas notre histoire, enfin pas la mienne, elle est celle des marmites qui ont trouvé leur couvercle, et sont, le soir, sagement rangées entre passoires et écumoires.

Nous, les célib’ nous avons tout notre temps et plus encore pour tenter de comprendre de percer le mystère du succès de la fulgurance, et de la longévité de ce sentiment si étrange, l’attraction, la captation des cœurs et de leurs propriétaires, le secret de celles que nous raillons et envions … enfin pas toujours, enfin bon admettons,

Alors nous avons écumé les rayonnages sciences humaines (sciences/humanité quel bel oxymore !), des bibliothèques, lu tout ce qui se rapporte au couple à l’amour, tout et toujours rien compris, tout mais jamais rien de satisfaisant et avons admis qu’il n’y avait rien à comprendre

Parce que nous, on s’en fiche de la rose, on trouve cela mesquin la rose, nous, on lui préfère la discrétion du petit bouquet de violettes que nul ne nous a jamais offert. Nous ce qu’on veut c’est la chaleur des bras de l’homme que l’on aime d’un homme amoureux, de nous bien évidemment (mais par les temps qui courent et ne se rattrapent pas il est toujours plus prudent de préciser. Sait-on jamais, imaginez le génie d’Aladin en RTT passe à notre portée nous prend en pitié, exauce notre vœux en diagonale, et nous voilà macquées avec Frédo le poto aux tickets restau, fermement décidé à nous marier et nous faire beaucoup de lardons aux petits oignons)

Nous on veut un homme qui nous prenne la main, la main d’un homme qui ne se lâche pas, et la serrer fermement et essuyer des tempêtes de celles qui font mal, qui ne font même pas peur. Nous on veut un homme qui chaque jour nous fait naître femme, un homme dont on parle en secret, les yeux clos, en murmurant mon homme

Nous, on veut bien on veut tout, mais nous on n’est pas prête à tout pas à n’importe pas à n’importe quel prix. Alors on apprend la sagesse, à se contenter de miettes de tendresse, des marques d’affections glanées de ci de là. Nous sommes les vierges folles aux corps sages, corps qui déjà ont oublié qu’ils furent un jour embrassés, embrasés dans des étreintes que l’on se plaisait à croire amoureuses.

Alors pour la Saint Valentin on bouffe sa couette faute de manger le traversin

Et puis tient on se souvient que l’on n’a jamais aimé, jamais fêté la Saint Valentin, que c’est naze niais plouc et toc la Saint Valentin

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L’humour nuit grave aux femmes à l’amour et à Saint Valentin

Voici venu le temps des aveux honteux … j’ai un humour de merde.

Un humour genre mauvais genre qui décape les fours (et côté four croyais moi j’en connais un rayon) qui raille déraille et raye l’émail, qui fait basculer ma victime mon interlocuteur (ascendant séducteur) en  coureur de fond (en solitaire).

Parce que dans cet article vous l’aurez compris ou pas auquel cas il me faudra encore tout vous expliquer (nooonnnn ne partez pas !) il est question d’humour d’amour de râteaux à la pelle et de (non) Saint Valentin.

Parce que des rendez-vous surtout les premiers, faut pas se fier aux apparences, j’en ai on (l’homme) m’en donne j’en décroche, ce sont les seconds qui posent problème … ou un lapin

Et pourtant croyez moi pour un (premier) rendez-vous je mets tous mes atouts (85 B) de mon côté face en avant, frise le regard ravageur, parle gentiment lentement n’oublie de sourire. Je maîtrise. Et puis soudain c’est plus fort que moi, je la perds la maîtrise. Par petite touche, imperceptiblement, une échappée belle, comme un pet irrépressible. L’homme je le vois bien vacille, un peu troublé, vaguement hésitant, entre elle me prend pour un con ou elle est niaise. Je compense, dit quelque chose d’intelligent, disserte sur l’influence de Lacan sur l’intelligentsia française, lui décroche la mâchoire (à l’homme pas à Lacan !) et un sourire, il est sous le charme (l’homme) … je récidive. En plus grave plus lourd, plus diarrhéique, enfin vous voyez le truc dont vous savez avant même d’avoir terminé votre phrase que c’est grave, du genre ça passe ou ça casse, vaguement pince sans rire sous cape, et donc ça ne passe pas. A la limite cela pourrait passer à condition à moins d’avoir subi un entraînement intensif style immersion en milieu hostile, évitement de pétards mouillés, de scuds en carton pâte, genre les filles passent encore, les garçons eux le vivent comme comme hostile. Bref, inéluctablement, le prince vexé passe son tour s’en va réfléchir et ruminer sa rancœur ailleurs, se carapate dans les Carpates, et ma vie sentimentale prend ses racines dans le désert de gobi. (Et non aujourd’hui, je sais je suis décevante, aujourd’hui, je ne vous parlerai pas de cul !)

Bien sûr je pourrais demander à un graphiste de me confectionner une jolie pancarte  jolie et ponctuée d’humour (compréhensible) double face « je plaisante » et « it’s a joke »  (mais pas de LOL, pas de MDR, là dessus mon humour et moi sommes élitistes intransigeants et sans concession) à la face éberluée les pieds dans les starting blocks. Parce que oui en plus d’être intelligente, suis bilingue, français/italien !

Et ne croyez pas que je n’essaie de me réfréner que je ne sois en lutte contre ce démon qui m’habite, tenterais bien un marabout, un exorciste, un pèlerinage à Notre -Dame de la Garde (entre femmes, on devrait se comprendre), croyez je suis prête, prête pour faire des neuvaines, prête à tout ou presque, prête à honorer les saints et tous les siens … hormis bien sûr Saint Valentin

Parce que celui-lui, je vous le dis, je l’ai prié, travaillé au corps et à l’âme, lui ai fait du chantage, promis des soirées aux chandelles, des sacrifices de ma personne, de beaux dessins avec des cœurs de toutes les couleurs ; j’ai chanté ses louanges, ce qui fut un le vrai sacrifice celui de mon amour-propre et de mon oreille absolue !

Rien. Pas un signe, pas un message, pas un mail. Rien. L’ingrat ne daigne pas se manifester. Je continue à lâcher des salves d’humour noir qui me font rire jaune, moi et moi seule. Rien. Je suis lamentable !

Bon par ailleurs prier Saint Valentin, Saint Martyr qui a fini sa courte vie décapité, et lui demander de lui prêter une oreille, faut pas s’étonner de ne pas obtenir gain de cause ; remplacer Cupidon par un saint mort décapité et chaste, faut pas se plaindre de se retrouver en pleine gestion de crise qui n’a ni queue ni tête, faut pas pleurer sur les histoires d’amour qui finissent mal en général … enfin quand et pour ceux pour lesquels elles dépassent le stade premier rendez-vous !

Et là je sens sais que ce vendredi il va me falloir des tonnes d’humour vache, d’humour rosse, d’humour de bouse, pour survivre à cette épreuve ce machin sucré fleuri que jamais je n’ai jamais voulu fêter à l’époque où je ne comptais plus NOS rendez-vous, l’époque où je me conjuguais à la première personne du pluriel

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Mais c’est quoi ce gros chagrin ?

Et puis un se découvre un sanglot là enfin là ailleurs on ne sait trop où quelque part dans notre géographie corporelle à géométrie variable, un boulet dans le goulet d’étranglement dans les limbes de nos tripes, dans le no man’s land de la no woman no cry

Pourtant on croyait avoir essoré le dernier chagrin, écrasé la dernière larme, et voilà, c’est étonnant, il en reste un, une oubliée dans un recoin, un sans cause légitime, un ongle cassé, un bas filé, un amour qui nous échappe, rien de grave, on est une grande fille, ça ne pleure pas une grande fille, pas de petite rivière, pas de fleuve ni le moindre petit ruisseau

Alors on se bouge, se dit que cela ne peut que passer puisque cela n’était qu’un artefact passager, cela n’a jamais existé puisque pas lieu d’être. On se remue, s’ébroue et on doute et si

On prend place, confortable dans son canapé, coussins chat met en route le DVD en route sur la route de Madison. On attend. Attend que se pose la main se crispe sur la poignée. Attend et résiste. Un regard usé dans le rétroviseur, tremblement de notre cœur du thorax à tout le corps. Meryl Streep chavire toute en retenue, on retient bloque sa respiration. Les voitures démarrent, les paupières s’œdématisent, les routes se séparent, les paupières se répandent s’épanchent inondent le visage étonné surpris stupéfait. Voilà c’est fini, c’est parti, tremblement tsunami ras de marée, la fragilité émerge la faille apparait la digue cède emportant les petites et grosses trahisons, les remords et les regrets que l’on croyait oubliés digérés enterrés dans les méandres de notre passé pas toujours lointain. The end. Et l’on reste là engloutie dans les profondeurs du canapé, submergée laminée ridiculisée pas belle à voir, moche morveuse bouffie échevelée, amarres larguées, abandonnée de tous, le chat a pris la fuite, consciente de son chagrin qui déjà s’apaise

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