Lettre ouverte à la pétasse qui ne verra pas la couleur de mon argent

Madame Pétasse,
Je doute pas que tu te souviens de moi, ou de mon passage, mais sait-on jamais, souvent je l’ai constaté, la vie est bien faite, il se peut donc que tu me lises, et te reconnaisses. 
Notre rencontre eut lieu un lundi, pas si lointain, par une chaude d’après-midi printanière.
Je me rappelle d’avoir couru, ignorant si ta boutique était ouverte, et puis de mon soulagement en l’apercevant de loin, mon pas enfin ralenti, mon calme et ma respiration qu’il me fallait reprendre et ce cœur apaiser et ralentir.
Vous l’avez compris, vous en reconnaissez les symptômes c’est vers un rendez-vous amoureux que je me précipitais. Oui, j’allais au-devant de Lui, le beau, tout doux, le sac de mes rêves, le voyageur, le baladeur, l’inaccessible, dont j’ai maintes fois écrit le nom, que, de peur de vous lasser,

 je ne citerai plus. 

Bien évidemment, je n’étais pas là pour l’acheter, mais le toucher, le palper, le tester, le caresser, le peser, dans le fol espoir que finalement … il me déplaise.
Mais tu vois Madame Pétasse, avec un grand P car tu te la pètes grave, c’est fragile une femme amoureuse, à fleur de peau, si prête à défaillir, si facile à convaincre, si proche de succomber.
Mais revenons à nos moutons, ou plutôt, moi examinant ta devanture, enfin celle de ta boutique, car la tienne est somme toute banale. Car je te voyais au loin, seule et téléphonant, mais mon de B, couleur curry point. Bien éduquée (par madame Mère), je ne veux t’interrompre, et goguenarde (merci monsieur Père), j’examine et matte les articles prétentieux et vulgaires qui s’offrent à mon regard (enfin « s’offrent » !) à des prix affichant négligemment et sans vergogne trois chiffres bien cliquants.
Je me décide et sonne. Tu te tournes, me scrutes, inclines un peu la tête, hésite, et finalement, semblant déjà le regretter tu déclenches l’ouverture de la porte. J’entre, tu te détournes, et continues ta conversation. 
Je suis d’une nature patiente et têtue, je commence donc à parcourir tes étagères, du regard seulement car je sens bien le tien qui me surveille suspicieuse dans le miroir, mais je les respecte tes mesquines petites étiquettes qui m’intiment l’ordre de « ne pas toucher ».
Je m’attarde sans doute un peu trop à ton gré, alors, de guerre lasse et dans un soupir, enfin, tu me fais face et me lance « si je peux vous aider … » dont je me saisis de crainte que cette opportunité ne se représente pas et m’enquiert au sujet de l’objet de mon intrusion. Je ne peux terminer ma phrase, que déjà, tel un couperet, ta réponse fuse « il ne se fait plus, c’était la collection de l’hiver dernier ».
Faux, Pétasse, je l’ai vu sur le site, et c’est bien celle de cet été.
Mais alors que j’étais prête à t’informer, de ton erreur, qu’il est bien présent dans la catégorie printemps/été 2012, je t’entends reprendre ta discussion téléphonique, dans un haussement d’épaules (oui, il est des haussements d’épaules qui s’entendent), par ces mots « Non, vas-y racontes, c’est rien » …. Connasse, Pétasse, ce RIEN c’est MOI, moi qui aurait pu te faire un chèque à trois chiffres (je sais je me répète), moi pour qui cet achat est gros, lourd, de réflexions, conséquences et de sacrifices, qui me bouleverse, me fait rêver, me tourneboule et n’a rien d’anodin.

Tu m’as insultée, tu as cru pouvoir m’humilier, mais saches qu’il n’en est rien ! La honte est pour toi, toi qui te démarques par ton goût à gerber, ton intelligence du bigorneau et ton cœur rabougri.

Et puis tiens, le B couleur curry, il est en vente à la Grande Boutique à Aix en Provence. Enfin il y était, car la petite jeune femme toute mimi, tout sourire, elle me l’a glissé au bras, elle, me l’a raconté, m’a invité à y glisser mes affaires pour « me faire une idée », elle a été surprise et heureuse, elle, quand je lui ai presque crié (peut-être l’ai-je fait, et ainsi causé son sursaut et sa surprise) « je le veux ». Et puis j’ai pensé qu’elle et moi, nous l’avions bien mérité !

Mais tu vois, je suis une chic fille, et ne cite pas le nom de la boutique dans laquelle tu sévis. Maintenant, Mesdames, si vous insistez, je pourrai vous le glisser dans le creux de l’oreille … 

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11 réflexions au sujet de « Lettre ouverte à la pétasse qui ne verra pas la couleur de mon argent »

  1. Décidément entre la mienne y'a 3 jour et la tienne aujourd'hui !! En plus je vois tout à fait ce dont tu parles, étant fan de sac je le constate souvent en fréquentant deux boutiques !!! Tu nous le montres, dis ?

  2. Mais finalement mon précieux n'en a que plus de valeur ! Je vous le montrerai bientôt, lorsqu'il se sera habitué à mon bras et aura pris la forme de mon corps … bref quand il sera mou et déformé 🙂

  3. C'est un peu comme si tu demandais à une jeune maman comment il est son bébé … C'est le plus beau bien évidemment ! Et bientôt, vous le verrez forcément mais pour le moment, c'est idiot si je fais ma belle dans la rue, le prendre en photo je n'assume pas totalement …

  4. ^^ si le coeur t'en dit à l'occasion balance le nom, mais vu la description je crois que de passage par la bas je la reconnaîtrais bien vite…^^Et j'avoue que je ne savais pas que ça existais des boutiques ou on sonne pour ouvrir, ça fait peur, ça doit être pour empêcher la vendeuse de mordre quelqu'un 😉

  5. À Marseille, les magasins dans lesquels il faut montrer patte blanche pour y pénétrer sont pléthore , sans doute pour que les vendeuses puissent se la péter en toute discrétion …Mais si tu viens par ici, je te dresserai la liste des lieux sympathiques à visiter. Et puis tiens, je te servirai même de guide, si tu insistes un peu 🙂 …

  6. Je comprends tout à fait ce que tu dis et je trouve cela assez désagréable !! Des fois il y a des gifles qui se perdent!! Je ne vais pas souvent sur Marseille, pour plusieurs raison je préfère Aix et même si l'on peut penser que c'est plus snob, c'est tout le contraire dans les boutiques!! J'y ai mais bonnes adresses!! 😉

  7. Je suis marseillaise, et moi aussi je préfère aller shoppiner sur Aix. Aix est chic, décontractée bien dans ses converses, Marseille elle est snob et se prend pour ce qu'elle n'est pas ! Et pourtant je l'aime, vas donc comprendre !

  8. Je suis tombée par hasard sur ton blog… je ne le regrette pas, j'ai adoré ton article. Drôle et émouvant à la fois. Oui, c'est chouette que tu aies trouvé ton bébé avec en prime, un bon moment dans une vraie boutique où la vendeuse ne t'a pas snobée mais a eu à coeur de prendre soin de toi 😉

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