La vieille dame au mauvais esprit de Noël

Le premier qui ce soir me cause de Noël je lui enfonce mes doigts au fond de sa gorge, pour lui faire ainsi ressentir … mon ressenti

Et c’est bien, il me faut le reconnaître ce que j’ai failli faire il y a peu à une petite vieille salope, dont l’impolitesse et n’a pas attendu le nombre des années. J’étais impatiente, sur fond de chants de Noël au Bontempi, vous savez ces machins qui se veulent joyeux, violent nos oreilles, abrasent nos épidermes, mais bon ce sont les fêtes et donc comme les dindes bon tant pis faut se les farcir, crispée et silencieuse, attendant sagement intérieur mon tour pour la consolation, un cornet de churros (oui, je sais et que le premier qui n’a jamais fauté m’envoie la première pierre ponce). Elle est apparue d’un je ne sais où, à mes côtés,  créant une deuxième file, quelques euros dans la main le regard ailleurs.

Peuchère elle ne sait pas, pauvrette elle est perdue, bonne âme (une fois n’est pas coutume) je lui explique que cela ne marche pas comme ça, qu’elle s’en va perdre son temps, qu’il lui faut vite se glisser derrière moi (la place devant est plus chère, réservée aux vieilles dames qui sourient et/ou disent merci !). La gâteuse, mais pas tant que ça, le regard ailleurs (toujours) et assurément pas sur moi, obtempère d’une discrète mais néanmoins ostentatoire (c’est tout un art fruit d’une évidente longue pratique) mauvaise grâce.

Je patiente encore, elle trépigne, me voilà rassurée, elle bouge encore. La file avance, moi et elle collée à mes fesses de même. Alors que je commence à m’interroger sur le temps qui passe les calories que je m’apprête à ingérer la graisse à stocker la cellulite à accueillir  lorsque oh joie me voilà sur la ligne d’arrivée … ex aequo avec la vioque, qui a garé ses fesses en double file. Elle tend ses pièces d’une main tremblante, dit « madame siou plé », tiens quand elle veut, et pour mieux me niquer, elle sait être polie. J’oppose un faible mais ferme « M’ENFIN ! » outragé. La vieille est redevenue sourde, imperméable au monde extérieur, à moi plus particulièrement. La vendeuse, elle, me regarde, hésite, d’une mimique je lui communique que j’abdique, laisse tomber, cède mon tour ma place cesse la lutte du pot de terre contre pot de fer contre la pire sourde qui ne veut rien entendre, que c’est toute une éducation qui est à refaire, qu’au seuil de la tombe le chemin risque long pour atteindre ses fondamentaux, que même si cela nous démange, la fessée a cet âge là n’est pas un sujet à polémique mais de la maltraitance …

Et voilà, le cornet tendu mémé l’embrouille s’en empare, sans un merci, sans un aurevoir, sans formule de politesse sans fioriture de bon aloi, son temps est compté elle n’en a pas à perdre, ses churros pourraient refroidir

Alors mues d’une complicité fruit de l’adversité et de l’impuissance, nous, la vendeuse et ma petite personne nous sommes cru dans la tacite obligation de redoubler d’amabilités, de forcer le trait de la civilité, nous sommes quittées à regrets, échangeant des sourires des joyeuses fêtes joyeux Noël, pour vous toute votre famille, soudainement amies, luttant pour ne pas nous faire la bise, sommes quittées à regrets (pas à ceux qui me suivaient dans la file). Et dans mon sachet, vous savez quoi ma douzaine de churros avait fait des petits …

 

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