Le baiser

Un jour, il le faut bien, votre trajectoire va croiser celle de monsieur ex, celui que vous avez fait basculer de la catégorie Charmant à celle de Boucan. Par hasard ou par devoir, c’est inévitable et prévisible. 

Cette idée vous la repoussez, la rejetez, mais elle vous taraude le cœur, parasitait votre tranquillité.
Vous savez devoir en passer par là, dans le fol espoir d’effectuer un exorcisme, expulser les démons du passé. 
C’est le premier face à face, le moment incertain et hésitant, le « et alors, on fait comment, on fait la bise » ? Ben oui, ils font comment les autres, les ex-amants, quand ils se retrouvent, ils se serrent la main, ils se font la bise.

Ces quelques mots prononcés, par LUI évidemment, sur un ton détaché et enjoué, et voila vous chavirez dans la face obscure, celle où les mains sont moites, le cœur s’emballe bat dans les tempes, fracasse la poitrine. Tout est assombri et assourdi. Vous chancelez, pensez que vous ne pourrez arriver à survivre. Rien de moins.
Vous voudriez que la terre s’ouvre sous vos pieds et disparaître à jamais emportant avec vous toute trace et tout souvenir de votre passage ici ou ailleurs. Non pas mourir, simplement n’avoir jamais existé.

Respirez, reprenez-vous, et soyez sans inquiétude : monsieur ex, soyez-en sûre n’a rien vu. Comment aurait-il pu, il ne vous regarde pas, plus.

Souvenez-vous, il vous l’a dit, vous êtes maintenant copains ; et pour des raisons qui n’appartiennent qu’à vous, vous avez décidé de jouer le jeu.

Monsieur ex vous prend dans ses bras, fraternellement, approche contre lui votre corps raide, arque-bouté, votre bas-ventre se refusant à frôler son sexe.  Et vous reconnaissez son parfum, vous le humez, il vous imprègne.

Votre corps en frémit et se souvient des caresses, du goût de la peau, du crissement des poils sous les caresses, l’odeur de sa sueur, cet homme dont vous connaissiez chaque parcelle, chaque cicatrice, chaque blessure, chaque secret, chaque faiblesse

Vous avez la nausée

Il vous faut cesser de respirer fermer les yeux ne plus le toucher cesser de penser

Maintenant vous savez que l’on ne cesse pas d’aimer, cela serait se désavouer.
On s’habitue, peu à peu à ne plus être deux, on se dépouille des oripeaux de l’autre. Et de découvrir qu’alors que vous vous imaginiez libre, l’autre vous imprégnait jusque dans le moindre de vos atomes, la moindre de vos pensées,   mais aussi que la distance s’impose. Alors cassez vous Paulette, loin, loin 
Lorsque vous revenez, vous êtes surprise … et prête. Oui, cet homme tant aimé, vous le constaterez vous est devenu étranger. Vous le regardez : il a grossi, ses traits lâches, vous le trouvez vieilli et dysharmonieux. Vous êtes étonnée de ne rien ressentir, vous l’embrassez, et son odeur, son odeur a changé, elle est devenue âcre aigre … inconnue.

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