De la fille qui s’initiait au crayonnage

C’était ce midi, un mercredi midi, un mercredi comme un autre, un jour qui ne ressemble à rien, le point de bascule d’une semaine qui commence à compter les heures qui la  sépare du week-end.

Personne avec qui manger, pas grave j’avais besoin de marcher, de futile d’utile d’essentiel à ma bonne humeur que je me suis promis de nourrir, d’arriver à faire refleurir.

Dans ces cas là, deux solutions : Monop ou Séphora. Et pas toujours pour acheter, souvent seulement pour voir sentir toucher essayer imaginer. M’imaginer autre plus belle plus jeune. Moi en mieux. Et tester des nouveautés, des produits que l’on nous présente comme magiques, des qui vont nous faire perdre nos kilos nos rides … et assurément notre argent. Mais celle, moi, qui certains jours, les mauvais cela va sans dire, devine un shar pei dans son miroir, parfois succombe à un vernis, que je sais qu’il y a peu de chance que je finisse. Alors je le choisis petit, et participe à la réussite économique de Mavala … Alors je souris, excellent remède contre la ptôse.

Ce mercredi, j’avais une petite idée derrière la tête, coincé entre deux épingles de mon chignon : découvrir les vernis UNE, ceux dont toute la presse ne fait que parler, ne tarit pas d’éloge, ne faisant saliver dès le début de l’année. J’étais donc prête à une petite infidélité, bien décidée même à me laisser tenter. Il faut que je vous avoue, sous les huées de la foule, j’ai été déçue. Ben oui, les couleurs je les ai trouvées moches, ternes, automnales, pas au goût de celle qui n’aspire qu’au printemps, sans doute jolies sur des peaux mates, ce qui n’est pas mon cas. Intérieurement j’ai râlé, rien laissé paraître, j’ai ma fierté, et un vigile au cul ça motive, mais c’est comme si l’on me refusait le paquet de bonbons sur lequel je salivais depuis des jours.

Et puis, houba houba, je me suis trouvée face à face avec Agnès b. Enfin ses produits de maquillage, enfin échappés des pages du magazine CCB. Parce que moi, je n’aime pas acheter par internet encore moi des produits aussi intimes que du khôl ou un rouge à lèvres. Et là j’ai testé longuement (le vigile commençait à s’impatientais et moi à jubiler), les fonds de teins, gloss, le noir à lèvres (là faudrait qu’on m’explique), enfin THE crayon à sourcils. Un trois en un (à plus de 16€ fallait au moins ça) : crayon rétractable, embout mousse poudré et brosse. Parfait. Parfait pour moi qui me doit de réinventer un sourcil, tchernobylisé de naissance. Tout sur la tête, rien sur la face.

Est-il utile de vous dire que je me suis dépêchée de retourner au boulot, sans oublier le passage en caisse et rassurer mon ami vigile, ai fait un détour par les toilettes, suis fait une petite séance dessin dans le miroir. Me suis éloignée, regardée, et constaté que finalement ce n’était pas si difficile d’être heureuse

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Une fois n’est pas coutume, aujourd’hui j’ai fait preuve d’optimisme

Je n’aime pas l’hiver. J’en ai déjà assez, la peine fut sévère et semble décidée à s’éterniser, je n’en ai fait que la moitié. Inutile de vous moquer, nous subissons toutes la même punition.

Je subis en silence, m’emmitoufle, disparais sous des couches disparates de tissus. Je ne suis plus une femme, suis devenue un porte-manteau, informe, en lutte permanente contre les tremblements.

Le corps est mis à l’épreuve. Dans les boutiques il étouffe, à l’extérieur il grelotte. Il s’essaie à la thermo-régulation, sans oublier de faire front, aux maladies, aux infections. Pas étonnant que je me découvre fatiguée, irritable, maussade.

Et soudainement voilà qu’il fait doux, que mon cous se dénude, que je m’étonne à retrousser mes manches, que je me surprends à avoir des envies de déjeuners en terrasse,que je me mets à y croire au retour des beaux jours. Je sais bien que c’est faux, que ce n’est qu’un leurre, que nous sommes dans l’œil du cyclone, que bientôt je vais encore avoir le moral dans les bottes fourrées.

Mais en attendant,hein, suis pas du style à me laisser abattre, suis pas du style à baisser les bras, d’ailleurs je ne pourrai pas me le permettre, avec tous ces vêtements.

Donc ce soir,  j’ai eu envie de voir la vie en rose, et puis me suis dit que c’était exagéré. Alors j’ai opté pour du raisonnable, du rouge, le Los Angeles, de Malava. Et maintenant j’admire mes doigts de pieds en éventail sur ma couette,et je rêve, je rêve d’été et de vacances, je rêve de Maison Bleue, et de collines, et de Nouvelle Orléans, de blues et de tramway nommé désir. Putain, je crois que je recommence à avoir des envies de vacances, me demande même si elles ne se transformeraient en des besoins de voyages, si cette pathologie ne deviendrait pas chronique, les crises de plus en plus fréquentes, résistantes à tous les traitements … Le palliatif,  je le connais : un petit changement d’air, même pas loin, là ou l’on ne parle pas français … Avec une cerveza et quelques Tapas … Rhhhhoooo, incurable, incurable !!!!

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Le jour où j’ai fait des éclats

Vous voyez ce truc, ce n’est pas un ongle. C’est un drame.

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Vous êtes une femme ? Vous ne pouvez que me comprendre (hommes passez votre chemin, cet article ne peut que vous paraître sidérant …).

Vous partez de chez vous, pomponette fatale jusqu’au bout des ongles, manucure flambant neuve. Impeccable. Prête à affronter les fâcheux, à les rejeter au loin rejoindre leurs congénères d’un simple balayage de la main et d’un sourire carnassier, lorsque soudain, soudain vous le voyez lui, le traitre. Et vous voila une journée durant mise à l’index, à parler vite en faisant voltiger vos mains, espérant que l’autre, le fâcheux, n’y verra que du feu. Jamais vous n’avais tapé aussi vite sur votre clavier, tout en hurlant silencieusement VENGEANCE, VENGEANCE, . Et parfois même FAIT CHIER ! Oui, je sais je suis vulgaire, mais bon, hein, la situation est grave, et j’en perdrais presque mon humour !

C’est avec impatience que vous attendez la fin de journée afin d’offrir un bain de dissolvant à votre MAVALA (le ROCOCO RED pour les curieuses, torride !). … et recommencer, parce que vous ne pouvez rester sur un échec. Et demain, vous en êtes sûre, la chance aura tourné, vous serez vernie …

Le jour où j’ai appris que je pouvais passer des commandes sur mon blog

Cette semaine j’ai reçu un appel téléphonique d’une amie à 23h30, une heure incongrue, enfin pour elle, la couche-tôt. Elle sait qu’elle peut, que je ne dors pas, et que quand bien même, pour elle je suis toujours disponible. Tout comme elle l’est pour moi. Bref nous sommes amies, de celles dont on peut dire sans crainte de se tromper à la vie à la mort, de celles qui ne se cachent rien, comment le pourraient-elles, l’autre devine toujours tout. Celles qui n’ignorent ni les rires ni les pleurs, les gros chagrins les petites mesquineries de l’autre. Celles qui se sont soutenues dans des épreuves que la vie nous assènent, les deuils les séparations les cheveux qui virent au vert durant une baignade au cours d’un voyage paradisiaque. Celles qui ont traversé les tourmentes et l’île de Ré côte à côte. Enfin, côte à côte, c’est une image, plutôt elle devant loin et moi zigzagant évitant miraculeusement la chute alors que la selle s’incrustait dans mon fessier.

Nous avons fait le bilan de la semaine écoulée, de nos galères et de nos bonheurs, plein de choses que vous le comprendrai je tairais qui ne regardent que nous. La machine à laver me hurlait qu’elle avait terminé son boulot, qu’il me fallait me bouger, la débarrasser de son fardeau, étendre le linge, me mettre au turbin. Moi je m’en foutais, feignais de ne pas l’entendre de l’ignorer, résistais à la tentation de lui hurler « ta gueule ! », lorsque au passage elle m’a dit m’avoir trouvé le vernis Sienna Red de MAVALA que je cherchais cette semaine. Oups ! Super ! J’adore ! Pas de doute elle me lit. Et puis elle est allée voir « Les derniers jours de Stephan Zweig », avait réservé des places avant de découvrir ma critique plus que réservée sur mon blog. Elle y est donc allée avec un peu de crainte, et m’a confirmé mes impressions : Elsa Zimberstein insupportable et Patrick Timsitt inexistant. Désolée, mais c’est ainsi.

Alors oui, elle me lit et je m’interroge : que vais-je pouvoir lui raconter de futile qu’elle ne sache déjà dorénavant. Car il est hors de question que lors de notre prochain week-end, je lui laisse le monopole de la parole tout en sirotant nos pastis, et qu’elle gobera TOUTES nos olives !

Bon, je la lui cèderais bien maintenant, la parole, mais bon, j’aurais trop peur de ne pas pouvoir la reprendre. Ah mais je suis idiote, elle ne sait pas commenter !

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Mon royaume pour un vernis ! Nan, je plaisante toujours (quoique) …

Voilà, tout allait bien. J’étais en vacances, il faisait beau. Bon, par ces aspects là rien n’a changé, sauf que voilà un petit vernis est entré dans ma vie. C’est une amie qui l’a ramené dans ses valises parisiennes qu’elle a déposées pour quelques jours dans ma maison. Innocemment, la diablesse me l’a fait essayer … Putain qu’il est beau Wouha il me le faut !

Il est temps de faire les présentations : Sienna Red 194 de chez MAVALA

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(la couleur c’est un peu ça, mais en mieux)

J’adore J’adore J’adore !

Je me calme. Je me reprends. Il n’est pas dans ma nature d’hystériser ainsi pour une chose aussi insignifiante qu’un vernis, mais celui-ci est pile poil dans les tonalités automnales que j’affectionne depuis … peu.

Bref, vous savez ce que c’est, ici je parle de vernis, mais c’est valable pour bien d’autres choses, quand je veux je retombe en enfance, ne peux attendre, il me le faut TOUT DE SUITE.

Hier, entre deux rendez-vous je me suis précipitée chez MONOPRIX, sûre de le trouver. J’en suis sortie verte. Verte de rage, de dépit, de colère, bougonnante comme une vieille folle, putain (oui encore, mais la situation est grave !) je l’ai épluché le corner Mavala, par couleur, par numéro, j’en ai déplacé des petits flacons, regardé derrière, au milieu, remarqué combien de référencements subtils m’apparaissaient comme d’inutiles doublons, j’en ai mis de la volonté, mais rien à faire, ils ne l’ont pas !

Tout ce qui s’offre à vous, homme ou babiole, et se refuse ensuite, prend de l’emprise sur votre âme, que vous êtes prête à damner pour enfin le/la posséder, qu’enfin il soit vôtre. Il vous obsède, hante votre cerveau, fait fuir toute once d’intelligence. Vous êtes possédée.

Il me faut donc me libérer. Je m’en vais donc vous quitter, aller marcher d’un pas rapide et énergique, dépenser des calories, arpenter les rues marseillaises, agrandir mon périmètre, visiter les Monoprix, les Galeries Lafayettes et autres, les para et pharmacies, (Séphora ?).

Et puis, si le sort s’acharne, je saurai me consoler, cesserai ma crise de paranoïa, de croire que le sort s’acharne contre moi, que je touchais à la perfection qui m’est à jamais refusée, je suis une grande fille maintenant, je ne peux plus me rouler par terre, cela ne se fait pas. Et puis suis pas sûre de pouvoir me relever avec toute ma dignité. Alors décidons que ce n’est pas grave, mais totalement futile … et que je vais le trouver … et vite …