Seule devant mon miroir, ce qui n’a rien d’un heureux hasard

Chaque matin même galère programme, le réveil sonne re-sonne m’invective, je me lève du pied gauche, à contre-cœur, parce qu’il le faut bien, faut aller gagner ma mal-bouffe à avaler sur un coin de bureau. Je me lève donc, douche, lave, crème, habille, un peu comme tout le monde me direz-vous, enfin je me plais à le croire. Alors je me tourne, fait enfin face au miroir … et sais que je vais être en retard …

Je rage, peste, en veux au temps qui passe sans pour autant m’oublier, à la génétique qui ne m’a pas épargnée, aux nuits trop courtes, aux onguents qui affichent des »de beauté » mensongers, à la terre entière, à moi moi moi et ma sale gueule matinale. Alors je dégaine ma trousse de crayons et de fards, souligne, étire, accentue, dissimule, dessine une moi en mieux.

Ce rituel est quotidien, et à mon corps défendant je n’y peux pas plus y échapper. Dans la rue j’admire les femmes belles aux visages nude, le vrai nude pas celui qui s’achète en boîte, dont j’avoue ne pas avoir saisi l’intérêt (suis encore jeune me restent encore beaucoup de choses à comprendre …). Et puis je suis en pâmoison devant ces beautés orientales, ces méditerranéennes aux yeux ostensiblement soulignés de khôl, aux lèvres charnues habillées de carmin. Toutes, toute femme est et se donne à voir, tous hommes et femmes arborons des masques, tout comme un sourire bien que tout aille de travers, pas comme l’on le voudrait ou tout simplement mal.

Et moi qui croyais que les hommes n’aimaient que les femmes naturelles, découvre avec étonnement qu’ils les aiment naturellement sophistiquées, qu’ils s’imaginent que si les femmes passent tant d’heures en salle de bain, ce n’est que pour mieux leur plaire, les aguicher les séduire, nourrir leur fierté lorsqu’ils les promènent à leur coude. Peuchère ! S’ils savaient ! S’ils savaient que si nous faisons tout ça, passons maître en maniement du pinceau, c’est tout bêtement pour nous plaire, à nous et à nous seules, affronter les regards, des plus durs aux plus insistants, avec pour seule inquiétude, seul questionnement, « il a quoi à me regarder comme ça ? J’ai quoi ? Un poil (du dit pinceau) naufragé sur la joue ? ».

Mais bien que jeune (sic), j’ai appris qu’il ne fallait pas contrarier un homme, se réserver pour des causes importantes, graves sinon ils ne nous entendent plus, et toujours leur laisser croire leur dire « t’as vu chéri, je me suis faite belle rien que pour toi » …

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