Pimprenelle à Paris : le métro

Il était une fois une provinciale qui s’en alla à la capitale. Donut sur la tête, souriante et court vêtue, main glissée dans celle de l’amoureux … enfin presque ça c’était dans l’idée, la réalité étant toute autre. 
Vous auriez donc pu nous apercevoir, moi, angoissée, courant sur le quai de la gare, le cheveux en bataille (cheveux 1 -moi 0), le billet entre les dents, lunettes de soleil sur la tête, de vue glissant sur le nez ; Monsieur Chéri était bien à mes côtés, mais à une distance de sécurité, car j’ai beau me vanter de voyager léger … Monsieur météo m’avais mise en garde, il me fallait parer à toute éventualité, et mes sacs débordant de « aux cas où » et de « on ne sait jamais » n’incitaient pas à la promiscuité. L’amoureux lui est pragmatique, mais dangereux : un sac à dos et une valise à roulettes qui a la fâcheuse inclinaison pour mes genoux … qui en garde encore le souvenir bleuté et douloureux !
Bref, une tarte aux pommes, 150 pages de polar suédois ( « Le dernier hiver » de Äke Edwardson) et 3h30 plus tard, Paris nous voilà et à nous le métro.

Arrive le moment des aveux : le métro parisien, je déteste !

Je ne suis pas douée et ne compte plus les mésaventures que j’y ai connues. Combien de fois me suis-je perdue ; ses couloirs fleurant bon la pisse, sont des dédales où je perds la raison (mon non-sens de l’orientation ne peut pas tout expliquer, il est des moments où je me demande si je sais vraiment lire !) ; combien de fois m’y suis-je arrêtée pour essayer de comprendre et réparer mon erreur, déplier mon plan et me faire bousculer, me transformer en toupie humaine, aucune aide à espérer, il faut avancer, les larmes au bord des yeux, lutter contre le ridicule et  l’envie de crier « maman !!! », suivre le flot, ne pas rompre le rythme. 
Aujourd’hui, j’y suis avec ma boussole, mon amoureux, j’y flâne, prends des photos, m’y sens en (relative) sécurité. Il est beau votre métro, mais le voyez-vous encore ? 
Vous détournez les regards, feignez de croire que vous êtes seuls sur ces quais, niez la promiscuité dans les wagons bondés, vous guettez l’éventuelle libération d’un siège où vous glisser, dans lequel, enfin vous pourrez fermer les yeux et vous abandonner dans des sommeils lourds de fatigue ou vous échapper dans des rêves d’ailleurs. 
Je vous regarde, vous souris en vain. Alors j’écoute les flatulences d’une porte se referment,et vous découvre sourds. Des conversations dans mon dos. Je tends l’oreille : du russe. Plus loin une autre : de l’allemand. 
Un strapontin, je m’y installe et glisse et me laisse bercer par le roulis. Je pose ma tête au creux de l’épaule de mon amoureux. Les voix se font plus lointaines, les langages indistincts, indifférenciables ; alors je décide qu’ici on parle « étranger » et le deviens à moi-même. 

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7 réflexions au sujet de « Pimprenelle à Paris : le métro »

  1. Faut pas hésiter à demander son chemin dans le dédale du métro, il y a toujours des gens comme moi pour aider (ça m'arrive souvent, surtout avec les étrangers, comme si c'était marqué sur mon front que je comprends l'anglais ^^)Sinon faut pas croire qu'on aime cette odeur de pisse omniprésente, je ne m'y habituerais jamais…

  2. Ca m'a rappele des bons souvenirs, moi j'aimais bien le metro Parisien – pas l'odeur de pisse ni les sieges crasseux ou les rats mais l'univers du metro, l'ambiance, les anecdotes, les histoires a ecrire du metro.Et puis oui il y a des personnes qui aident a comprendre un plan, une fois que j'ai su mes lignes, mes connections, j'etais contente de pouvoir aider, faut dire j'avais galere ene debarquant!!

  3. Avant d'aller vivre à Paris, j'avais en tête "je déteste le métro parisien, je préfère celui de Londres", et c'est bien vrai que le métro parisien est détestable. Pour l'avoir pris 5j/7j, plusieurs fois par jour, et toujours les mêmes lignes, je le trouve dégueulasse. Il faut paraître pressé, (faire semblant de) savoir où on va, faire aussi attention à tous les gens qui se placent derrière soi sur la rame (ma crainte absurde : que l'on me pousse sur les rails tandis que le métro arrive !) et dans le wagon, faire comme si on n'entendait pas, ne sentait pas les gens autour de soi. Bref, je n'en vois que très peu de points positifs ! Sinon qu'il est bien pratique de prendre le métro plutôt que de marcher 4km ! 😀

  4. Moi ça ne me dérange pas, c'est un moyen très pratique d'être relié du Nord au Sud, de l'Est à l'Ouest de Paris en un temps record (sans grève).Il est sûr que les regards sont impudiques voire même insistants parfois mais c'est le monde du métro, un monde souterrain quoi ! Et puis il y a des regards sympathiques, joyeux et complices. C'est aussi la promiscuité de mondes et personnes complétement différents et rien que pour ça, c'est pas mal ! C'est à observer !

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