Il est des jours beurks, des jours inqualifiables, des jours d’à quoi bon sans raisons, des jours que l’on aimerait zapper, passer directement au suivant.
Et pourtant tout va bien, contre toute attente le soleil brille, la météo est clémente, vous n’êtes pas en retard, n’avez rien oublié. Un miracle, un jour comme vous aimeriez en voir plus souvent.
Oui mais non. Car aujourd’hui votre cœur s’est transformé en éponge à peine et douleurs du monde et pèse sur votre estomac à vous en donner la nausée. Vous les traînez eux vous sur le trottoir. Vous avez cent ans. Inutile de demander, non vous n’allez pas avoir vos ragnagnas. Vous n’avez aucune excuse, je le répète aucune raison à avancer comme justification. Si encore vous aviez une once d’énergie, vous pourriez jouer la carte de la mauvaise humeur, celle que l’on brandit et tient les fâcheux à distance.
Oubliez. Aujourd’hui vous vous êtes glissée dans un costume trop étroit et qui colle à la peau, que vous abhorrez, vous file la gerbe et de l’eczéma.
Demain, vous réagirez, demain vous prendrez des vitamines, des oligos-éléments, et du magnésium, par poignée en guise de petit déjeuner. Demain, vous agirez, demain vous réagirez.
Mais aujourd’hui, vous êtes êtes un boa qui digère des couleuvres, les trahisons, les mesquineries, les blessures, les complots, les manigances. Ça fait beaucoup. Il vous faudrait vous ébrouer, vous débarrasser de l’empathie, ces fenêtres ouvertes sur l’âme des autres, qui trop souvent vous enrhument.
Vous entendez dans la pièce adjacente, à côté, au loin, des conversations et des rires. Juste une porte à pousser … Mais vous n’êtes pas concernée par la vie par sa joie. Vous repoussez à demain. Vous savez que cela va passer, vous vous connaissez, vous ne vous faites aucun souci pour vous. Un petit jour, 24 petites heures, auxquelles vous ôtez celles de sommeil, reconnaissez c’est peanets dans une vie.
Et puis vous avez le droit, vous ne pouvez pas être au top every day, vous n’êtes pas un robot, et même Wally a des chagrins.
Aujourd’hui vous faite l’état des lieux de votre âme. Ce n’est pas une tempête, juste une vague de fond. Et savez quoi faire. Ne pas vous forcer, ne pas vous obliger, juste rentrer chez vous, vous isoler seule, le, les téléphones débranchés, l’ordinateur éteint, une musique douce glissée enfoncée profondément dans les oreilles, vous allez écrire. A la main. A l’ancienne. Vous allez sentir entre vos doigts, remonter dans votre main, dans votre poignet les crépitations voluptueuses de la rencontre du stylo et du papier. Ça chatouille presque. Presque vous souriez.
Et puis vous irez vous blottir sous la couette, vous endormir chat dans les bras, lampe allumée, veilleurs protecteurs pour faire fuir les démons.
Aujourd’hui c’est permis
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