De la musique dans ma nuit

Il est cinq heures, trop de thé, de pensées, de rêves éveillés, je n’ai pas sommeil.
J’ai chaud, me lève, prends une douche, me recouche enveloppée dans un peignoir humide, éteins la lumière.
La fenêtre est ouverte et laisse entrer des rafales d’air tiède et des voix, des bribes de conversations dans la chambre.
J’écoute. C’est loin et proche à la fois.
Je ne suis plus seule.
Je me lève, me penche par la fenêtre, des lumières transpercent la nuit. Une musique, je la connais, la reconnais, Balades de Coltrane. Les voix se taisent.
Je me recouche, me laisse bercer par le jazz.
Je ne suis plus seule. Dans la cour, nos âmes apaisées communient dans la nuit qui bientôt ne sera plus.

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Quand le printemps pointe son nez

Quand le printemps pointe son nez, et s’invite en mon dimanche, je m’évade dans les ruelles de ma ville, en bonne compagnie, celle de la plus vieille amies des amitiés, celle de l’enfance, sur laquelle le temps n’a pas de prise. 
Nous nous perdons (enfin surtout moi) sans jamais nous égarer dans les rues et dans les conversations, passant de la mer aux musées et du coq à l’âne.

Peu à peu, nous nous réchauffons à la douceur du soleil, et nous déshabillons nos corps (un peu, un tout petit peu) et nos âmes (beaucoup).

Car nous en avons parcourus des kilomètres, traversées des années et des épreuves, des soirées alcoolisées et enfumées entre rires et pleurs, et levés des verres et trinqué « à l’Amour ». Sourires de connivence. Tchin. Et de concert, les yeux dans les yeux, clamer « Mort aux cons ». Pas bien dangereux, mais ça fait du bien !

Une orange pressée, une carafe de rosé qui se vide, les olives disparaissent dans nos bouches (enfin surtout la sienne), qui en recrachent les noyaux, des nouvelles de nos ex et de nos néo, des trahisons, et puis bien sûr, les confidences qui se libèrent, des questionnements qui se verbalisent et n’attendent pas de réponse, seulement une oreille et un regard qui accompagne dans ce voyage intérieur, dans ses abîmes de noirceur et de douleur. 
Et se prendre la main, se la tapoter, un sourire, un rire qui libère, des larmes que l’on ravale, s’essuie la joue le nez d’un doigt élégant discret, tête rejetée en arrière et reprendre sa respiration d’une lampée d’air brève et profondément inspirée qui se confond et étouffe un soupir et clôt l’échappée triste de nos soupirs.
Et là, miracle, nous allons mieux, merci.
Elle n’est pas mon amoureuse, je ne suis pas la sienne, nous aimons les hommes, les vrais qui ne nous comprennent pas tout à fait, et nous trop bien, et auxquels nous  semblons des animaux bien singuliers et fort mystérieux.
Elle est mon amie, elle est ma sœur, née quelques mois avant moi d’une autre famille, celle qui peut tout entendre, qui peut tout me dire, celle qui peut téléphoner à toute heure, celle qui sait mes noirceurs, celle dont je connais les fêlures, celle que je ramasse, celle qui me bouscule.
Et je le sais moi, j’en suis sûre, je finirai ma vie en bonne compagnie, car nous nous le sommes promis, ces dernières décennies nous les passerons ensemble et avec tous ceux que l’on aime !

En attendant nous reprenons notre balade, car elle est bien belle ma ville , riche en couleurs, toute de guingois, partant en morceaux maintenus par des béquilles de fortune.
Et puis surtout elle ne se prend pas au sérieux, elle n’en a pas les moyens, et ne manque pas d’humour ma ville !

Du balai !

Bon, je sais cela ne fait pas plaisir mais une femme avertie en valant deux, il me faut vous révéler un secret de polichinelle : si votre homme se plaint de fatigue, déprime, s’accompagnant de baisse moral de libido, préparez vos mouchoirs et à le considérer comme un ex.
Inutile de le bichonner, le chouchouter le câliner, vous verrez, il ne veut qu’une chose se casser !
Dans un premier temps, il va vous dire avoir besoin de prendre ses distances (quelle expression stupide), se retrouver, réfléchir. Il est perdu, ne se reconnaît plus, a besoin de faire le point sur lui, sur vous, sur votre couple, mais surtout, surtout ne le touchez pas il ne vous supporte plus.

Et puis faites un effort, vous voulez lui rendre service ? Abrégez ses souffrances : foutez-le dehors !
Soyez sans inquiétude, il va vous jurer sur tout ce qu’il a de plus cher (vous peut-être ?) le contraire, il  sait déjà sous quel jupon se réfugier, car oui, soyons clair, croyez-en mon expérience et celle de mes nombreuses copines d’infortune, la dépression de votre futur ex, a un petit nom, que vous pourrez choisir entre salope grognasse pétasse pouffiasse putain, oui, allez-y défoulez-vous, ça fait du bien !
Alors sachez-le, contrairement à ce qu’il peut vous dire, il ne ment pas pour vous préserver, car vous allez bientôt si ce n’est déjà fait le découvrir, non vous n’êtes pas fragile, non, c’est lui qui est lâche !
Il veut prendre la fuite ne pas voir ne pas savoir la conséquence de ses actes, sans pour autant passer pour un salop auprès de sa famille, ses amis, son entourage. Non, il ne veut pas que l’on puisse dire qu’il ne pense qu’avec sa b…, qu’il a menti trompé vous et tout le monde, non il préfère laisser l’image d’un homme qui a souffert et qui n’a eu d’autre solution que de reprendre sa liberté … et vous rendre la vôtre … 
Elle fait quoi la femme éconduite, niée, blessée, qui n’a même plus la force de se mettre en colère, qui sait que malgré toute la souffrance et osons le dire, la honte, ne rêve que d’une chose c’est que l’infidèle lui revienne maintenant et même pas à genoux, non, juste qu’il réalise qu’il n’aime qu’elle , bref une Hollywood’s Happy End.
Dans la vraie vie, la femme pleure le jour la nuit dans la rue, dans son lit, au téléphone, au resto, au bistro, et raconte son histoire … que nous sommes nombreuses à connaître fort bien !
… Et puis, elle ne s’en vantera pas auprès de la gente masculine, mais court chez une voyante, une cartomancienne compatissante et clair-voyante qui seule saura lui mettre baume au cœur et étoiles dans les yeux. Les anges chuchotent à l’oreille de madame Irma, ils savent ce bel avenir, cette jolie vie qui vous attend semée d’amour(s) et réussites, et  quelle femme formidable, extraordinaire, magnifique vous êtes et que monsieur ex, ce boulet, ce minable, ne vous méritait pas. 
Rrrrrrhhhhhoooooo que c’est bon !!!! Qu’elle est douce la voix des Anges, qu’il est bon de se savoir aimable. Elle l’a bien mérité son argent madame Irma, elle fournit les mouchoirs, est plus la plus efficace et la plus rapide des psychothérapeutes, Té, pour un peu vous l’embrasseriez en vous échappant …

Suis motivée, suis motivée

Depuis que j’ai écrasé ma dernière cigarette quelques heures (je n’ose compter en jours, je n’aime pas le misérabilisme ), je ne rêve que de ça : du sucre et de la douceur !
Suis motivée
Je ne craque pas,  (suis motivée, suis motivée), la nicotine ne me manque pas (suis motivée, suis motivée), mais le geste qui ponctue et rythme mes journées, clôture les repas, apaise les colères, le geste  de la main qui se dirige vers le paquet de cigarette, il est enfoncé bien profondément dans mon cerveau et ma nature. Alors, je fuis mes envies et mes faiblesses, et pars me balader, me changer les idées, faire les boutiques. 
Et alors là … Non, mais vous avez remarqué vous le nombre de boulangeries de pâtisseries de glaciers de confiseurs de chocolatiers.  J’en vois partout, ils me cernent me poursuivent me harcèlent. Ils me narguent avec leurs vitrines dorées et alléchantes. Suis motivée, suis motivée … mais si faible, si fragile.
Je ne bois pas, je ne fume plus, mais …
Je veux du craquant du croustillant,
Je veux du sucre avec du gras dedans 
Du miel
de la mélasse
du sucre en poudre
du sucre glace
du sucre blanc
du sucre roux
de la cassonade
du glaçage
DES GÂTEAUX !!!!
Avec du chocolat, 
en barre
en pépites
en ganache
en nappage

Avec des fruits
des fruits frais
des fruits secs
en compote
en confiture
en tarte
en crumble
en tatin 
Je le sens je vais me les prendre ces cinq kilos et me les quiller sur les hanches et les fesses. Adieu goudron sur les poumons bonjour peau d’orange sur les cuisses ! Et ce n’est pas comme çà que je vais me les décalaminer mes artères !
Car moi, les copines, suis une femme libre, suis pas patchée, pas nicorettée, ni hypnotisée, ni médiquée, nothing, 100% volonté la Pimprenelle, mais pas à l’infini et au-delà du coin de ma rue.
Suis motivée, suis motivéeeee ……

Pimprenelle à Paris : à la recherche du trench perdu

C’était un jour d’avril parisien et pluvieux, de vacances en amoureux, une échappée belle entre culture et récolte de douceurs.
C’était un dimanche comme je les aime, de brioches en croissants chauds, de balades en canapés moelleux.
C’était une journée sans programme ni horaires, où nos pas chaloupés, hanche contre hanche main dans la main nous conduisent visiter une exposition, une folle, fruit des années magiques d’insouciance et de transgression, de dentelle et de flower power où rien n’était grave, tout était possible, pas de limite pas d’interdit pas de sida.                                                                    
Crumb de l’Underground à la Génèse, Crumb et  Fritz the cat, Crumb et  Mr Natural, Crumb et ses frères, Crumb et sa perversion.

Une vidéo qui donne la nausée et l’envie de s’échapper, de se requinquer, de se réchauffer, le moral flapi sans réelle bonne raison, ne pouvant accepter que ce soit ainsi que des hommes vivent. 
Bref j’ai besoin d’une bière. Et de s’éloigner, partir loin, dans un endroit paisible, quoi de mieux que « Le Père Tranquille ». 
Des tartines/Tapas et un café plus tard nous repartons pour de nouvelles aventures, plus gaies, plus légères. 
Dans la vitrine je surprends le bombé rebondi de mes fesses, étonnée d’avoir oublié le joli galbe que cette robe seule sait créer. Mais quelle gourde, quelle prétentieuse, tu fais ma pauvre fille (oui, lorsque je suis en colère contre moi-même je me dédouble), tu voilà bien punie, lorsque arrivée chez tes hôtes tu réalises … avoir oublié ton trench ! GGGGGRRRRRR ! Dinde !
Je vous épargne l’humiliation du retour sur le lieu du crime, le regard en coin du serveur, qui dit rien et n’en pense pas moins, et le mien honteux et contrit. Monsieur Chéri propose que nous courions en racheter un. Non, mais çà ne va pas, non, je ne peux pas le remplacer, faut que je fasse mon deuil !
Alors pour tromper mon chagrin, je regarde autour de moi, et essaie de comprendre comment lutter en toute élégance contre la pluie et les intempéries. Et très vite, j’ai pu le constater, nombreux sont les moyens à notre disposition, mais tous ne me paraissent pas bons …
J’ai donc pu croiser le chemin … 
d’une japonaise avec une toile cirée sur la tête…

…  du Père Noël … 
… d’un Mayol ou d’un Maillol …

… du cinquième mousquetaire …

… et l’improbable famille Durex !

… J’ai compris la leçon, et retourne chez Zara,  racheter un trench, tout simple, classique mais pas trop, un noir clone de mon cher disparu, finalement si facile à remplacer, et toute bière et honte bues … nous n’en reparlerons plus …

Pimprenelle à Paris : lost in Kiko

Parce qu’en vérité je vous le dis, acheter utile c’est intelligent, mais futile c’est réconfortant, une femme c’est un cerveau autour duquel il faut du joli, du blond, du beau.

Parce que par temps de pluie et de gris, je ressens un fort désir besoin de chaleur et de couleur.

Parce qu’il suffit que je prenne la sage décision de ne pas maquiller mes ongles pour partir en loooong week-end, pour que soudainement je me meure d’amour pour toute main manucurée !
Parce que les hormones çà ne se commande pas,  je n’ai pas besoin de tout justifier, je n’ai pas à m’excuser, bref, suis allée chez Kiko !
Bon, je vais être franche, dans un premier temps je me suis demandé ce que je foutais dans ce lieu bruissant de donzelles à peine pubères. Il m’a fallu du courage pour ne pas rebrousser chemin et assumer mon grand âge, et me souvenir que oui, il me fallait absolument cette éponge au konjac, que j’ai pris le métro, ai changé, marché, me suis perdue, pour la voir la toucher, et bien sûr l’acheter.

Car moi, un produit qui va se poser sur ma peau je ne peux ni veux le commander sur le net. C’est très similaire à une rencontre sur meetic : on y effectue un premier choix, mais le passage du virtuel au réel peut s’avérer, comment dire … déconcertant voire catastrophique !

Moi, il me faut sentir, palper, tester (là j’ai quitté Meetic, suis revenue aux produits de beauté !) et hésiter, chercher la bonne lumière, comparer, effacer, recommencer. Toutes les vendeuses vous le diront, je ne suis pas une cliente facile facile. Attention, pas désagréable, non pire, je suis celle qui ne sait pas exactement ce qu’elle veut, mais fermement ce qu’elle ne veut pas.

Revenons à nos moutons, ma recherche de l’éponge efface misère tout droit venue du Japon, via Milan, écolo quoi ! Au bout de quelques minutes, enfin je la déniche, l’ai dans la main, palpe, et décide que faute d’exceller pour son usage officiel, je pourrai la reconvertir en balle anti-stress de voyage … et en prends deux.

Mission accomplie je peux me disperser, et répondre aux avances des vernis (RRRHHHHOOOO 2€50 !) qui me font de l’œil, en choisis deux rouges, un pour les jours de pluie, un ben, pour les autres …

Un peu plus loin un fard à joues stick/crème dont la couleur me séduit, un tomette brique terre cuite, pour ensoleiller mon visage en douceur et discrétion.
Plus un gel nettoyant pour les mains, mais ça c’est raisonnable alors ça ne compte pas.

Résultat des courses, j’étais entrée pour une éponge, suis sortie avec un sachet ! Côté produits, l’éponge est parfaite pour moi qui aime avoir la peau douce et doit me faire violence pour limiter le nombre de gommages. Le fard est tel que je l’espérais, bonne tenue, coloris parfait. Côté vernis j’ai un peu plus galéré, je l’ai déjà dit, suis pas douée, en coloriage j’ai toujours dépassé, mais une fois surmontées la surprise et la maîtrise  du big pinceau, suis heureuse. Me voilà femme, jusqu’au bout des doigts !

Il ne me reste qu’une interrogation : dis monsieur Kiko, pourquoi est-il interdit de le photographier ton magasin, t’as peur de quoi, de l’espionnage industriel, tu veux le total respect de ton droit à l’image, celui de ton intimité, tu fait ton timide, ton pudique, tu as quelque chose à cacher ? Moi, c’était ton enseigne que je voulais flasher, mais ta vendeuse devenue cerbère m’en a fermement dissuadée !

P.S. : mention spéciale à monsieur Chéri qui alors que je furetais m’attendait sagement dans la galerie, et nous a accueillis, mes achats, ma culpabilité et moi, avec le sourire et sans remarque désobligeante

Pimprenelle à Paris : l’achat intelligent

… Où il vous sera démontré que Pimprenelle n’est pas qu’une acheteuse compulsive …
Ce dont vous pourrez douter dans quelques jours, à la lecture de la suite des aventures de Pimprenelle à Paris …
Cet objet qui me met en joie a croisé mon chemin dans le BHV, alors que j’étais en quête d’un slim rouge, tout simple, mais pas trop rouge, plutôt sang de bœuf ou garance ou d’andrinople, et puis tout doux, peau de pêche, et pas trop court, juste au-dessus de la cheville, pas trouvé, vous l’auriez deviné … ils ne l’avaient plus dans ma taille …
Bon, vous me direz, des slims rouges, tout le monde en a (mais pas moaaa !), mais ce machin inconnu à Marseille, je me le suis importé de Paris, et n’en suis pas peu fière (et ne crains pas le ridicule !).
Regardez bien cette photo de très mauvaise qualité, je vous l’accorde. Et vous vous dites « c’est quoi ce truc » ? Et bien c’est mon nouveau 3 en 1 !
Tout d’abord, c’est comme qui dirait ma nouvelle théière, qui passe à la machine et contient très exactement la dose de théine dont je devrais savoir me satisfaire si j’avais appris à être raisonnable, soit environ 35cc, soit 1/3, voire 1/4 de ma consommation journalière en période vacances/sevrage/pause café.
Mais encore, mon nouveau compagnon de « je me la pète façon marseillaise sur-bookée » (si si ça existe), qui court les rues et la Canebière son mug à la main. En gros, quasi chaque matin où mon réveil n’a pas su remplir sa fonction …

Et enfin, mon nouvel outil anti-addiction, car nous le savons toutes, pour se libérer d’une il nous faut sombrer dans une autre. Mais bon, cette décision n’étant pas totalement assurée d’aboutir, craignant de vous paraître faible, d’être honteuse au grand jour, et devoir partir me cacher, je vais dire que c’est mon secret … dont je vous parlerais, peut-être un jour, si je me trouve en capacité de me tresser une couronne de lauriers et de la mériter (et de ne plus avoir à lutter contre une folle envie de m’en griller une … mais je ne vous ai rien dit …).

En attendant ce jour lointain, je la sens poindre la nouvelle question, et oui comment çà marche ? C’est simple, nettement plus que de repérer dans le métro parisien. Alors tel le bonimenteur de nos marchés de Provence, je vous explique : on verse de l’eau chaude dans le récipient transparent, du thé dans le panier métallique. On ferme, tourne la manivelle : plongeon du thé dans l’eau. Après infusion, mouvement inverse, et enjoy ! 
Alors cet objet vous l’aurez compris, c’est mon BB cup, celui qui va me rendre ma liberté, sur lequel je vais passer mes nerfs, et mouliner pour ne plus avoir à battre du briquet … 

Pimprenelle à Paris : le métro

Il était une fois une provinciale qui s’en alla à la capitale. Donut sur la tête, souriante et court vêtue, main glissée dans celle de l’amoureux … enfin presque ça c’était dans l’idée, la réalité étant toute autre. 
Vous auriez donc pu nous apercevoir, moi, angoissée, courant sur le quai de la gare, le cheveux en bataille (cheveux 1 -moi 0), le billet entre les dents, lunettes de soleil sur la tête, de vue glissant sur le nez ; Monsieur Chéri était bien à mes côtés, mais à une distance de sécurité, car j’ai beau me vanter de voyager léger … Monsieur météo m’avais mise en garde, il me fallait parer à toute éventualité, et mes sacs débordant de « aux cas où » et de « on ne sait jamais » n’incitaient pas à la promiscuité. L’amoureux lui est pragmatique, mais dangereux : un sac à dos et une valise à roulettes qui a la fâcheuse inclinaison pour mes genoux … qui en garde encore le souvenir bleuté et douloureux !
Bref, une tarte aux pommes, 150 pages de polar suédois ( « Le dernier hiver » de Äke Edwardson) et 3h30 plus tard, Paris nous voilà et à nous le métro.

Arrive le moment des aveux : le métro parisien, je déteste !

Je ne suis pas douée et ne compte plus les mésaventures que j’y ai connues. Combien de fois me suis-je perdue ; ses couloirs fleurant bon la pisse, sont des dédales où je perds la raison (mon non-sens de l’orientation ne peut pas tout expliquer, il est des moments où je me demande si je sais vraiment lire !) ; combien de fois m’y suis-je arrêtée pour essayer de comprendre et réparer mon erreur, déplier mon plan et me faire bousculer, me transformer en toupie humaine, aucune aide à espérer, il faut avancer, les larmes au bord des yeux, lutter contre le ridicule et  l’envie de crier « maman !!! », suivre le flot, ne pas rompre le rythme. 
Aujourd’hui, j’y suis avec ma boussole, mon amoureux, j’y flâne, prends des photos, m’y sens en (relative) sécurité. Il est beau votre métro, mais le voyez-vous encore ? 
Vous détournez les regards, feignez de croire que vous êtes seuls sur ces quais, niez la promiscuité dans les wagons bondés, vous guettez l’éventuelle libération d’un siège où vous glisser, dans lequel, enfin vous pourrez fermer les yeux et vous abandonner dans des sommeils lourds de fatigue ou vous échapper dans des rêves d’ailleurs. 
Je vous regarde, vous souris en vain. Alors j’écoute les flatulences d’une porte se referment,et vous découvre sourds. Des conversations dans mon dos. Je tends l’oreille : du russe. Plus loin une autre : de l’allemand. 
Un strapontin, je m’y installe et glisse et me laisse bercer par le roulis. Je pose ma tête au creux de l’épaule de mon amoureux. Les voix se font plus lointaines, les langages indistincts, indifférenciables ; alors je décide qu’ici on parle « étranger » et le deviens à moi-même. 

Suis pas jalouse, mais

Je vous le confirme, je ne suis pas jalouse mais …
Si monsieur Chéri a l’idée d’aller voir si l’herbe est plus verte ailleurs et de se rouler dans la rosée, et bien, il est prévenu il paiera les pots cassés, et pourra aller planter sa tente ailleurs.
Non, je ne suis pas jalouse, il a le droit de regarder, mais doit se souvenir de prendre garde, que je l’ai à  l’œil (qu’il n’oublie  pas celui que j’ai de greffé dans le dos),  et respecte  la mise en garde « GUARDARE MA NON TOCCARE » !
Non, je ne suis pas jalouse, son passé, no problemo, mais quand il ressurgit le sourire roucoulant et la fesse frémissante, mon sang ne fait qu’un tour, et je pose les limites afin qu’il ne dépasse pas les bornes : « Tu la croises, très bien, vous buvez un verre, OK, mais un tête-à-tête dans l’ex nid de vos amours, là je dis non ! », car nous le savons de la cuisine à la chambre, il n’y a qu’un pas …
Non, je ne suis pas jalouse, attention femme dangereuse, qui  rappelle que é pericoloso sporgersi (notez au passage que la non-jalousie s’exprime mieux en italien) sur le décolleté de la Bimbo, et que celui qui plonge encourt le risque de tomber de haut.
Non, je ne suis pas jalouse, et il le sais, je te lui redis, je ne mettrai pas en colère, mais aux abonnés absents et disparaîtrai de sa vie, sa boîte mail, de sa carte mémoire. Car aimer, je l’ai appris demande respect de l’autre et de soi même, et qu’il est des zones sombres à ne pas explorer, où dans une autre vie je me suis fourvoyée, suis allée, ai vu et n’ai pas vaincu.
Nous sommes adultes, nous sommes libres, libres de nos choix, libres de rester ou de partir. L’erreur est humaine, la chair est faible, mais je n’ai ni l’envie ni la force, ni l’envie d’avoir la force de subir, de souffrir, d’être nourrie de mensonges, d’imaginer des comparaisons, des complicités, des gestes des caresses et des draps froissés.  
Et puis oui, je sais, monsieur Chéri n’est pas jaloux, mais j’aimerai bien moi qu’il le soit un peu, juste un peu, parfois, pas tout le temps. J’aimerai bien voir ses yeux virer au noir et lancer des éclairs, et ses lèvres se crisper sur des mots qu’il se refuse à prononcer, et se reprendre en reconnaissant son erreur.
Alors, monsieur Chéri, toi dont la devise est « quand on veut on peut, n’oublie pas qu’une femme blessée vaut une tigresse, et que moi aussi je peux … avant de tourner les talons
Alors monsieur Chéri, si tu viens à fauter, surtout un conseil … soit discret …