En décalage

Sortie du boulot, un peu tardive, et je me souviens que mon frigo est vide. 
Pourquoi toujours être taraudée par la peur de manquer, pourquoi nous faut-il manger pour vivre? Pourquoi ne suis-je pas un pur esprit mais une impénitente gourmande ? 
Ces pensées, cette quête philosophique, ces questions idiotes et hypocrites en tête, ne me donnant pas la solution pour m’exonérer du poussage de chariot, car si j’aime manger c’est faire les courses que je déteste. Je m’en allais donc bougon me ravitailler dans mon city market préféré, soit le moins éloigné de mon antre, à une encablure de mon Vieux-Port.
Elle était là, comme toujours et je l’avais oubliée, perçant ma nuit précoce annonciatrice de l’hiver, protectrice présence, me rappelant notre silencieuse connivence entre femmes. Femmes qui souffrent en silence, pour être belles, pour mettre au monde des enfants, de les voir partir, d’être bafouées. Femmes en magnificence qui se doivent d’être vierges pour être respectables. Femmes illettrées, trop tôt mariées, voilées pour échapper à la concupiscence d’hommes faibles ne connaissant que la violence contre leurs peurs et leurs faiblesses.
Et brûle la bougie à côté de mon lit, brûle en la mémoire de toutes celles qui se meurent sous l’acide, les coups, par manque de soins. Brûle, lentement jusqu’au bout de notre nuit
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