Parce que trop c’est trop !

Il est des fringues qui soudain éclosent dans nos rues, les squattent, les inondent jusqu’à l’overdose, au dégoût.

On ne sait quand elles ont vu le jour, mais on se doute du où, un où souterrain, peut-être même clandestin, un où pas glorieux, qui ne paie pas à être connu. On y imagine les rouleaux de tissus y débarquer au kilomètre, débités en tops, robes, shorts, combinaisons, dans le brouhaha des machines, la poussière du textile.

Une étiquette, trois tailles, et cela dans le meilleur des cas, et c’est parti pour les boutiques, les échoppes à petits prix.

Alors au début, on trouve ça chouette, enfin en vitrine, sur le mannequin. C’est si peu cher, que vous avez un doute, si peu cher pourquoi s’en priver, pour aller à la plage, en balade, si peu cher que certaines, dont moi, hésitent.

Et quelques jours plus tard, vous moi, toutes celles qui ont hésité, résisté, celles qui aiment l’originalité, savent qu’elles ont eu raison. Parce qu’il n’est pas un jour, pas une heure sans que dans les rues vous ne croisiez une victime de cette mode. Vous n’en pouvez plus, vous vous croyez victime d’hallucinations, cela dépasse l’entendement, enfin le mien.

Mais soyons honnêtes, toute bonne chose a une fin, et les mauvaises, enfin certaines, en raison de leur qualité, de la lassitude qui l’accompagne, plus précoce encore. Bientôt, très bientôt, elles auront disparu, et je me dois de l’avouer, à mon grand soulagement …

Unknown

La crème de la crise

C’est quoi ce truc ? C’est quoi ce machin sur la photo ? Ceci est la crise qui nous mine et nous pousse dans nos derniers retranchements, à découper les tubes de crèmes trop chères, que je n’achète qu’en promo. Les temps sont durs et nous incitent à tailler dans nos budgets, à ciseler le plastique, à recycler, rien laisser perdre, et récurer le fond des pots.

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Moi, puisqu’il me faut vous le dire j’alterne au fil des saisons, entre Dexeryl et StriVectin. StriVectin que je réserve aux périodes désespérées, qui se prolongent et s’enchaînent, et se rapprochent de plus en plus au fil des ans. S’il y a quelques années je la jugeais inutile, aujourd’hui, je n’sais pourquoi, j’ai révisé mon opinion …

Dexeryl, c’est ma bonne conscience que je tartine sur mon visage, sur tout mon corps, que l’homme me pique, l’homme que je suis arrivée à convaincre de son efficience. Et pourtant l’homme n’est pas facile, plutôt expert en efficience. Côté prix, rien à dire, si ce n’est qu’elle est parfaite.

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Voilà, je vous ai livré mes petits secrets de mes rêves de beauté. Si vous avez mieux, moins cher, aussi efficace, je preneur …

De la fille qui s’initiait au crayonnage

C’était ce midi, un mercredi midi, un mercredi comme un autre, un jour qui ne ressemble à rien, le point de bascule d’une semaine qui commence à compter les heures qui la  sépare du week-end.

Personne avec qui manger, pas grave j’avais besoin de marcher, de futile d’utile d’essentiel à ma bonne humeur que je me suis promis de nourrir, d’arriver à faire refleurir.

Dans ces cas là, deux solutions : Monop ou Séphora. Et pas toujours pour acheter, souvent seulement pour voir sentir toucher essayer imaginer. M’imaginer autre plus belle plus jeune. Moi en mieux. Et tester des nouveautés, des produits que l’on nous présente comme magiques, des qui vont nous faire perdre nos kilos nos rides … et assurément notre argent. Mais celle, moi, qui certains jours, les mauvais cela va sans dire, devine un shar pei dans son miroir, parfois succombe à un vernis, que je sais qu’il y a peu de chance que je finisse. Alors je le choisis petit, et participe à la réussite économique de Mavala … Alors je souris, excellent remède contre la ptôse.

Ce mercredi, j’avais une petite idée derrière la tête, coincé entre deux épingles de mon chignon : découvrir les vernis UNE, ceux dont toute la presse ne fait que parler, ne tarit pas d’éloge, ne faisant saliver dès le début de l’année. J’étais donc prête à une petite infidélité, bien décidée même à me laisser tenter. Il faut que je vous avoue, sous les huées de la foule, j’ai été déçue. Ben oui, les couleurs je les ai trouvées moches, ternes, automnales, pas au goût de celle qui n’aspire qu’au printemps, sans doute jolies sur des peaux mates, ce qui n’est pas mon cas. Intérieurement j’ai râlé, rien laissé paraître, j’ai ma fierté, et un vigile au cul ça motive, mais c’est comme si l’on me refusait le paquet de bonbons sur lequel je salivais depuis des jours.

Et puis, houba houba, je me suis trouvée face à face avec Agnès b. Enfin ses produits de maquillage, enfin échappés des pages du magazine CCB. Parce que moi, je n’aime pas acheter par internet encore moi des produits aussi intimes que du khôl ou un rouge à lèvres. Et là j’ai testé longuement (le vigile commençait à s’impatientais et moi à jubiler), les fonds de teins, gloss, le noir à lèvres (là faudrait qu’on m’explique), enfin THE crayon à sourcils. Un trois en un (à plus de 16€ fallait au moins ça) : crayon rétractable, embout mousse poudré et brosse. Parfait. Parfait pour moi qui me doit de réinventer un sourcil, tchernobylisé de naissance. Tout sur la tête, rien sur la face.

Est-il utile de vous dire que je me suis dépêchée de retourner au boulot, sans oublier le passage en caisse et rassurer mon ami vigile, ai fait un détour par les toilettes, suis fait une petite séance dessin dans le miroir. Me suis éloignée, regardée, et constaté que finalement ce n’était pas si difficile d’être heureuse

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Et toi, tu fais quoi pour la St Valentin, hein ?

Hein ?!?

Depuis quand faut-il faire quelque chose pour la St Valentin ? Depuis quand faut-il offrir un cadeau à date fixe ? Depuis quand faut-il recevoir des fleurs (j’avoue que si la saison des pivoines avait commencé je n’aurais pas abordé ce sujet de cette manière …) ? Depuis quand faut-il se panurger au dîner , user de sourire pour séduire le serveur, l’amoureux ayant oublié de réserver ? Depuis quand faut-il hésiter entre tenir la main du sus dit amoureux, et se saisir de son couteau ? Depuis quand faut-il se transformer en comédien, en récitant, faisant rimer amour avec toujours, oublier que les histoires d’amour finissent mal en général ?

Si vous y tenez je vous dirais qu’en overdose de cœurs en tous genres arrosés à l’eau de rose, j’ai rendez-vous avec mon chat, croquettes pour lui, plateau télé, chocolat au lait, thé parfumé pour moi.

Et après ?

Après, l’amoureux revenu, nous nous en irons boire une bière dans notre pub favori.

Qui a dit que je n’étais pas romantique ?…

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Parfois je ne comprends pas, et c’est mieux ainsi

Nous sommes d’accord, sur cette photo, ni vous ni moi ne voyons grand chose sur cette photo. C’était le matin, j’étais dans le brouillard, le coton de fin de semaine, aux nuits raccourcies aux jours qui se rallongent mais demeurent lourds sur nos épaules que l’on découvre si faibles en cette pénible saison qui s’étire.

Bref, pas un jour à se débattre avec ses cheveux. Un élastique deux tours, ça tenait, je n’allais pas en demander plus.

Je pars donc en courant, enfin c’est ce que j’essayais de me faire croire, arrive, évite l’ascenseur et l’épreuve du miroir. Quand la situation est grave, inutile de se donner une raison de désespérer …

Et puis quelques heures après je croise une vraie gentille, une denrée rare, dont chaque parole est rare, chaque mot sincère, une qui sait se taire, une comme on aimerait en croiser plus souvent dans nos couloirs laborieux. Elle me croise, me sourit, rebrousse son chemin, et me murmure, combien elle me trouve bien coiffée aujourd’hui. Suis éberluée, réponds un stupide « ah bon ». Oui, ce chignon sur le côté, elle le trouve ravissant.

Nous avons poursuivi nos chemins, elle vers son poste de travail, moi vers les toilettes. Enfin oser me regarder, mettre la main dans mes cheveux, dans le pompon chancelant, le chignon de mousse, décalé, désaxé, déporté sur la gauche. Il a cette innocence, ce charme involontaire, de ceux qui ne se s’ignorent pas beaux.

Mon chignon, mon compagnon, mon doudou, mon objet transitionnel, caressé, torturé, mon unique que jamais je ne retrouverai, ne m’a pas lâché, et c’est fièrement que nous avons sautillé sur les trottoirs, lui portant haut, moi a contre-temps.

C’est si bon de se sentir belle.
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De la fille qui voulait un ombré hair tout en subtilité

Cette fille, vous l’aurez compris, ne peut pas être moi, la subtilité capillaire n’est pas mon rayon. Cette fille est de ma famille de cœur, une belle méridionale aux cheveux noirs.49445944630611e2b1f822000a1f9751_6Selon un immuable rituel, loin des yeux de nos amoureux, qui se doivent de croire que notre beauté ne peut être due qu’aux bonnes fées, celles qui se sont penchées sur nos berceaux, qui nous ont fait naître à la peau douce et glabre, le cheveux brillant, soyeux et changeant au fil des saisons, nous nous étions programmée une journée radassage, grands travaux. Toute femme sait que ces deux termes ne sont pas incompatibles !

Alors après moultes hésitations, des j’y vais j’y vais pas, aujourd’hui peut-être ou alors demain,

Enfin, elle s’est décidée (oui quoi, suis curieuse moi !)

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Elle avait opté pour un blond foncé. J’ai émis des doutes. Ben oui, je suis calée sur le sujet, je lis les blogs beauté. Mais elle voulait, je vous le rappelle du subtil, alors, elle s’est lancée.

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Elle avait opté, vous l’aurez reconnue pour Olia de Garnier, sensé ne pas abimer les cheveux, voire les protéger, a pris la pose, et c’était parti.

Produit étalé, étiré des pointes jusqu’à mi chemin des racines, rien de bien compliqué, rien qui elle l’a souligné ne nécessite le retour à Maître Capillaire.

L’attente a commencée. Nous avons bu du thé, mangé des mandarines, épilé des sourcils, refait le monde.

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Nous avons vérifié l’avancée de la décoloration. Re bu du thé, mangé un gâteau. Attendu, largement dépassé le temps préconisé.

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Trois quart d’heure après …

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Enfin, elle s’est décidée, éclipsée, pour rincer, laver, sécher. Revenue et rararatata (oui, bon, c’était sensé être des roulements de tambour, mais suis pas musicienne, alors on va faire comme), rararatata résultat

Rien, nib, nothing. Enfin, si un peu, peut-être, oui, maintenant qu’elle le disait, en se mettant à la fenêtre, et à condition qu’un rayon de soleil veuille bien venir jouer dans ses cheveux, il est bien possible que quelques mèches soient plus claires. A moins que ce ne soit un souvenir de baignades et de siestes alanguies au soleil.

Mais elle ne perdit pas espoir, elle en est sûre, cela va évoluer au fil des jours …

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PS : il semblerait que notre collaboration putative pour un blog beauté soit morte dans l’œuf. Mais je n’ai pas dit mon dernier mot …

De la fille qui se posait grave des questions

… pour éviter de donner trop d’importance aux fâcheux …

La morosité a laissé un voile gris sur mon dressing hivernal, en clair depuis quelques semaines je ne m’habille quasiment plus que de noir. Un foulard, un collier, je tente bien de donner le change. Mais d’aucun, l’Homme pour ne point le citer, n’est pas dupe, et m’a surnommée sa veuve corse. Wouhé. Bon. Voila. Je laisse trotter cette phrase dans ma tête, suis perplexe, pas sûre que ce soit un compliment.

Faut réagir … sans toute fois changer ma garde robe. D’ailleurs c’est trop tard, les soldes sont closes.

Donc j’ai réfléchi. Oui ça m’arrive. Et j’ai trouvé. Quoi de plus charmant de plus troublant  qu’une petite robe noire avec une touche de rouge. Posé là sur les lèvres.

Durant une semaine je m’y suis essayée … avec plus ou moins de réussite … Le matin tout va bien, je m’en vais je m’en vas fière et preppy, menton haut, sourire en coin. Mais à l’heure du déjeuner rien ne va plus. Soit j’ai opté pour le Rouge baiser, qui ne me lâche pas mais a asséché mes lèvres, les laissant cartonnées et colorées surtout en profondeur, dans les crevasses,  le vernis à lèvres YSL, au parfum à croquer craquer tout comme mes lèvres, soit j’ai opté pour le rouge coco de Chanel, au stick si élégant, à la texture si confortable … que je dois abandonner sur la serviette (fort heureusement en papier) avant de déjeuner. Croyez moi je suis mois triomphante en ressortant de mon resto, les lèvres soit nues, soit hachurées …

Honteuse, je n’ose me remaquiller. En catimini je passe un stick hydratant rapide mais appuyé sur mes lèvres et j’attends que ça passe tout comme les heures.

Alors je sais bien qu’il est des sujets bien plus importants, la paix dans le monde comme le dirait si bien une postulante au titre de miss France, mais ceux-là ne m’attendent pas pour que je les règle, se contre fichent de mon opinion. Mes lèvres par contre comptent sur moi, et ce midi vous savez quoi ? Non je ne vais pas déjeuner je vais jeter un œil chez Séphora …

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De la fille qui a passé des heures avec une crotte posée là sur sa tête

Eloignez les hommes et les enfants, ce que vous allez vous allez lire et voir est terrible, et ne doit pas sortir de nos salles de bain, chambres et écran. Des années après mes fils en parlent encore, comme d’un traumatisme, d’une scène à laquelle ils auraient préféré ne pas avoir à assister : la séance henné de leur mère. Moi. La de nouveau rousse et toujours aussi imparfaite …

Commençons par le choix du henné. Perso j’évite les rouges, je n’envisage pas de démarrer une carrière d’artiste underground ; les oranges, je les laisse à Ramsès II. Je n’ai pas de marque de prédilection, ou peut-être si Lush et Shiraz, tous deux bien plus chers que la moyenne (entre 7 et 8€ par utilisation), mais le rendu est stable, pas de couleur aléatoire, pas de mauvaise surprise.

Check-list :

– un saladier et une spatule en bois

– des gants

– une serviette qui en a déjà vu de toutes les couleurs, qui n’a plus peur de rien

– du temps

– une plage de solitude ou ne pas avoir peur du ridicule ( confère avertissement ci-dessus)

– un grand sens de l’aventure

– des litres de thé, vous aurez le temps pour le savourer

– de la patience, mais ça je ne sais pas où cela s’achète

– et un rouleau de cellophane. Ce qui m’a fait terriblement défaut, putain de minot. J’ai donc improvisé avec un sac plastique, adieu glamour …

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Ma recette ? Elle varie selon mon humeur. En gros, henné dans le saladier, une cuillérée d’huile d’olive mélangée au henné, je verse de l’eau très chaude, jusqu’à recouvrir le henné. Et touille. Touille. Touille, jusqu’à ce qu’il ressemble à une pâte à gâteau onctueuse. Et laisse refroidir. Ce serait idiot de finir aux grands brûlés !

Après je pose, d’abord sur les racines, puis mèche par mèche, et malaxe, et entortille le tout. Maintenant j’ai une grosse bouse qui s’est échouée sur ma tête !

Bien sûr il serait plus simple de se faire aider par une amie, une vraie hein, une qui vous tient le front au-dessus des chiottes après une cuite, une qui peut vous accompagner en salle d’accouchement, supporter vos hurlements, alors que l’homme fait les cents pas en salle d’attente. La mienne n’était pas dispo, elle avait prévu un henné. Oui, c’est une secte !

En ce qui concerne le temps de pose, ne croyez pas ce qui est écrit sur le packaging, soit entre une et deux heures. C’est due marketing. A moins que vous ne souhaitiez qu’une légère nuance, ou ne soyez blonde à la base, posez une ARTT, sacrifiez une journée de votre week-end.  L’idéal serait une nuit complète, mais moi je n’y suis jamais arrivée. Et prévoir une séance d’ostéo pour remettre vos cervicales dans le droit chemin, car pour des cheveux longs, vous aurez prévu 200g de henné, plus l’eau … ce n’est pas sûr qu’elles puissent tenir la distance …

Moi j’en profite, coups de téléphone, séance de rattrapage bavardage, bouquins, replay … à vous de voir.

Lorsque j’en ai marre, que je ne peux plus supporter le poids et l’attente, (mon maximum étant 4 heures, mais j’espère bien un jour battre ce record) direction la douche. Longs rinçages, au moins trois shampooings, essorage, séchage. Et voilà c’est fini.

Enfin presque. Maintenant faut balayer, attaquer la baignoire à la javel, et attendre quelques jours pour un résultat définitif.

Alors pour celles qui s’interrogent sur les raisons qui font que je continue à subir une telle épreuve, je répondrais, que  je crains la toxicité des colorations chimiques, et que cet ermitage forcé, ce rituel mensuel, contre toute attente … j’aime. Tout simplement.