Une histoire ordinaire au quotidien

Je suis sûre que cette situation vous l’avez déjà vécue
Vous vous achetez une fringue.
Oh vous n’en aviez pas l’intention. Non. Ça s’est fait comme ça, à l’insu de votre plein grès. Vous vous êtes croisés, et parce que c’était elle, parce c’était vous, coup de foudre, vous l’avez achetée, la fringue dont vous ne rêviez même pas.
Dès le lendemain, au mieux, à la première occasion, au pire, vous vous en revêtez, et vous pavanez toute la journée dans l’attente de générer des jalousies glaner des compliments.
En vain.
Plan B : vous lancez à une copine, un copain, enfin le premier qui vous passe sous la main, traverse votre décor : « t’as vu, je viens de ma l’acheter ». Vague coup d’œil de l’interlocuteur interpelé, qui répond « voué, mais tu n’avais pas déjà le même ?… ».
Ah, bravo, maintenant vous voilà vexée dépitée mortifié. De plus en y pensant bien, ce n’est pas faux. Vous vous offrez toujours la même chose
Même vous, même fringue, mais le soir avec l’amoureux dont vous surprenez le regard intense et insistant. « Qui, qu’est-ce qu’y a ? ». « T’as encore acheté un truc !?! ».
Alors là, instantanément vous endossez le tailleur étriqué de la grande dame outragée, et bouche pincée, vous passez à l’attaque , vous l’accusez de ne plus vous regarder (sic), de ne plus faire attention à vous, que ce TRUC vous le traînez depuis des années. 
Pas sûr qu’il soit dupe, mais l’homme est sage, et pour sauver sa soirée il va s’abstenir de polémiquer. 
Et puis soudain, vous sentez un truc qui coince, enfin deux, et qui grattent, irritent, vous fait craindre un séjour aux grands brûlés. Le premier, dans le cou, vous l’identifiez sans difficulté : le sempiternel fil nylon de l’étiquette. 
Mais le deuxième …
Alors là vous êtes prise à votre propre piège, vous ne pouvez demander d’aide à l’amoureux, vous vous êtes foutue toute seule, il vous faut assumer maintenant, et vous éclipser en lançant un entendu « je reviens » au cas où il aurait un doute en vous dirigeant vers les toilettes. Et là de découvrir contre votre flanc, une bible miniature, les instructions de lavage traduites en serbo-croate, hébreux, coréen, que sais-je encore, toutes des langues dont vous n’avez rien à foutre, vous qui ne parlez que le français et non sans difficulté, qui vous contenteriez de pictogrammes, l’espéranto du pauvre.  
Dépourvue de ciseaux, loin de chez vous, il va vous falloir endurer le supplice de la coquette encore de longues heures durant. Et vous serez la première à vous dire « bien fait ! »?
Et puis cadeau
lot de consolation
parce que d’être une femme c’est pas facile-facile
et que nous l’avons bien mérité
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4 réflexions au sujet de « Une histoire ordinaire au quotidien »

  1. Alors la je suis hilare, article génial surtout que bien sur ce genre de situation nous est forcément arrivée y'a pas si longtemps : l'indifférence des autres devant notre nouvel superbe achat, et le petit pour de plastique qui reste accroché, parfois c'est aussi le fil transparent en nylon bien rigide cousu autour de l'étiquette pour la surfiler qui gratte ( je la lime ou j'enlève carrément l'étiquette du vêtement seule solution loll) mais la bible miniature dont nous affuble les fabricants bravo c'est bien le terme et c'est pénible … Merci pour le texte et la musique cela met en joie j'adore alors belle belle journée dans ta nouvelle robe verte! Plein de bises

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