Quand le printemps pointe son nez

Quand le printemps pointe son nez, et s’invite en mon dimanche, je m’évade dans les ruelles de ma ville, en bonne compagnie, celle de la plus vieille amies des amitiés, celle de l’enfance, sur laquelle le temps n’a pas de prise. 
Nous nous perdons (enfin surtout moi) sans jamais nous égarer dans les rues et dans les conversations, passant de la mer aux musées et du coq à l’âne.

Peu à peu, nous nous réchauffons à la douceur du soleil, et nous déshabillons nos corps (un peu, un tout petit peu) et nos âmes (beaucoup).

Car nous en avons parcourus des kilomètres, traversées des années et des épreuves, des soirées alcoolisées et enfumées entre rires et pleurs, et levés des verres et trinqué « à l’Amour ». Sourires de connivence. Tchin. Et de concert, les yeux dans les yeux, clamer « Mort aux cons ». Pas bien dangereux, mais ça fait du bien !

Une orange pressée, une carafe de rosé qui se vide, les olives disparaissent dans nos bouches (enfin surtout la sienne), qui en recrachent les noyaux, des nouvelles de nos ex et de nos néo, des trahisons, et puis bien sûr, les confidences qui se libèrent, des questionnements qui se verbalisent et n’attendent pas de réponse, seulement une oreille et un regard qui accompagne dans ce voyage intérieur, dans ses abîmes de noirceur et de douleur. 
Et se prendre la main, se la tapoter, un sourire, un rire qui libère, des larmes que l’on ravale, s’essuie la joue le nez d’un doigt élégant discret, tête rejetée en arrière et reprendre sa respiration d’une lampée d’air brève et profondément inspirée qui se confond et étouffe un soupir et clôt l’échappée triste de nos soupirs.
Et là, miracle, nous allons mieux, merci.
Elle n’est pas mon amoureuse, je ne suis pas la sienne, nous aimons les hommes, les vrais qui ne nous comprennent pas tout à fait, et nous trop bien, et auxquels nous  semblons des animaux bien singuliers et fort mystérieux.
Elle est mon amie, elle est ma sœur, née quelques mois avant moi d’une autre famille, celle qui peut tout entendre, qui peut tout me dire, celle qui peut téléphoner à toute heure, celle qui sait mes noirceurs, celle dont je connais les fêlures, celle que je ramasse, celle qui me bouscule.
Et je le sais moi, j’en suis sûre, je finirai ma vie en bonne compagnie, car nous nous le sommes promis, ces dernières décennies nous les passerons ensemble et avec tous ceux que l’on aime !

En attendant nous reprenons notre balade, car elle est bien belle ma ville , riche en couleurs, toute de guingois, partant en morceaux maintenus par des béquilles de fortune.
Et puis surtout elle ne se prend pas au sérieux, elle n’en a pas les moyens, et ne manque pas d’humour ma ville !
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2 réflexions au sujet de « Quand le printemps pointe son nez »

  1. Oh que c'est joli … Ce que j'aime dans l'amité, c'est l'intimité, le fait de ne pas avoir à se forcer, de pouvoir tout dire et même de laisser une place au silence sans malaise.Merci d'avoir partagé avec nous.

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