Et puis j’ai lu « La servante du Seigneur » de Jean-Louis Fournier

Ponctuellement je vous parle de mes lectures, enfin de celles qui m’ont plu, ou pas, mais toujours émue et troublée. Il en va toujours ainsi des livres de Jean-Louis Fournier, pour lequel j’éprouve une grande tendresse, qu’il m’en excuse mais c’est ainsi et assurément il n’en demande pas autant de ses lecteurs. Parce que les livres de Jean-Louis Fournier regorgent de tendresse, c’est avec élégance, l’élégance du désespoir, celle de Desproges et de Reiser, ses frères d’humour, noir, et de lucidité.

Parce que si, comme cette fois encore, le sujet est grave, nul atermoiement, si l’homme souffre, l’écrivain se joue de lui même et des mots.

Dans « La servante du Seigneur », il est question de la fille de Jean-Louis Fournier, qui après avoir un temps envisagé d’embrasser la carrière de religieuse, a décidé qu’elle serait sainte. Rien de moins, rien d’autre, comme d’autres se rêvent pompier ou docteur, Marie se prépare à sa future sainteté. Amusant n’est-ce pas, lorsque ce vœu pieux émane d’un enfant de quatre ans, seulement voilà Marie elle en a quarante.

Alors Jean-Louis Fournier nous raconte la belle jeune femme de naguère, sa fille joyeuse et heureuse qu’il croyait connaître, la femme solaire, talentueuse illustratrice, sa cadette et dorénavant unique enfant, qu’à son tour il a perdu.

Parce que Marie a fait la rencontre, celle qui fait basculer une vie, celle qui a donné sens à sa vie, celle à laquelle elle s’est préparée, celle de Monseigneur, un gourou dont elle est l’unique adepte.

C’est drôle, et c’est cruel, on se réjouit, et grince, on rit et s’interroge, car on ne peut que se demander si Marie va lire cet ouvrage, comment elle va le recevoir, si elle va le percevoir comme une main tendue ou une gifle … et puis l’on sait, parce que les cinq dernières pages ont été écrites par Marie, elles sont son droit de réponse, sans lequel ce livre n’aurait pu paraître, le point final, que l’on aurait pu rêver, mais que l’on savait ne pouvoir être autre.

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