Et ce week-en j’ai lu deux livres

Non, je ne me suis pas ennuyée, oui, j’ai pris beaucoup de plaisir, oui, mon week-end fut riche, en bonheurs, visites de musées. Et j’ai même fait du shopping, et peut.-être que je vous raconterai. ou pas on verra. Suis pas sûre que ce soit intéressant. Assurément moins que les deux livres dont je m’en vais vous parler.

Le premier vous l’aurez reconnu, « Nos Séparations » de David Foenkinos, est un délice , un classique en rose bonbon, qui en une soirée se dévore, une histoire sentimentale, parsemée d’humour saupoudré de tendresse, un scénario de cinéma qui enjolive les vies, des originaux somme toute très ordinaires, un peu nous qui aurions plongé dans un rêve.

Une écriture à l’anglo-saxonne, un style plein de sourires et malice, une histoire douce sans amertume, d’éternels adolescents, dont la richesse est de ne jamais grandir, un récit qui nous balade, rebondit et retombe sur ses pattes.

Et puis il y eut « Kuessipan » de Noémie Fontaine, un écrivain canadien (me faut-il dire écrivaine ?) jusque là inconnu(e). Une amie m’a glissé ce livre entre les mains, me soufflant « lit, tu me diras ». J’aime les surprises, je n’aime pas être influencée, j’aime garder mon libre-arbitre, je ne lis jamais les critiques avant de lire, ou même d’aller au cinéma. Donc, je ne savais rien de rien de ce bouquin. Même pas ce qui était écrit sur la quatrième de couverture. J’ai plongé, comme on se plonge dans l’eau d’un lac, sans en connaître la profondeur, ignorant sa température, et à corps perdu, au risque de s’y perdre, de s’y noyer.

Parce que Noémie Fontaine est Canadienne, mais surtout Innue, Amérindienne. Qu’elle a la vingtaine, mais qu’elle est vieille de ses ancêtres, lourde du poids de son histoire, de celle de son peuple. Peuple parqué dans une réserve, peuple qui tait sa souffrance, se meurt à petit feu, de trop d’alcool, trop de drogues, trop de fatigue, trop de honte. Et ces mères encore enfants, ces femmes qui élèveront leurs enfants, inexorablement seules, dans le silence et le courage, sans jamais le nommer.

Un sujet un verbe un complément. Des phrases courtes sans fioritures, sans mot inutile, sans superflu. Rien n’ai vraiment dit, il nous est permis de deviner, comme on soulève le voile du berceau d’un enfant endormi.

Et puis au détour d’une page, le style s’enrichie, les phrases se rallongent gagnent en couleurs, odeurs, se parent d’adjectifs. Elle retrouve sa liberté, sa sauvagerie, sa vraie nature, les grands espaces. Quelques lignes, un autre chapitre d’un peuple fantôme d’au passé glorieux, qui préfère le suicide à l’inacceptable  avilissement.

Noémie Fontaine a 23 ans, tout au moins elle les avait à la sortie de ce livre, ce livre qui est une des plus beaux récits qu’il m’ait été donné de lire ces dernières années, que je voudrais au combien vous avoir donné envie de découvrir. Noémie Fontaine, que je ne peux rêver que merveilleuse, et espère rencontrer au seuil de l’été à Marseille.
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