Dans la série j’aime pas : le mois de février

Bon promis, bientôt j’arrête de râler. Bientôt, est un adverbe que j’affectionne pour sa relativité. Bientôt a des parfums de promesse … d’ivrogne … « Bientôt j’arrête », « j’arrête quand je veux » …

Donc, je reprends, un jour, peut-être, j’arrêterai(s) de râler. Mais là, tout de suite, je n’en ai pas l’intention, ni dans les quelques années qui suivent, il serait trop cruel t’entamer un sevrage en cet honni mois de février.

Février, le mois lugubre, le plus froid de l’hiver, alors que déjà je suis en overdose de froid. Février un mois qui ne ressemble à rien, dont même le nom est moche, un mois sans fête sans raison valable de se réjouir. Et ne me parlez pas de St Valentin, pur produit d’importation, uniquement créé pour enrichir les fleuristes et démolir le moral des solos. Essayez donc d’aller au resto entre copines un 24 février, pour vous remonter le moral entre esseulées rigolotes … Vous essuierez de condescendants « pas de table pour plus de 2 personnes », sous les regards lourds de fierté triomphante des amoureux qui eux, ont quelque chose à fêter … Si après ça, et avoir jeté les bouteilles et les sachets vides de chips, vous ne vous inscrivez pas sur Meetic …

Je n’aime pas février, mais il me faut être juste, il ne recèle pas que de mauvais côtés. Nous pouvons continuer à nous délecter de plats roboratifs  et desserts crapuleux, en apparente bonne conscience. Les magazines « spécial minceur » sont en cours de rédaction (copier/collé de ceux de l’année dernière, seuls changent le nom des crèmes), nous sommes encore tranquilles pour un petit mois. Soit 28 jours, car, reconnaissons lui cette qualité, février a élégance de ne pas trop s’attarder …

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A faire rougir Vidal Sassoon !

Il y a quelques mois, moins d’un an assurément mon vieux sèche-cheveux Calor m’a lâché. Ensemble nous avions connu quelques salles de bains, appartements, déménagements, partagé plus d’une décennie. Je lui en ai fait voir de toutes les couleurs, il avait rempli son contrat, à rendu son dernier souffle. Paix à son âme.
Vaguement triste, oui je m’attache, je me suis rendue dans mon Monopole voisin, et après 10 minutes d’hésitation j’ai opté pour la Vidal Sassoon. Bon je n’allais tout de même pas avant d’effectuer un achat aussi anodin que je passe des heures à consulter les forums. Suis plutôt prudente, parfois même un Iota obsessionnelle, mais pour un simple séchoir j’ai su prendre une décision rapide (10 minutes …).
La même, avec une ride ou deux de plus, enrage ! Car aujourd’hui alors que l’hiver bat son plein, c’est au quotidien que j’utilise mon Vidal Sassoon … En pointillés … Car pour chauffer, ça il chauffe, rougit, rougeoie, et disjoncte !
Je ne vais pas vous la jouer le refrain avant c’était mieux, mais de me faire avoir moi, ça me met colère, et quand suis colère, il faut que j’en parle, que n’évacue, que je partage, il ne me semble pas normal qu’en cette période de crise, de développement durable et d’écologie, il me faille me taire, et baisser l’échine, et vous laisser tomber dans les mêmes écueils.
Alors dès demain je vais m’en aller chez Darty, mon Vidal Sassoon sous le coude,, pour le faire recycler, en acheter un autre, d’une autre marque, une plus fiable, une plus solide. Mais auparavant, j’ai retenu la leçon, je m’en vais consulter le net … À moins que vous n’en ayez un à me conseiller …

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Une fois n’est pas coutume, aujourd’hui j’ai fait preuve d’optimisme

Je n’aime pas l’hiver. J’en ai déjà assez, la peine fut sévère et semble décidée à s’éterniser, je n’en ai fait que la moitié. Inutile de vous moquer, nous subissons toutes la même punition.

Je subis en silence, m’emmitoufle, disparais sous des couches disparates de tissus. Je ne suis plus une femme, suis devenue un porte-manteau, informe, en lutte permanente contre les tremblements.

Le corps est mis à l’épreuve. Dans les boutiques il étouffe, à l’extérieur il grelotte. Il s’essaie à la thermo-régulation, sans oublier de faire front, aux maladies, aux infections. Pas étonnant que je me découvre fatiguée, irritable, maussade.

Et soudainement voilà qu’il fait doux, que mon cous se dénude, que je m’étonne à retrousser mes manches, que je me surprends à avoir des envies de déjeuners en terrasse,que je me mets à y croire au retour des beaux jours. Je sais bien que c’est faux, que ce n’est qu’un leurre, que nous sommes dans l’œil du cyclone, que bientôt je vais encore avoir le moral dans les bottes fourrées.

Mais en attendant,hein, suis pas du style à me laisser abattre, suis pas du style à baisser les bras, d’ailleurs je ne pourrai pas me le permettre, avec tous ces vêtements.

Donc ce soir,  j’ai eu envie de voir la vie en rose, et puis me suis dit que c’était exagéré. Alors j’ai opté pour du raisonnable, du rouge, le Los Angeles, de Malava. Et maintenant j’admire mes doigts de pieds en éventail sur ma couette,et je rêve, je rêve d’été et de vacances, je rêve de Maison Bleue, et de collines, et de Nouvelle Orléans, de blues et de tramway nommé désir. Putain, je crois que je recommence à avoir des envies de vacances, me demande même si elles ne se transformeraient en des besoins de voyages, si cette pathologie ne deviendrait pas chronique, les crises de plus en plus fréquentes, résistantes à tous les traitements … Le palliatif,  je le connais : un petit changement d’air, même pas loin, là ou l’on ne parle pas français … Avec une cerveza et quelques Tapas … Rhhhhoooo, incurable, incurable !!!!

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Mauvaises fréquentations

Madame mère me le reprochait, ma pauvre chérie tu n’es pas assez, trop, enfin tu as de bien mauvaises fréquentations. Tu es têtue, tu n’en fais qu’à ta tête, écoute donc ta mère, et son expérience, ma pauvre fille tu es tellement influençable (sic) ! Tes amis tu te dois de consciencieusement les choisir, les filles jolies et minces, pour te servir de modèles et te tirer vers le haut, mais pas trop, pour ne pas leur servir de faire valoir, ne pas passer pour le laideron de service.
Mon enfance fut initiatique, ma jeunesse pas des plus faciles, comme vous auraient pu le constater.
Mais jamais, jamais, ma mère ne m’avait mise en garde contre une catégorie redoutable d’amis : l’aspirateur à olives.
N’allez pas chercher midi à quatorze heures, un sens caché à ces quelques mots, remballez ce sourire égrillard, ici il n’est question que d’olives qui accompagnent nos apéros.
Ce moment de repos si mérite, cet instant d’epanchement, de vidange de nos cerveaux et de nos journées, sont rares, et me sont précieux. Et je parle, parle, et ne m’interromps que pour passer ma commane et remercier lorsque je suis servie, mon interlocuteur m’encourarage par des hum éloquents et nuancés, dans lesquels immanquablement je crois déceler de l’intérêt. Je me sens flattée de tout cet inhabituel intérêt. Je fanfaronne, surjoue, c’est ma minute de gloire, et m’en pare du plat à cochonneries, posé à côté de nos verres, le pousse à la soif, à la consommation, m’empare de la pique, et pars à la pêche d’une … Putain d’olive ! Inutile de chercher je le lis dàns le regard de mon voisin (et ça marche aussi au féminin, elle se reconnaîtra, celle qui oh crime de lèse majesté ne veut pas de glaçon dans son Ricard …) y a eu, y à plus, c’est trop tard, desolé(e), mais aussi fallait être plus rapide tu le sais !
Oui, je sais, mais je m’efforce à boire, pardon voir le verre à moitié vide, chercher la lueur d’espoir au cœur de l’hiver, certes je rame mais n’en suis que plus méritante, et cherche du réconfort autour du noyau d’une olive.
Alors pour une fois, cette fois, ce soir, l’ultime, je pardonne. Mais le prochain qui pille ma mise en bouche, ou pire louche sur l’olive de ma pizza, en attente telle une promesse de plaisir sur le bord de mon assiette, et ose me demander, mais est-ce bien une question, t’en veux pas ?, en y plantant sa fourchette, je l’avertis … Prend garde à toi !

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Le chat est un mystère à moustache

Désolées les mémères à chachats dont je me plairais à grossir les rangs, une maille à l’envers une maille à l’endroit, mon chat est chiant. C’est un fait, c’est comme çà.

Certe il a cessé de me labourer les pieds à grands coups de griffes acérées. Non maintenant c’est à mes mains qu’il s’en prend, pour un mouvement brusque pour croiser les jambes, me saisir d’une tasse de thé, une caresse qui se fait attendre, il se venge, me appelle à l’ordre, m’y soumet.

Aux miens il a rapidement cessé de répondre. Ainsi qu’à mes appels, à celui de son nom.

Dans ma maison, devenue la sienne, il fait régner sa loi. Dorénavant j’habite chez mon chat. Elle est son domaine, il est le roi, le maître de céans. Seule ma chambre lui demeure interdite. Deux mâles ne peuvent y cohabiter, il me fallut choisir. Et mon choix ne semble pas lui agréer, telle que la crotte qu’il a déposée en ostensible preuve de sa désapprobation a su en témoigné il y a peu encore. La représaille a disparu en un tour de main et en silence. La mienne fut terrible : des heures durant j’ai ignoré l’infâme, devenu objet dans mon décor. Oui, je sais je suis cruelle, et nous avons souffert, lui boudeur et renfrognée moi enfermée dans ma dignité offensée. Chacun dans notre coin et dans bulle de mauvaise humeur, à ranger à me déplacer trop rapide et désordonnée pour qu’il puisse m’approcher. Durant des heures. Enfin deux. Ou presque. J’ai bien fini par devoir m’assoir, il a sauté sur mes genoux, a ronronné, j’ai cédé je ne peux pas résister à ce doux bruit qui fait frémir jusqu’au cœur. Je suis faible. Je le reconnais.

Parfois cependant je dois vous l’avouer, suis excédée, son regard planté dans le mien, ses griffes dans ma peau, et affleurent dans ma tête des idées noires, de vengeance, de mesure de rétorsion qui pourraient résoudre nos difficultés relationnelles : lui faire couper les c…

Cela confirme mon naturel cruel, dont je vous avez déjà parlé ci-dessus. Mais je suis humaine aussi, et n’arrive pas à passer le pas du vétérinaire.

Il n’est cependant pas dit qu’un jour je n’en vienne à lui tailler les moustaches à mon petit Hitler velu. Parce que hein, je vous le rappelle je suis cruelle, mais rassurez-vous lâche aussi. Et puis il ronronne si bien …

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C’est pas grave, ça ne compte pas, c’est du réconfort !

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Depuis je me le répète, comme un mantra, selon la coué, je vais bien tout va bien, le reste n’a pas d’importance. Je me le répète, sans doute pas suffisamment, pas assez souvent, pas assez fort. Bref, suis d’humeur hivernale, pour tout un tas de bonnes raisons … Cela va de soi …
Crevée, bougon de mauvaise humeur en mauvaise foi, si je continue ainsi seul mon chat persistera à m’aimer. Il semblerait que je sois confortable, faut reconnaître que je les entretiens mes rondeurs, Ben oui, je compense !

Bref, tout cela pour vous dire, que j’ai des désirs de vacances, des besoins de plages … De repos ! Entre boulot et maison, il me faut un sas de décompression, il me faut prendre et perdre mon temps, il me faut me laver des souillures journalières, me ré approprier tout mon être, et retrouver toute l’ampleur de ma respiration. Dénouer mon corps, délier ma langue, et pour cela quoi de mieux qu’un verre en amoureux ou entre copains. Un verre de pastis, dont on fait tinter les glaçons contre les paroies, attendant patiemment de les avoir vu fondre, pour enfin boire à petites gorgées. J’aime le goût de la réglisse, j’aime ces promesses d’été, j’aime faire rouler le verre entre mes mains, j’aime effacer la buée de la pulpe de l’index.

Bref, j’aime le pastis, et plus particulièrement le RICARD. Et cette semaine j’ai été invitée à en boire un à la Caravelle, institution bien connue des marseillais qui se plaisent à y convier les étrangers de passage, pour les éblouir, les convaincre que notre ville est belle. Jusque là, rien que du banal, une installation sur bout de table, une conversation bien nourrie, une commande, une attent, et enfin nos verres qui nous font face. Et là, c’est le drame. Non mais vous les avez vus ces verres ? Moi oui, et illico, je me suis dit, il me les faut. Et alors que d’une oreille discrète j’écoutais la conversation que j’avais abandonnée aux bons soins de mon ami, j’elaborais des plans complexes dans ma tête, des stratégies alambiquées, le verre je le fais passer par ici, il repassera par là, ni vu ni pris, je t’embrouille, et les ramène à la maison.
Oui, mais voilà, Je ne suis pas comme ça, je ne vole pas dans les bars, c’est plus fort que moi, suis honnête, on ne se refait pas.
Alors est arrivée l’heure des adieux. Je me suis levée, ai remis mon manteau, mon sac à mon coude, et puis mes mains dans mon dos, fermement ancrées l’une dans l’autre.
Voilà comment j’ai su résister, mais croyez moi, ce moment fut une épreuve, de celles qui nouent les muscles, bloquent les plexus, et laissent un arrière goût d’amère honnêteté.

L’œil grand ouvert, les moutons seront bien gardés

Et la revoilà l’ennemie insomnie.

Pourtant j’avais éteint, bien décidée à être sage, raisonnable

Mais voilà ma muse en a décidé autrement, brandi une bonne idée agrémentée de jolis mots. Je suis forte, j’ai résisté, a remis ses phrases dans sa poche. Je me suis accrochée à ma couette. Va-t-en, casse-toi, c’est pas l’heure, j’ai rendez-vous avec Morphée !

C’est quoi ça encore ? Non, c’est pas bien ça, tu me connais, suis toujours en quête, toujours à l’affut, d’une étincelle de ton génie. Même une braise m’irait bien. Allez vile tentatrice, t’as gagné, j’allume mon portable. Et c’est parti pour une course folle de mes doigts sur le clavier. En sourdine, en catimini. Enfin ça, ce que je me plaisais à croire, lorsque soudain « tu fais quoi là, tu joues ? ». Pfff ! Je m’amuse travaille moi monsieur, « dors chéri, j’ai presque fini, rendort toi, tu te lèves tôt demain ». Parce que pas moi peut-être. « Mais il est quelle heure ? », « Pas si tard, dors voyons ». Certes ça ce discute, mais à trois heures est-ce bien raisonnable ? Voilà c’est bon, retournes-toi, c’est ça, voilà, tu y es, tu dors maintenant. A nous la muse, c’est parti. Ce soir je sacrifie mon sommeil, à tes œuvres, à tes dons, que je paierai demain, traînant mes cernes tout au long de la journée.

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Cruelle !

C’est pas la peine de faire genre je t’ignore, je te snobe, tu sais bien que tu vas finir sur mes genoux.
Non, mais je pourrais savoir à quoi tu joues là, ça suffit maintenant, allez viens, ce soir j’ai besoin de ta chaleur. Non mon chauffage n’est pas en panne, non, je ne fais pas d’économies, non, je n’ai pas froid, non ce sont tes câlins que je demande, j’ai besoin de tes ronrons, j’accepterai même un coup de griffe, s’il n’est pas trop appuyé, si tu te débrouille pour me le faire passer pour non intentionnel …

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Tes ronrons me relaxent, mieux qu’un fauteuil pour vieux hors de prix, ce genre d’article qui s’en vient mourir dans ma boîte mail, ce qui ne peut que me crisper davantage. Vous voyez que ça ne marche pas ce truc, coincé entre une convention obsèques, et un appel à la couvrant qui sommeille en en , pas en moi en tous les cas, me crispent un peu plus. Pas besoin de ça, madame est servie par la réalité.
Allez viens cessé de te faire prier, c’est bon.
Oh ! Là tu pousses le bouchon, celui de la bouteille de Cahors, celui que tu m’as piqué ce soir et que je n’ai toujours pas retrouvé, qui m’a obligé à parcourir l’appartement à quatre pattes, tu le pousses un peu loin MON bouchon ! Aller te poser de tout ton long, sur l’homme, toi qui ne le toleres que de loin. Cela mérite une vengeance, enrobée de cruauté, ou une corne de gazelle qui a toute histoire que je ne te raconterai pas,  une corne de gazelle délicieuse que t’en auras pas, même pas une miette. Rien ! Et regarde bien, je me lèche les doigts ! Ça c’est du dressage ou je ne m’y connais pas !

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Mon pain quotidien, flûte !

Pas envie, mais il le faut bien, c’est lundi, faut se lever au petit matin, glauque. Glauque, c’est moi, le matin, lui, outre d’être petit, de m’avoir sonnée sans mon compte de sommeil, peux pas le voir, je ne sais pas à quoi il ressemble. Les yeux ouverts juste qu’il me faut pour ne pas avoir à me prendre les pieds dans le tapis, bougon et ensommeillée, je ne peux que prononcer café, et encore en deux mots, indistincts, comme un blessé grave composerait un numéro d’urgence.
J’insère la capsule, appuie sur le bouton, à moins que la machine ne se soit mise en pilotage automatique, sais plus, m’en fous, je prends appuie sur la nés presse, me laisse bercer par le doux son du percolateur, sursaute, il caffè é pronto ! Je me tourne. Direction la table. M’écroule sur la chaise. La tasse vacille, et résiste. Putain suis pas seule !
Depuis combien temps est-il là, tout sourire ? Bien avant mon entrée fracassée si j’en crois l’ironie qui flotte sur son visage. Je me tais. Que pourrais-je dire, hein ? Mon intelligence et mon humour bénéficient d’un peu de râble de sommeil sous ma couette les veinards. Moi suis qu’un vieux corps inhabité et grognon et mou qui se répand sur son siège, avec pour seul centre d’intérêt le CAFÉ !
Une gorgée, une autre, sans bruit, au prix de beaucoup d’effort, maintenant, ça y est j’ai faim.

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IL le sait, à devancé mon désir, comme par miracle le beurre me fait face, le couteau est à portée de ma main. J’attaque, je vais tartiner …
Non, mais ça va pas, tu plaisantes, oui, j’ai retrouvée la parole, non mais c’est quoi ce truc, non mais oh, je rêve, oui j’aime la suède, mais dans les romans, et chez COS. Non ceci n’est pas du pain, ceci est un wasa, un machin qui explose au mieux dans la bouche en mille miettes fades. Wasa, ce machin infâme, qui dépanne les tristes, les rend encore plus dépressifs, ce machin est a la boulangerie, ce que ikea est à l’ébénisterie, une insulte ! Non, monsieur je ne mange pas de ce pain là ! Suis pas punie, je n’ai encore rien fait ! Quoi vous dites quoi « gastronomie suédoise » ? Ne serait-ce point un oxymore ?
Et puis, ca va pas de me faire prononcer un mot pareil au petit matin.je sens qu’elle va être joyeuse cette semaine !

Au voleur ! On a volé la tête de mon bic !

Mon quatre couleurs est mort. Paix à son âme. Mon vieux compagnon a fait son temps.

Il m’en a fallu des calculs des circonvolutions pour qu’une à une ses couleurs s’éteignent quasiment simultanément. Car c’est bien le problème, il en est certaines que l’on affectionne plus particulièrement. On a ses chouchous, ses préférés, et comme de bien entendu ce sont les premiers qui s’en vont les premiers.

Bref est arrivé le moment où j’ai dû me séparer de son corps vide, et en adopter un nouveau. Je m’en suis donc allée chez mon Monop voisin. Ils en avaient par dizaines, mais alors que je me suis penchée sur le suis, et croyez moi sortant de chez l’ostéo ce fut un vrai prodige, je n’en crus pas mes yeux : « ils » ont volé la tête de mon BIC ! C’est quoi ce délire ? MON stylo, jusqu’à ce jour surmonté d’un petit bonhomme, se retrouve à ce jour trépané. Non mais oh hein c’est pas possible, nul n’a le droit à toucher à notre patrimoine, alors qu’ils se dénoncent ces concepteurs à la noix, ces disagner à la sauce taliban. Qu’ils m’expliquent, je fais comment, oui comment moi qui en quête d’inspiration faisais rouler sa bille entre mes dents, sans serrer, sans lui faire de mal. C’est trop injuste !

Et puis les petits drôles se la jouent écolos, me l’annoncent rechargeable, mon stylo préféré. Oui mais elles sont où les recharges. Pas dans les rayons de mon MONOP, ni ceux des GALERIES LAFAYETTE. Je finis vraiment par croire qu’il en est qui se la payent notre tête …

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