Petit corps stupide

 

C’était un vendredi soir aixois, où amoureux et amie à mes côtés nous nous dirigions vers le bar où nous attendais l’apéro, le meilleur de la semaine, celui qui inaugure les deux jours de plaisir et de repos, nos préférés. Nous allions d’un bon pas pour lutter contre le froid qui risquait de le prendre (le pas) sur notre bonne humeur, lorsque soudain j’ai stoppé net devant un vitrine, où trônaient les New Balance vertes de mes rêves, celles après lesquelles je courrais depuis des semaines … à l’heure où les commerçants baissaient leurs rideaux.

 

 

Courbée, les yeux plein d’étoiles, le nez sur la vitre pour être sûre que c’était bien elles pas une hallucination, une petite voix m’a extirpé de ma douce torpeur, me faisant réaliser que le monde ne se limitait pas à une paire de shoes et continuait à tourner. Il avait dit quoi l’amoureux ? Rembobinage. Il avait osé « tu vas te mettre au sport ?… »

 

Parfois l’homme est drôle. Parfois. Là, d’un simple regard, je lui ai bien fait comprendre que nous n’étions pas totalement raccord côté humour. Qu’il est des sujets sensibles, et que JE SUIS un sujet sensible.

 

Sensible et accompagnée. De l’amie, l’historique, mon soutien indéfectible, qui m’a suivie avec l’amoureux, entamé une conversation, que je suivais (vous suivez ?) de loin.

 

Elle « moi, je suis arrivée à lui faire faire du vélo, durant quinze jours à l’Ile de Ré », lui « et bien moi, je vais la remettre au golf » …

 

Oh oh oh ! On se calme, on ne joue pas à celui qui a la plus grosse capacité à me mettre en selle, à me faire faire ce pour quoi je ne suis pas faite : du sport !

 

Parce que ce n’est pas un choix, mais une fatalité, suis inapte au sport, exemptée à vie, pour la plus bête des raisons, suis dotée d’une maladresse pathologique, du corps le plus stupide qu’il ait été conçu ! Entorses, tendinites, claquages sont mes seules médailles, le Synthol, le parfum de mon enfance. Le strapping n’a plus de secret pour moi.

 

Mes parents l’avaient bien compris. Compréhensifs, eux, ils m’ont interdite de vélo et de patins à roulettes, trop dangereux entre mes mains.

Pas sportive, mais active. Je monte mes quatre étages quotidiennement. Faut reconnaître que je n’ai pas le choix, pas d’ascenseur. Et puis je marche. Beaucoup. Ben oui, je n’ai pas le permis de conduire. Pas de bons réflexes, pas de permis. Quand je vous dis que mon corps est stupide …

 

 

 

 

 

 

 

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Du gazon à mes pieds

Il y a bien longtemps que je vous ai compris, me suis fait une raison, je puis parler de mode, mais il ne me faut pas attendre à être lue, encore moins aimée.

Je fais des efforts, me mets sur mon 31, dans mon 38, fais dans le simple, soigne la photo, la cloute juste ce qu’il faut pour faire plus artistique, moins vieille peau, fais un sourire à la dame, et remonter les pommettes, tellement plus joyeux, plus seyant.

Pourtant faut me comprendre moi aussi suis tout joyeuse lorsque je fais une nouvelle acquisition, moi aussi j’aime me découvrir autre, et me livrer à vos regards, vous en faire part, lire vos réactions.

Alors voilà, tant pis pour vous, je vous montre mon achat du week-end, celui pour lequel il m’a fallu attendre d´aller sur Aix, faire monter le désir, mon incroyable désir de vert, ce vert que je méprisais, dans lequel je me découvre belle, dont je me pare de la tête aux pieds. Ce vert honni soupçonné de bien de maux, dont le suprême, celui de porter malheur, malheur aux comédiens, aux artistes, dont je ne suis pas. Donc le vert m’est permis, j’en use et en abuse, en kaki pour l’essentiel, en gazon pour l’accessoire.

Et puis pour pousser l’élégance jusqu’au bout, jusque dans ses retranchements, remarquez le mollet qui s’est orné d’un machin que l’on nomme bleu, bien que changeant, hésitant entre vert et violet, que je pourrais trouver fort seyant s’il ne demeurait douloureux.

Me voilà prête pour une semaine, haute en couleurs, avec une touche de rose à la boutonnière

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