Est-ce bien raisonnable

Ce matin j’ai été réveillée par le téléphone. Le temps d’émerger de la profondeur de mon sommeil, il était trop tard. Mais puisque j’étais éveillée, autant en profiter pour me lever et vaquer vaguement à des tâches que, pour de diverses et mauvaises raisons, j’avais négligées la veille. La sonnerie a retentit à nouveau, je me suis précipitée angoissée appréhendant une mauvaise nouvelle. Quelle autre raison pouvait motiver un appel si matinal ?
Je m’empare du téléphone … et me fais insulter … Ben, oui quoi, « en plus, je ne réponds pas au téléphone ». Je ne fait que citer. Au bout de quelques secondes j’arrive à interrompre mon interlocuteur, et lui précise qu’il doit s’agir d’une erreur, vu que je ne me prénomme pas Fatima !… Un grognement indistinct, je décide qu’il vient d’émettre des excuses, et il raccroche aussi sec.
Je suis demeurée étrangement calme, mais dans ma tête, ma mémoire a fait un étrange retour en arrière, revisitant certains situations particulièrement inconfortable pour ma belle humeur que j’ai pu ou parfois continues à connaître récemment. Je vous en offre quelques unes à déguster, sans doute certaines ne vous seront pas étrangères …
– les mails de conventions obsèques, et la réponse à ma demande de devis de monte-escaliers. Je n’ai rien demandé moi, à moins qu’en prime je ne sois atteinte de sénilité !
– le mec qui m’a invité à le rejoindre pour boire un verre et attendre en sa compagnie. J’ai attendu, le regardant finir son pastis, écoutant sa colère contre notre amie commune, selon lui en retard. Elle arrive, il se lève, et me demande de payer, car lui n’a qu’un gros billet. Même pas en rêve ! Plouc ! 
– Je sors d’une cabine, vêtue d’une robe sublime, ventre rentré, fesses serrées, torse bombé, frôlant l’asphyxie, mi-bas de incongrus sur jambes lavabo, croise dans le miroir le regard méprisant de la sublime vendeuse, qui me lance, en admirant ses ongles fraîchement manucurés, j’ai la même en rouge … Je me dirige vers les chasubles, dernière étape avant la burqa …
– La vendeuse de Séphora qui me glisse un échantillon. De crème. Pour peau mature dans le sac. Et s’étonne que je ne l’en remercie pas …
– Une visite anodine pour une lucite estivale chez le dermato, qui se révèle médecin esthétique, et propose quelques injections, là, là et là, et là aussi, parce que vraiment, ce n’est pas irréversible, mais bon, faudrait voir à ne pas trop attendre …
– Les « amis » avec lesquels je chine, et qui devant un objet étrange et néanmoins intéressant à mes yeux se sentent autorisés à commenter « ça ira très bien chez Pimprenelle ! ». Traduction, c’est moche, vieux et improbable …
– Les potentiels futurs amis, qui arrivant chez moi, se plantent devant la bibliothèque, dodelinent de la tête, et posent la sempiternelle question : « et t’as lu tout ça ? », certains se sont même cru autorisés à rajouter « ça se voit que tu es célibataire, parce que moi … »
– L’homme qui commande des « aliboffis » spécialité marseillaise, comment dire ? Spéciale. J’essaie de stopper son élan, heu, est-ce raisonnable, sait-il se dont il s’agit ? L’homme vexé, s’emporte, les tables environnantes cessent leurs conversations, bien sûr qu’il connaît, pour qui je le prends ? Ayant appris la sagesse et je n’insiste plus pas. N’en pense pas moins. Attends. La vengeance, l’assiette de couilles rognons de mouton qui lui font face. Il est déconfit, dégoûté, mais comment pourrait-il ne pas les manger maintenant …
– N’ayant pu vu sustenter depuis de nombreuses heures, c’est avec envie que je vois s’ouvrir le buffet à quelques mètres de moi, et la foule s’y agglutine. Je suis coincée sur votre siège, derrière un bureau, assurant l’accueil des VIP. Un copain passe à portée de voix, je l’appelle à l’aide help au secours, l’investis de la mission de me nourrir un tant soit peu. Clin d’œil, il disparaît. Longuement. Soudain, il est là, devant moi, un verre de rosé à la main, le sien, désolé, il a été happé au passage, et maintenant, c’est trop tard, il ne reste plus rien. Je continuez à sourire. Je suis payée mal pour cela.
– En retard, la marmaille affamée me harcèle depuis des heures au téléphone. Pour les récompenser de leur patience (sic), je leur promets un Mc Do. Je fais Trois fois le queue : une pour commander, une  pour payer, une pour réceptionner mon sac. Arrivée chez moi, réceptionnée par des cris de joie, j’ouvre les sacs, et découvre que manque la moitié des hambergers … Et des cris. Plus les mêmes …
Voilà. Toutes ces situations ne sont pas fortuites. Ni issues de mon imagination. Toutes ont été vécues, éprouvées, expérimentées. 
Hélas !
Et puis je me suis posé la question de quelle photo pour illustrer ce billet, et puis je me suis décidée pour une de moi. Car après tout on est toujours le con de quelqu’un, il est donc peu probable qu’il n’est quelqu’un qui s’apprête à écrire à mon sujet …
Et puis un petit plaisir, parce que cela fait du bien et ne se refuse pas !

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