Voyage voyage

En voyage toujours je m’étonne de croiser des troupeaux de mes congénères touristes. Sans doute mus par un instinct grégaire, ou de la peur de l’inconnu, ils se déplacent, le plus souvent lentement, badgés, certains, les bons élèves, collés à leur guide, les autres le regard perdu en quête d’une terrasse ombragée pour accueillir leur fatigue.

Et je me suis interrogée sur ce qui les incite à ne passer nos frontières qu’entre concitoyens et recréer un microcosme franchouillard alors qu’ils ont théoriquement opté pour l’exotisme. Bien sûr, dans ces conditions, il serait bien plus simple de séjourner à Vichy ou à Ventimille. Tout au moins est-ce ce que j’ai pensé dans un premier temps. Et puis je me suis souvenue d’une époque pas si lointaine, d’une génération, celle d’après-guerre pionnière et des congés payés, qui après avoir goûté aux vacances en camping sur la Costa Brava, se mettait à rêver de lointains paysages. Leur enfance avait été bercée par les récits des grands explorateurs, bravant indigènes, climats et animaux hostiles au péri de leur vie. Alors, les plus téméraires poussaient la porte d’une agence de voyage, et prenaient un forfait tout compris, avec prise en charge dès l’aéroport.

C’était les décennies où la télévision entrait peu à peu dans les foyers, où d’une chaîne elle passait à trois, toutes étatisées, où la guerre froide battait son plein, où l’on ne parlait de l’étranger que pour en narrer les guerres et les menaces, et où ouvrir l’Encyclopédie Universalis était une invitation au rêve.

Nous, ceux qui y écrivons et ceux qui nous lisent, sommes des purs produits internet. Une question, un doute ? Nous allons chercher la réponse sur le net. Nous comparons, cherchons, achetons sur nos portables. Nous voyageons loin, mais toujours connectés, toujours en lien avec les nôtres, toujours informés heure par heure.

Finalement sommes-nous, suis-je si différente de tous ceux que je regarde avec curiosité condescendante ? Ils sont nos parents, nos grands-parents, tout comme nous, moi, mus par la curiosité et la soif de découverte. Ils nous ont ouvert la voie, que nous pouvons suivre avec plus de liberté.

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6 réflexions au sujet de « Voyage voyage »

    • A prestation égale … pas sûr. Je l’ai fait par pure curiosité pour l’Inde, et franchement la prise en charge tu la payes très cher … De même pour Barcelone. J’y ai accompagné un groupe de seniors, et y suis retournée ensuite by my self, j’ai troqué le car contre l’avion, l’hôtel international contre un de charme, les cantines sans cachet contre des troquets plein de vie, et à la fin j’ai pu constater que parfois la liberté est plus économique 🙂

  1. Moi je dirais un choix.
    Est-ce qu’on veut partir en vacances ou partir en voyage?
    That is the question….
    Ceux qui veulent partir en vacances, avec prise en charge totale, c’est très bien s’ils sont heureux et s’ils y trouvent leur compte. Les voyages organisés rassurent.
    Et ceux qui partent en voyage, justement parce-qu’ils veulent être libres de choisir « leurs contraintes », prennent leur temps.
    Le temps de cibler une destination, le temps de préparer le voyage, de choisir un homestay, de contacter un guide sur place, d’opter pour du culturel, du balnéaire, du tourisme engagé et respectueux, du tourisme responsable.
    Mais il faut pour cela aussi un peu maitriser une langue étrangère. Ce qui n’est souvent pas le cas des gens qui voyagent en groupes.
    Pour moi ce serait un calvaire de me retrouver devant l’église de ta photo, avec une chemisette rayée ou à carreaux….Mais je ne les condamne pas, si cette formule leur convient.
    Alors je choisis plutôt la prise de risques, l’inconnu et la surprise.
    Et pour l’instant, ça s’est toujours très bien passé.
    Je ne pense pas qu’en groupes on puisse vivre un vrai partage fait d’émotions fortes.
    Alors voyage, voyage, oui, mais vacances, vacances, non.

    • Je partage ton opinion, et crois comme toi que certains ont des craintes ou des angoisses qui peuvent les paralyser.
      Je serais plus nuancée en ce qui concerne la barrière de la langue : si tu m’avais pas vu mimer un singe en Thaïlande, et une turista dans une pharmacie vietnamienne, tu comprendrais que je puisse penser que tout est une question de motivation …
      Bonne nuit

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