Love me please love me

Et puis arrive midi, et tu te mets en pause, quittes les oripeaux de ton existence de convenance la médiocrité de ton ordinaire dans laquelle tes besoins alimentaires t’ont précipitée, tu endosses la robe de pétales de pivoine de Pimprenelle, et t’en viens voir tes statistiques tes commentaires, vérifier si ta papillote a planté sa tente à la UNE d’Hellocoton, vérifier l’état de santé, si sur ton blog au moins il fait grand beau.

Rien nada tu n’y es pas tu n’es nulle part tu n’existes même pas là dans le virtuel. C’est normal tu le savais une fois de plus encore et toujours, tu n’es rien tu es nulle tu brilles par l’absence de tout talent. Tes statistiques aux courbes calquées sur celles de ton électo-encéphalo. Tes lectrices se sont fait la malles depuis longtemps assoupies assommées par le poids de tes virgules, de tes mots qui se culbutent, fécondent et stupidement en engendrent d’autres. Et depuis peu tu as découvert la parthénogenèse, d’un article tu en fait deux, que tu écris de 2h à 5h du matin, crevée, dans un état second à toute vitesse à la poursuite d’une idée prête à l’escapade que tu allonges ligotes sur la toile ; après bien sûr trop tard un fois publié faudra pas te plaindre de ces textes maculés de pétoules sèches, de césures assassines, des fautes magistrales, de mots aux abonnés absents …

Tu es nulle en tout, bonne à rien, mais tu excelles en auto-flagellation, te reste plus qu’à suicider Pimprenelle, à l’étouffer à petit feu dans sa papillote.

Et puis il est des jours de miracle, où tu te découvres en haut de l’affiche (traduisez en bas de la UNE de la rubrique dans laquelle tu tentes de te graver dans le marbre t’inscrire), tu te frottes les yeux, passant de statut biche à celui de panda. Sur ton mur est tapissé de compliments, de brassées de cœurs qui le font ressemblé à celui de la maison de Candy qui se serait pacsée avec un Bisounours. Et des statistiques scotchées à la courbe de température de ta dernière grippe aviaire. Mais bon voilà c’est normal, sans aucune mauvaise foi tu le savais que le travail finit toujours par payer que ton talent ne pouvait qu’être reconnu. Et puis cet article tu y avais mis toute ton âme (mais rafraîchies moi la mémoire, n’est-ce pas ce que tu avais déjà dit hier avant-hier etc ?), y sacrifiant tes heures de sommeil et ton capital beauté

Et demain, car déjà tu songes à demain, demain tu vas faire table-rase de joies et déceptions, parce que chaque jour tu remets ton sort au jugement d’inconnus, remets ton intimité entre les mains et les yeux d’anonymes, demain encore tu vas pousser un grand cri silencieux, demain encore tu vas t’en venir quêter ta pitance d’amour, la preuve de ton existence …

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Mon dos votre cœur de cible

et puis un jour on se tourne retourne cherche y a comme un doute y a comme une gêne quelque chose qui coince qui fait monter les larmes aux yeux

et comme une évidence soudain dans une douloureuse fulgurance le corps habitué à courber l’échine s’arque-boute et fait face à son dos lardé hérissé de poignards

on envoie la main essaie de se soulager de quelques pointes se fait taper sur les doigts pas toucher t’as pas le droit c’est pas moi c’est l’autre tu ne peux pas c’est de ta faute tu l’as bien cherché tiens le toi pour dit ton seul droit est le silence quand tu es ici ton dos nous appartient

on en a fini on fuie poursuivie par son dos qui en a plein le dos de porter toute notre misère et nos peines de servir de décharge à la cruauté et la trahison, on s’enfuie pour quelques heures que l’on appelle liberté prend et se rend à un rendez-vous chez l’ostéopathe le manipulateur redresseur de tord l’épilateur à hérisson le caresseur dans le sens du poil

il sait y faire on est retapée

prête pour recommencer à ne pas quitter des yeux le râtelier à coups bas à tendre le flanc l’exercer à l’art de l’esquive le temps de cicatriser, de se fabriquer une armure , d’échaffauder un plan d’évasion loin de vla médiocrité assassine

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Et la nuit voit le jour

Faire s’écouler le vin de la bouteille au verre, regarder le carmin de sa robe virevolter et se lover sur le cristal. Poser la bouteille lever s’emparer du verre se tourner vers la fenêtre, caresser la tête inclinée du chat d’une main discrète. Laisser flotter son nez au-dessus du verre, humer, regarder la nuit voir le jour derrière les rideaux s’évader se fuir fuir l’inéluctable décision

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Les oublié(e)s de la Saint Valentin

Nous, on se fiche pas mal de ne pas fêter la Saint Valentin, on se fiche de ne pas avoir de Valentin qui  traverse le quartier ou la ville une rose rouge et convenue à la main brandie comme un drapeau blanc pour la paix de son ménage, bravant penaud les regards goguenards et railleurs des passants solitaires et heureux de l’être.

Sa Valentine, ce n’est pas nous, sa Valentine c’est toujours les mêmes, sa Valentine attend son dû, son maigre bouquet, son repas  chez Frédo, le troquet qui accepte les tickets restau. Elle l’attend apprêtée pomponnée, le mollet épilé de frais, le carré flouté avec soin et interdiction de toucher, à ce prix y faut qu’ça lui dure, attention tu vas m’décoiffer. La Valentine à Valentin elle est la pièce unique de son musée personnel, il l’aime. Enfin peut-être.

Mais cela n’est pas notre histoire, enfin pas la mienne, elle est celle des marmites qui ont trouvé leur couvercle, et sont, le soir, sagement rangées entre passoires et écumoires.

Nous, les célib’ nous avons tout notre temps et plus encore pour tenter de comprendre de percer le mystère du succès de la fulgurance, et de la longévité de ce sentiment si étrange, l’attraction, la captation des cœurs et de leurs propriétaires, le secret de celles que nous raillons et envions … enfin pas toujours, enfin bon admettons,

Alors nous avons écumé les rayonnages sciences humaines (sciences/humanité quel bel oxymore !), des bibliothèques, lu tout ce qui se rapporte au couple à l’amour, tout et toujours rien compris, tout mais jamais rien de satisfaisant et avons admis qu’il n’y avait rien à comprendre

Parce que nous, on s’en fiche de la rose, on trouve cela mesquin la rose, nous, on lui préfère la discrétion du petit bouquet de violettes que nul ne nous a jamais offert. Nous ce qu’on veut c’est la chaleur des bras de l’homme que l’on aime d’un homme amoureux, de nous bien évidemment (mais par les temps qui courent et ne se rattrapent pas il est toujours plus prudent de préciser. Sait-on jamais, imaginez le génie d’Aladin en RTT passe à notre portée nous prend en pitié, exauce notre vœux en diagonale, et nous voilà macquées avec Frédo le poto aux tickets restau, fermement décidé à nous marier et nous faire beaucoup de lardons aux petits oignons)

Nous on veut un homme qui nous prenne la main, la main d’un homme qui ne se lâche pas, et la serrer fermement et essuyer des tempêtes de celles qui font mal, qui ne font même pas peur. Nous on veut un homme qui chaque jour nous fait naître femme, un homme dont on parle en secret, les yeux clos, en murmurant mon homme

Nous, on veut bien on veut tout, mais nous on n’est pas prête à tout pas à n’importe pas à n’importe quel prix. Alors on apprend la sagesse, à se contenter de miettes de tendresse, des marques d’affections glanées de ci de là. Nous sommes les vierges folles aux corps sages, corps qui déjà ont oublié qu’ils furent un jour embrassés, embrasés dans des étreintes que l’on se plaisait à croire amoureuses.

Alors pour la Saint Valentin on bouffe sa couette faute de manger le traversin

Et puis tient on se souvient que l’on n’a jamais aimé, jamais fêté la Saint Valentin, que c’est naze niais plouc et toc la Saint Valentin

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L’humour nuit grave aux femmes à l’amour et à Saint Valentin

Voici venu le temps des aveux honteux … j’ai un humour de merde.

Un humour genre mauvais genre qui décape les fours (et côté four croyais moi j’en connais un rayon) qui raille déraille et raye l’émail, qui fait basculer ma victime mon interlocuteur (ascendant séducteur) en  coureur de fond (en solitaire).

Parce que dans cet article vous l’aurez compris ou pas auquel cas il me faudra encore tout vous expliquer (nooonnnn ne partez pas !) il est question d’humour d’amour de râteaux à la pelle et de (non) Saint Valentin.

Parce que des rendez-vous surtout les premiers, faut pas se fier aux apparences, j’en ai on (l’homme) m’en donne j’en décroche, ce sont les seconds qui posent problème … ou un lapin

Et pourtant croyez moi pour un (premier) rendez-vous je mets tous mes atouts (85 B) de mon côté face en avant, frise le regard ravageur, parle gentiment lentement n’oublie de sourire. Je maîtrise. Et puis soudain c’est plus fort que moi, je la perds la maîtrise. Par petite touche, imperceptiblement, une échappée belle, comme un pet irrépressible. L’homme je le vois bien vacille, un peu troublé, vaguement hésitant, entre elle me prend pour un con ou elle est niaise. Je compense, dit quelque chose d’intelligent, disserte sur l’influence de Lacan sur l’intelligentsia française, lui décroche la mâchoire (à l’homme pas à Lacan !) et un sourire, il est sous le charme (l’homme) … je récidive. En plus grave plus lourd, plus diarrhéique, enfin vous voyez le truc dont vous savez avant même d’avoir terminé votre phrase que c’est grave, du genre ça passe ou ça casse, vaguement pince sans rire sous cape, et donc ça ne passe pas. A la limite cela pourrait passer à condition à moins d’avoir subi un entraînement intensif style immersion en milieu hostile, évitement de pétards mouillés, de scuds en carton pâte, genre les filles passent encore, les garçons eux le vivent comme comme hostile. Bref, inéluctablement, le prince vexé passe son tour s’en va réfléchir et ruminer sa rancœur ailleurs, se carapate dans les Carpates, et ma vie sentimentale prend ses racines dans le désert de gobi. (Et non aujourd’hui, je sais je suis décevante, aujourd’hui, je ne vous parlerai pas de cul !)

Bien sûr je pourrais demander à un graphiste de me confectionner une jolie pancarte  jolie et ponctuée d’humour (compréhensible) double face « je plaisante » et « it’s a joke »  (mais pas de LOL, pas de MDR, là dessus mon humour et moi sommes élitistes intransigeants et sans concession) à la face éberluée les pieds dans les starting blocks. Parce que oui en plus d’être intelligente, suis bilingue, français/italien !

Et ne croyez pas que je n’essaie de me réfréner que je ne sois en lutte contre ce démon qui m’habite, tenterais bien un marabout, un exorciste, un pèlerinage à Notre -Dame de la Garde (entre femmes, on devrait se comprendre), croyez je suis prête, prête pour faire des neuvaines, prête à tout ou presque, prête à honorer les saints et tous les siens … hormis bien sûr Saint Valentin

Parce que celui-lui, je vous le dis, je l’ai prié, travaillé au corps et à l’âme, lui ai fait du chantage, promis des soirées aux chandelles, des sacrifices de ma personne, de beaux dessins avec des cœurs de toutes les couleurs ; j’ai chanté ses louanges, ce qui fut un le vrai sacrifice celui de mon amour-propre et de mon oreille absolue !

Rien. Pas un signe, pas un message, pas un mail. Rien. L’ingrat ne daigne pas se manifester. Je continue à lâcher des salves d’humour noir qui me font rire jaune, moi et moi seule. Rien. Je suis lamentable !

Bon par ailleurs prier Saint Valentin, Saint Martyr qui a fini sa courte vie décapité, et lui demander de lui prêter une oreille, faut pas s’étonner de ne pas obtenir gain de cause ; remplacer Cupidon par un saint mort décapité et chaste, faut pas se plaindre de se retrouver en pleine gestion de crise qui n’a ni queue ni tête, faut pas pleurer sur les histoires d’amour qui finissent mal en général … enfin quand et pour ceux pour lesquels elles dépassent le stade premier rendez-vous !

Et là je sens sais que ce vendredi il va me falloir des tonnes d’humour vache, d’humour rosse, d’humour de bouse, pour survivre à cette épreuve ce machin sucré fleuri que jamais je n’ai jamais voulu fêter à l’époque où je ne comptais plus NOS rendez-vous, l’époque où je me conjuguais à la première personne du pluriel

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Mais c’est quoi ce gros chagrin ?

Et puis un se découvre un sanglot là enfin là ailleurs on ne sait trop où quelque part dans notre géographie corporelle à géométrie variable, un boulet dans le goulet d’étranglement dans les limbes de nos tripes, dans le no man’s land de la no woman no cry

Pourtant on croyait avoir essoré le dernier chagrin, écrasé la dernière larme, et voilà, c’est étonnant, il en reste un, une oubliée dans un recoin, un sans cause légitime, un ongle cassé, un bas filé, un amour qui nous échappe, rien de grave, on est une grande fille, ça ne pleure pas une grande fille, pas de petite rivière, pas de fleuve ni le moindre petit ruisseau

Alors on se bouge, se dit que cela ne peut que passer puisque cela n’était qu’un artefact passager, cela n’a jamais existé puisque pas lieu d’être. On se remue, s’ébroue et on doute et si

On prend place, confortable dans son canapé, coussins chat met en route le DVD en route sur la route de Madison. On attend. Attend que se pose la main se crispe sur la poignée. Attend et résiste. Un regard usé dans le rétroviseur, tremblement de notre cœur du thorax à tout le corps. Meryl Streep chavire toute en retenue, on retient bloque sa respiration. Les voitures démarrent, les paupières s’œdématisent, les routes se séparent, les paupières se répandent s’épanchent inondent le visage étonné surpris stupéfait. Voilà c’est fini, c’est parti, tremblement tsunami ras de marée, la fragilité émerge la faille apparait la digue cède emportant les petites et grosses trahisons, les remords et les regrets que l’on croyait oubliés digérés enterrés dans les méandres de notre passé pas toujours lointain. The end. Et l’on reste là engloutie dans les profondeurs du canapé, submergée laminée ridiculisée pas belle à voir, moche morveuse bouffie échevelée, amarres larguées, abandonnée de tous, le chat a pris la fuite, consciente de son chagrin qui déjà s’apaise

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Je photographie, je ne fais pas de clichés

539059_4488765916077_859585679_n-1chacune de mes photos parle à mes yeux à mon corps à mes sens ; certaines me font frissonner d’autres involontairement sourire, d’autres encore

chacune de mes photos est une histoire a une histoire emprisonne mon histoire un instant une odeur un intime libère une souvenance recèle un instant un intime une parcelle anodine de ma vie sans importance

chacune de mes photos est la pièce d’un puzzle un éclaté polychrome qui nul ne pourra reconstituer

chacune de mes photos témoigne de ce qui fut et que je fus, une trace de mon passage  déjà passé sur cette terre que la vie me fut donnée et que je m’en suis emparée m’en suis saisie

chacune de mes photo est l’empreinte de mon être éphémère que j’abandonnerai bientôt bien trop tôt avec la ferme folle espérance qu’elle me perpétuera dans les regards et les cœurs de ceux que je chéris, les autres m’auront depuis longtemps abandonnée en chemin et puis en terre

chacune de mes photos est un instant figé fixé qui me fait croire en l’éternité une éternité à l’échelle de mon humaine condition

et puis s’effacer

Monday morning spleen

On avait voulu croire qu’on l’avait oubliée cette p… de cucaracha,  revisitée par Appeal vomie à heure matinale fixe par notre iphone, qui s’en vient avec ses gros sabots nous extirper à coups de notes au cul lesté de plomb des bras de Morphée ; on feint l’ignorance le mépris le dédain on essaie tout envisage de porter plainte pour harcèlement, elle insiste rappelle que c’est bien sûr que c’est lundi que c’est un mauvais jour à passer que ça recommence que l’on va encore être en retard …

On se lève lave prépare sans vraiment ouvrir les yeux, ce qui est une prouesse, fait gagner du temps, temps perdu dans de beaux draps que l’on ne retrouvera pas ou peut-être ce soir, définitivement trop tard.

On se chausse, se lace, lasse d’une semaine qui n’a pas encore commencé, aggrave  sa surcharge pondérale sous des kilos de lainages, jète un œil embrumé par la fenêtre, n’y discerne rien, rien d’autre que de l’eau que d’eau, des diagonales d’eau drues déprimantes.

La tempête sous nos crânes s’invite sur nos toits sur nos têtes, on s’agrippe à son parapluie, abandonne toute velléïté d’arrivée en beauté, pousse la porte humiliée et dégoulinante, pousse la porte le cœur gros comme une éponge, pousse la porte comme on ouvre la boîte de pandore, l’espoir en moins

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Sunday evening blues

On sniffe la lessive, réalise que là on touche le fond, quitte la pièce sur la pointe des pieds nus, où la machine lave et trouble le silence, passe devant la télé, hésite à la rebrancher, se demande si elle marche encore. On sort, entre, ouvre le frigo, y effectue un tour du propriétaire, s’empare d’une crème au chocolat, décide que les cinq fruits et légumes attendront lundi. On interroge sa vie, creuse la question à grand coup de petite cuillère, racle le fond, se lèche les lèvres. C’est fini. On est seule. On aime être seule, savoure sa solitude, la distille chaque jour, lit à toute heure indue, s’étale dans son lit. On caresse son chat, attend que sonne le téléphone, savoure sa solitude jusqu’au dégoût

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Il faut beaucoup beaucoup aimer les hommes

Cette phrase vous n’avez pu, oh mes chères lectrices, vous n’avez pu mes chères lettrées, que le reconnaître ce titre emprunté à Marie Darrieussecq, qui elle-même l’avait emprunté amputé à Duras (remarquez les « postérisés » le prénom, même fleuri et charmant, est inutile). Permettez que je vous le livre (l’emprunt) dans son intégralité

« Il faut beaucoup aimer les hommes. Beaucoup, beaucoup. Beaucoup les aimer pour les aimer. Sans cela ce n’est pas possible, on ne peut pas les supporter. »

C’est édifiant. C’est pas pareil. C’est cynique et cruel … et ça marche aussi au féminin …

La guerre des genres a été déclarée il y a des millénaires, hommes contre femmes, salauds contre salopettes, chacun se remonte les manches … et moi je dis stop. Moi je suis pour me donner corps et âme (surtout corps) pour leur tendre la main à nos amis les hommes.

Parce que oui faut reconnaître que nous avons un sérieux problème de communication eux et nous, nous qui avons la fâcheuse tendance à les saouler de nos bavardages incessants ; nos rafales de sujet-verbe passent encore, mais il nous faut toujours en  rajouter un complément par ci un complément par là, et ci et là ça y est on les a perdus. Ce n’est tout de même pas compliqué les filles : SUJET/VERBE, SUJET/VERBE basta, on n’en parle plus … et au PRÉSENT ! On oublie l’impératif, à la limite avec la bouche (dis tu l’aimes ma bouche) en cul (dis tu l’aimes mon q) de poule, c’est pas joli mais ça peut passer (et surtout servir, servir un verre, sortir les poubelles …), un impératif à ne surtout pas confondre avec un futur (ne jamais jamais laisser planer le doute) encore moins le conditionnel, un véritable vivier à disputes, une casus belli avec soirée mortelle à la clé.

Parce qu’on en ferait quoi du conditionnel, après tout nous on les aime tels qu’ils sont eux les hommes, eux avec leurs rides, leurs cheveux blancs (enfin quand il leur en reste des cheveux !) et leur triple bedaine, nous on vous aime sans condition. Parce que vos rides, elles vous donnent du charme, votre calvitie de la virilité, votre ventron double carbone … bon là je ne trouve pas. Je cherche. Ne quittez pas. Ah oui ! C’est confortable !

Il faut dire que le monde est bien fait, qu’il en va de la survie de notre espèce, que si nous les femmes devions user des critères que vous les hommes appliquez pour nous sélectionner il y a fort longtemps que nous serions en tête des bestioles à protéger, et que pour nous reproduire nous nous disputerions Robinson ou Vendredi, à moins qu’en notre absence ils se soient pacsés ou mariés.

Et puis le problème est que rien ne nous échappe, nous voyons tout entendons tout VOUS LES HOMMES N’AVEZ PAS DE SECRET POUR NOUS ! Heps, ça ne vous rappellerait pas  quelque chose ? Votre mère ? Votre première maîtresse, celle qui avait des yeux dans le dos ! Et oui, nous l’avons repérée, AVANT VOUS la bimbo à la croupe frémissante, AVANT MÊME que votre cerveau reptilien ne vous ait intimé l’ordre de lui lancer un discret (discret mon œil) coup d’œil ! Alors que nous, nous ne comptons plus le nombre de fois où nous sommes arrivées à vous faire gober que non ce n’est pas neuf, notre garde-robe est exclusivement constituée de pièces antédiluvienne, et que leur question n’est que la preuve qu’ils ne nous regardent pas/plus (ça marche, calme et clôt le débat !).

Non, nous ne sommes ni menteuses, ni manipulatrices, nous sommes pour la paix des ménages, surtout lorsque c’est le nôtre. C’est pour votre bien que nous feignons de vous plaindre, ressentir de l’inquiétude pour vous au moindre rhume. Alors je veux bien reconnaître là que nous avons légèrement très légèrement tendance à vous infantiliser, mais vous les aimer tellement les mamans, il nous faut bien vous faire plaisir de temps en temps.

Alors vous voyez, Il faut beaucoup aimer les hommes. Beaucoup, beaucoup. Il faut beaucoup d’humour aux femmes pour aimer les hommes, et vice et versa …

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