Le jour où je m’en étais allée en quête d’une robe

à Aix-en-Provence,
ville d’eau et de culture
et de shopping copines
de conseils avisés
Et je la voulais
 je la savais
je la désirais
en coton
noire
délicieusement rétro 
avec des fleurettes blanches ou écrues
tablier
souvenir de ma lointaine enfance
de mon arrière-grand-mère
veuve (mais pas trop)
italienne à chignon
de celles qui vieillissent
sans se départir de leur féminité
Bref
une fois n’est pas coutume
je savais
très précisément
ce qui comblerait mon désir
la petite robe noire mais pas trop
alliant
élégance
sobriété
simplicité
je la voulais 
délicieusement rétro
Vous serez d’accord avec moi
vous me l’accorderez
je ne suis pas une fille compliquée
déterminée certe
mais pas compliquée
Et j’ai visité
TOUS
les magasins
susceptibles de dissimuler
MA robe
et puis même
les autres
et les cheaps
et les honteux
ceux dont aucun article
même le plus simple T-shirt
se voit accolée une étiquette à trois chiffres
Agnès B
ne s’est pas résolue cette année
à reconduire
sa sempiternelle
sa désormais
classique
robe-tablier
Et bien
vous savez quoi ?
Je n’ai même pas râlé
pesté
contre le sort qui s’acharnait
pour me refuser ce petit bonheur que j’avais dans l’idée
bien enfoui dans ma tête,
là où règne un vrai bordel.
Et puis je sais,
comme l’on ne déroge pas à la règle
qui veut
que l’article vestimentaire
que je veux
qu’il me faut
je finis toujours par le trouver
la saison suivante
Bon, 
en définitive
je me suis offert

un assortiment
une composition
florales
de petits gâteaux

orientaux

de ceux qui ravissent le papilles
mettent de la douceur dans la vie
redonnent le sourire
et revenir aux vraies valeurs

Car si les robes
courent mes rues
dorment dans mes placards

que je saurais me consoler,
soyez en sûres,
si tant est
que je sois chagrinée
ce dont je doute
 oublié

elles demeurent un excellent prétexte
une excellente raison
d’arpenter les boulevards
me perdre dans les ruelles
et discourir
confidencer
se souvenir
s’extasier sur la beauté d’un chiffon
se moquer de la vulgarité
des heures durant

Et vérifier
une fois de plus
que
la quête
est plus excitante
que la découverte

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6 réflexions au sujet de « Le jour où je m’en étais allée en quête d’une robe »

  1. Oui, on les trouve, mais dans l'achat je veux du plaisir, celui de de la sensualité d'un tissu, sentir son tombé, l'essayer, le moment d'affronter le miroir. C'est parfois un délice, d'autre fois un martyr … dont on se remet très vite … Heureusement !

  2. Ta dernière phrase "la quête est plus excitante que la découverte" est superbe. Aurais tu par hasard dans ton entourage quelqu'un qui travaille dans la recherche???….Bises Madame J.

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