Fille d’Ondine et de Peter Pan

Il est des jours nonchalants, des jours de vague à l’âme, où je m’assieds sur un quai, regarde l’horizon, ferme les  yeux et respire profondément et imprègne d’iode mes poumons.

Parce qu’il est des bateaux sur lesquels je ne remonterai pas, des disputes larvées et des colères ravalées, des mots qui ne s’échapperont jamais de mes lèvres, des explications qui ne me seront jamais offertes, des solitudes qui ne veulent pas dire leurs noms, des coupes pleines et des gouttes d’eau de petits embêtements et de grands emmerdements qui s’y accumulent, parce que ma vie est est entachée de non-choix et de concessions, parce que soudainement ma routine et sa médiocrité me deviennent insupportables et m’insultent, parce que dans mon corps de femme se dissimule une petite fille lasse d’être courageuse, d’assumer ses responsabilités et colmater les manques et les lâchetés,  parce que j’ai envie de crier que c’est vraiment trop injuste, j’ai l’envie folle et violente de sauter sur le pas et le pont, franchir la limite, atterrir sur le pont, larguer les amarres, et partir loin, dans un ailleurs sans nom.

Et de m’agripper au ponton, ouvrir les yeux, lever la tête, ne pas passer à l’acte, résister à la tentation de prendre le large, retrouver la raison, me montrer raisonnable.

Là-bas, l’eau est turquoise et l’herbe plus verte, mais pas dans ma nature de prendre racine loin des  êtres qui m’aiment, des qui partent et certains qui reviennent, dont je suis le point d’ancrage, comme ils sont le mien qui donnent des couleurs et du sens à ma vie.

Et de m’accrocher à la margelle, détourner le regard m’arracher à mes rêveries, vivre ici et maintenant et accepter que j’y ai ma place, que le bonheur ne m’est pas dû mais que je me le dois, m’éloigner et dans un élan plonger dans le liquide qui me porte, me résiste, et me nettoie de mes idées folles qui me bousculaient.

Immerger mon corps purifié et refaire surface, et m’offrir aux rayons du soleil qui me fait du bien et me fait belle, m’ébrouer, et me rire de ce fugace et vibrant instant de puérilité.

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